Anastasia Mikova

[CRITIQUE] : Woman


Réalisateur/Réalisatrice : Yann Arthus-Bertrand et Anastasia Mikova
Acteurs : -
Distributeur : Apollo Films
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Woman est un projet mondial qui donne la parole à 2.000 femmes à travers 50 pays différents. Cette très large échelle, n'empêche pas le film d'offrir un portrait véritablement intimiste de celles qui représentent la moitié de l'humanité.
Ce documentaire est l’occasion de révéler au grand jour les injustices que subissent les femmes partout dans le monde. Mais avant tout, il souligne la force intérieure des femmes et leur capacité à changer le monde, en dépit des multiples difficultés auxquelles elles sont confrontées. Woman, qui repose sur des entretiens à la première personne, aborde des thèmes aussi variés que la maternité, l'éducation, le mariage et l'indépendance financière, mais aussi les règles et la sexualité.
À travers ce film, vous découvrirez la parole des femmes comme vous ne l’aviez jamais entendue auparavant.




Critique :



Yann Arthus-Bertrand est un éminent photographe naturaliste, spécialisé dans les clichés aériens follement évocateurs, pour preuve ce qui est sans doute, son cliché le plus célèbre : une représentation magnifique du Cœur de Voh, une mangrove en forme de cœur en Nouvelle-Calédonie.
À nouveau associé à la cinéaste franco-ukrainienne Anastasia Mikova, cinq ans ou presque après Human, un documentaire de trois heures aussi perturbant et déchirant qu'il était parfois férocement longuet, ou le tandem recueillait des témoignages de citoyens du monde entier, ils nous reviennent donc en ces premières heures de mars avec un documentaire à la structure similaire (un décompte précis de temoignages en gros plan, encadrés sur fond noir et tournés de la même manière, avec la caméra à la même distance pour assurer l'homogénéité des images), Woman (passé par la dernière Mostra de Venise), ou ils laissent tout simplement la parole... aux femmes.



Copyright Hope Production-Emilie Aujé

Des femmes voilées, des femmes de certaines populations autochtones, des femmes chefs d'État, des femmes maltraitées, violées, marquées par l'acide, forcées d'avorter (parfois très tardivement), des jeunes femmes, des femmes plus âgées, d'autres qui ne sont pas nées comme telles,... Bertrand et Mikova laissent la parole à toutes les femmes et offre une visibilité sans la moindre réserve ni restriction autre que la durée de son récit - 1h48, plus concis que leur premier essai en commun -, et dont les visages beaux et expressifs, résonnent comme des géographies de la vie et de l'humanité d'une richesse rare.
Une succession de portraits passionnants, avec une mise en scène mesmérienne, qui composent autant un hymne certes un poil survolé (parce que jamais traité de fond, le seul hic de son concept de portraits multiples et variés) mais nécessaire, à la biodiversité, aux nombreuses cultures humaines qui peuplent la planète et aux croyances religieuses, qu'à une dénonciation féroce du retard de la condition féminine dans de (trop) nombreuses régions du monde.
Dénué de tout récit traditionnel (loin d'un défaut en soi), porté par une réalisation aérienne et habile (qui jouit d'une photographie léchée et d'un pannel de cadre incroyable), Woman est documentaire profondément féminin et féministe, dont l'énergie et l'impact, aussi bien visuel et émotionnel, est impossible à éviter ou à contourner.


Jonathan Chevrier 



Copyright Hope Production-Emilie Aujé

Après le documentaire Human en 2015, Yann Arthus-Bertrand revient en salle avec un nouveau film, de nouveau en duo avec la journaliste Anastasia Mikova s’intitulant Woman. Le titre est éloquent, ils s’intéressent uniquement cette fois aux femmes du monde entier, avec des questionnements divers. De petites filles à personnes âgées, qu’est-ce qui fait une femme ? Sa féminité, sa sexualité, sa force, sa résilience ? Ou tout cela à la fois ? Les cinéastes ont recueilli deux mille témoignages, partout dans le monde, à l’aide d’ONG locale. D’horizons différentes, elles se racontent, elles nous racontent leur histoire.
Les femmes sont souvent les indicateurs d’un pays. Peuvent-elles voter, peuvent-elles avorter, ont-elles accès à la contraception, à la santé ? Elles sont souvent les premières victimes dans les décisions d’un pays, politiquement parlant, mais aussi moralement. Leur donner la parole est un acte militant terriblement actuel. Le documentaire est un prétexte pour enfin les écouter : Woman nous permet de nous asseoir et découvrir les visages de ces différentes femmes, et surtout découvrir leur mot (et leur maux). Parlant différentes langues, ce qu’elles disent est inscrit noir sur blanc à l’écran, nous laissant peu d’occasions pour ne pas voir et entendre leur souffrance, leur colère, mais aussi leur joie, leur humour. Le format témoignage est parfait pour ressentir l’empathie. Leur parcours, leur expérience peut tout d’un coup résonner en nous. Elles sont toutes logées à la même enseigne, même largeur de plan, même lumière. Les cinéastes n’hésitent pas à faire régner le silence, leur laissant l’espace d’expier leur émotion et les tabous. 

Copyright Hope Production-Emilie Aujé

Woman commence par un témoignage dur, d’un abus sexuel. Loin de représenter l’intégralité du documentaire qui peut se montrer très drôle, il nous montre que les cinéastes n’auront pas peur de parler de la violence frontalement. Le film passe d’un sujet à l’autre, avec des sortes d’interludes où les femmes sont filmées dans leur village, devant leur maison, à leur travail, montrant à quel point être femme, c’est être multiple. Il n’existe pas LA femme, mais DES femmes, une pluralité bien mise en avant par le film. Anastasia Mokova et Yann Arthus-Bertrand se permettent également des séquences très onirique, aériennes ou sous l’eau, qui n’ont peut-être rien à voir avec le film, mais qui ont l’avantage d’être magnifique.
Véritable vitrine des femmes d’aujourd’hui, Woman est un documentaire percutant, tirant sa force de ces femmes très différentes. On peut regretter que ces sujets soient juste effleurer, mais nous pouvons comprendre qu’avec autant de témoignages, il était difficile de rester plus sur un point au détriment d'un autre. Le boulot effectué est monumental. Les bénéfices du film iront à l’ONG Woman(s) (Women On Media and News), qui forme les femmes du monde entier aux professions liées aux médias, afin qu’elles puissent elles-mêmes apprendre à faire entendre leur voix.


Laura Enjolvy 


John Chevrier

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