Adopt a Highway

[CRITIQUE] : New Life


Réalisateur : Logan Marshall-Green
Acteurs : Ethan Hawke, Elaine Hendrix, Diane Gaeta, Mo McRae, Chris Sullivan,...
Distributeur : - (MyCanal)
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Américain
Durée : 1h18min

Synopsis :
Russ Millings sort de prison après 20 ans. Il retrouve un monde qui a beaucoup changé et auquel il reste étranger. Attaché à retrouver sa place dans la société, il respecte sa liberté conditionnelle et trouve un emploi dans un diner. Un soir, il découvre un bébé, abandonné dans une benne à ordures...




Critique :



Découvert aux yeux du monde et des spectateurs en tant que second couteau de luxe dans le pas toujours défendable (mais plus qu'Alien CovenantPrometheus de papy Ridley Scott, devenant de facto, le sosie number one de Tom Hardy, Logan Marshall-Green n'a pas forcément eu la carrière qu'il méritait par la suite, peut-être parce qu'au fond, il ne peut y avoir qu'un Tom Hardy dans la jungle Hollywoodienne (le " There Can Be Only One " de Totoff Lambert n'a jamais paru aussi juste).
Ce qui ne l'a pas pour autant empêché de trainer sa caracasse charismatique - logique puisque " Hardy-esque " - dans quelques péloches hautement recommandables (As I Lay Dying, Cold Comes the Night, Madame Bovary, The Invitation mais surtout Upgrade), et même de débuter une carrière de metteur en scène... là encore dans une indifférence générale plus que cruelle.

(RLJE Films)

Sobrement intitulé Adopt a Highway - New Life par chez nous -, et dégainé en sourdine par MyCanal, le film est un bijou de drame humain, un beau morceau vibrant sur l'Amérique des oubliés et laissés-pour-compte, en particulier les ex-détenus qui sont continuellement marginalisés par la société.
Plutôt que de se lever et de dénoncer ces injustices, Marshall-Green s'attaque subtilement au problème en peignant un portrait émouvant et efficace d'un homme en pleine quête rédemptrice après avoir purgé 20 ans de prison pour possession de marijuana (une victime de la justice impartiale et draconienne de l'État de Californie).
Tentant de refaire modestement sa vie, entre l'assimilation d'un monde qui n'est plus vraiment le sien (surtout d'un point de vue technologique), et un petit job dans l'industrie de la restauration rapide, il va découvrir une nuit, alors qu'il était seul au travail, un bébé en pleurs et abandonné dans la benne à ordures du restaurant...
Plutôt sagement, Marshall-Green suit simplement son héros alors qu'il interagit curieusement avec le - nouveau - monde qui l'entoure, observant son éventail de bizarreries autant que sa cruauté silencieuse; un voyage initiatique tardif parfois drôle mais surtout douloureusement mélancolique, tant le cinéaste en dit long sans prononcer le moindre mot - les lentes séquences de silences assourdissants sont d'une vérité dévastatrice -, décortique une Amérique ignorée sans retenir les uppercuts de sa caméra.

(RLJE Films)

Méticuleux, doux et angoissant à la fois, totalement porté par l'espoir constant de la notion de seconde chance, New Life subvertit subtilement les attentes et incarne un voyage au coeur du quotidien d'une existence aussi unique qu'universelle, une âme torturée et empathique dessinée avec amour et dominée par un Ethan Hawke des grands jours.
Tout en timidité et en intériorité, sa performance humble et fouillée, couplée au score errant de Jason Isbell, font de ce premier essai un vrai diamant brut étonnant, qui aurait mérité tellement plus que l'anonymat frustrant qui entoure son arrivée dans l'hexagone.


Jonathan Chevrier




John Chevrier

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