Critiques

[CRITIQUE] : Donnybrook


Réalisateur : Tim Sutton
Acteurs : Jamie Bell, Frank Grillo, Margaret Qualley, James Badge Dale,...
Distributeur : Les Bookmakers/The Jokers
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min 


Synopsis :
Ex-marine, Jarhead est un père désespéré. Non seulement il est prêt à tout pour nourrir ses enfants, mais c'est aussi un combattant redoutable. Le Donnybrook, un tournoi de combat à poings nus qui se déroule dans les forêts de l'Indiana, consitue pour lui une chance unique d'accéder à une vie meilleure. Le prix accordé en espèces au gagnant résoudra tous ses problèmes, il en est convaincu. Chainsaw Angus, de son côté, a raccroché les gants depuis longtemps. Cette légende des combats clandestins, jusqu'alors invaincue, s'est reconvertie avec sa soeur, Liz, dans la fabrication de méthamphétamine. Le Donnybrook sera le lieu de leur perdition... ou de leur rédemption.



 

Critique :


Il y a du Warrior (qui avait déjà du Rocky en lui, mais aussi Frank Grillo en son casting) dans le bouillant Donnybrook de Tim Sutton, drame brut de décoffrage sur des êtres désespérés qui se battent corps et âmes pour garder autant qu'ils le peuvent, la tête hors de l'eau.
Comme le bijou de Gavin O'Connor, qui tissait sa tragédie autour des liens du sang et de l'esprit de compétition dans une cage de MMA, il examine le ventre mou de l'Amérique profonde gangrenée par la pauvreté et les inégalités sociales, tout en exprimant un respect vibrant pour ceux qui survivent en marge. 




Situé dans une petite ville économiquement déprimée de l'Ohio - et adapté du roman éponyme de Frank Bill -, le film suit Jarhead Earl, un ex-Marine qui essaie d'élever tant bien que mal ses deux enfants, tout en aidant sa femme malade et dépendante aux analgésiques.
Mais il a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, et il est définitivement capable de tout pour tenter d'y arriver, quitte à y laisser sueur, sang et larmes.
Mais une lueur d'espoir se présente au milieu de toute la désolation qui l'entoure : une compétition de boxe clandestine sans limites connue sous le nom de Donnybrook, se déroulant dans les forêts de l'Indiana et qui rapporter rien de moins que 10 000 $ au gagnant; soit le genre de belle somme qui pourrait changer la vie de sa famille. la vie.
Mais là-bas, tout bon combattant qu'il est, il devra faire Chainsaw Angus, une légende du combat clandestin qui a raccroché les gants depuis longtemps, et qui s'est reconvertie avec sa sœur, Liz, dans la fabrication de méthamphétamine.
Une violence exacerbée et brutale, un récit puissant car d'une universalité renversante, une volonté frondeuse de vouloir prôner coûte que coûte des valeurs à l'ancienne, une histoire vibrante flanqué au cœur d'un contexte économique difficile (donc réaliste et follement empathique, surtout aujourd'hui), une mise en scène lyrique totalement au service de ce qu'elle raconte; bien qu'il épouse volontairement les courbes du film de boxe couplé aux codes du thriller noir, Sutton évoque sans réserve le réalisme crue et vibrant des cinémas de John Ford et John Huston, dans une série B intense qui ne se limite pas à l'art du mélodrame ou à l'exaltation procurée par des combats rugueux et secs.



 
Véritable instantané sur pellicule, sur une communauté ayant très (trop ?) peu d'opportunités pour s'en sortir (pour rester dans les clous de la légalité, il faut être inventif... et le mot est faible), articulée sur des trajectoires filmées de manière impartiale et sublimée par les partitions incroyables de Frank Grillo et Jamie Bell (le premier, plus intense que jamais, a tout d'un fauve prêt à bondir tandis que le second, littéralement habité, fait passer toute la détermination et la détresse qui habite son personnage avec une facilité proprement désarmante); Donnybrook est une bombe profondément américaine - dans le bon sens du terme -, dont on ressort sonné et hanté par le score douloureux de Phil Mossman.
Sans trembler, Sutton égraine avec toujours autant d'aplomb, son regard acéré sur l'Amérique des laissés-pour-compte et sur la culture de la violence qui l'habite, revers poisseux et terrifiant de l'American Dream; et signe une merveille de bande radicale et sans concession.
Très (très) bonne surprise.

 



Jonathan Chevrier 


John Chevrier

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