Kevin

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #107. My Neighbor Totoro (Tonari no Totoro)

Copyright Le Studio Ghibli

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !



#107. Mon Voisin Totoro de Hayao Miyazaki (1988)


Privés de salles de cinéma pour une durée qui reste à l’heure actuelle encore indéterminée, dans un contexte anxiogène d’ampleur mondiale qui commence à être vraiment harassant pour tous, on se retrouve légitimement avec l’envie, le besoin même, de se replonger dans des plaisirs de cinéma simples que l’on pourra vivre à hauteur d’enfant. Et comme un heureux hasard, depuis quelques temps Netflix à commencer à ajouter la totalité du catalogue du légendaire studio Ghibli sur sa plateforme, ce qui est l’occasion de découvrir pour certains et de redécouvrir pour beaucoup ces films enchanteurs. Et lorsqu’on parle de vivre une douce expérience régressive et confortable avec nos yeux de bambins, le tout premier film à me venir en tête est un des films fondateurs du studio, surement leur métrage le plus emblématique qui d’ailleurs définira leur logo jusqu’à encore aujourd’hui : Mon Voisin Totoro

Copyright Le Studio Ghibli


Il est vrai que comparé à certains films que l’on peut sans rougir qualifier de chef d’œuvre réalisés par Hayao Miyazaki, Mon Voisin Totoro apparait comme un film enfantin assez inoffensif et bien moins marquant que les orgies d’imaginaire foisonnant aux thématiques bien plus profonde que peuvent être Le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoke (pour n’en citer que deux). Mais si ce film est merveilleux c’est justement de par l’apparente simplicité innocente de son intrigue, sa capacité à insuffler l'imaginaire dans le réel et surtout sa faculté de se placer au niveau de ses deux petites héroïnes dans le regard qu’il porte sur le monde. Mei et sa grande sœur Satsuki viennent d’emménager avec leur père dans une nouvelle maison, avec pour mission de la remettre en état pour accueillir prochainement leur mère lorsque cette dernière reviendra de l’hôpital. Et le film est déjà génial dans son traitement de la maladie. Pilier de l’intrigue, potentiellement assez lourd thématiquement, mais que l’on contemplera toujours à hauteur du regard des deux petites : on a que des informations extrêmement floues sur la maladie qui accable leur mère, et surtout on sent que le film cherche constamment à nous protéger de cette éprouvante épreuve. Le peu de fois où l’on voit la mère des filles, c’est toujours avec un visage paisible et doux affublé d’un sourire rassurant affiché comme la promesse d’un futur sous les meilleurs augures, mais aussi comme une atténuation manifeste de la gravité de la situation, guidé par un instinct de préservation maternel. Et c’est dans ce contexte que comme un ami imaginaire qui viendrait illuminer leur existence pendant cette période difficile, Mei et Satsuki vont rencontrer et se faire un compagnon en la personne de Totoro, grassouillette créature magique de la forêt un peu intimidante au début mais parfaitement adorable, avec laquelle elles vivront quelques jolies petites aventures enchanteresses au long du film. Rien qui soit de l’ordre de l’aventure épique, rien que quelques moments de magie enfantine qui viennent ponctuer la douce existence insouciante du quotidien, néanmoins parfois rattrapée par la tristesse et l’angoisse de perte sous-jacente qui nous rappelle que le film traite dans le fond d’un sujet plus lourd que sa forme ne le laisse deviner. 

Copyright Le Studio Ghibli
 

Mais pour ma part c’est vraiment au moment de son dernier acte et sa résolution que le film trouve ce petit quelque chose de jouissif dans le regard enfantin qu’on va poser sur lui. Désireuse d’offrir un épi de maïs a sa mère qui lui manque terriblement, la petite Mei décide de partir toute seule à pied jusqu’à l’hôpital, mais va bien évidemment se perdre, tête en l’air qu’elle est. La panique s’empare alors de sa famille, qui fait tout son possible pour la retrouver mais en vain... Jusqu’à ce que Satsuki ait l’idée de demander de l’aide à leur nouvel ami Totoro. Et c’est là que le film devient terriblement gratifiant puisqu’une fois la demande de Satsuki formulée, la disparition de sa sœur n’est plus qu’un problème mineur et elle n’a plus qu’à se laisser porter vers sa résolution, déroutante de facilité pour une créature comme Totoro. Cette résolution magique par le biais des éléments imaginaires et merveilleux du film est incroyablement agréable et libératrice, et touche avec beaucoup de justesse et de précision les bienfaits de l’imagination juvénile dont on a tous usé avant de plus ou moins la perdre au gré du temps. Et qu’il est bon, grâce à des films comme celui-là, de renouer avec elle le temps d’une histoire.


Kevin

Kevin B.

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