Anaïs

[CRITIQUE] : L’Autre Continent


Réalisateur : Romain Cogitore
Acteurs : Déborah François, Paul Hamy, Vincent Perez,...
Distributeur : Sophie Dulac Distribution
Budget : -
Genre : Romance, Drame.
Nationalité : Français, Taïwanais.
Durée : 1h30min

Synopsis :
Maria a 30 ans, elle est impatiente, frondeuse, et experte en néerlandais. Olivier a le même âge, il est lent, timide et parle quatorze langues. Ils se rencontrent à Taïwan. Et puis soudain, la nouvelle foudroyante. C’est leur histoire. Celle de la force incroyable d’un amour. Et celle de ses confins, où tout se met à lâcher. Sauf Maria.




Critique :




De L'autre continent à Ni le ciel ni la terre, il n'y a qu'un pas. Léger. Diffus. Tous deux s'entêtent à mettre en images les paradoxes d'une vie : la croyance pour Clément, l'amour pour Romain. Bref, il semble qu'il y ait dans la métaphysique quelque chose qui attire irrésistiblement les Cogitore et nous avec – au passage, vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous potassez le bac de philo actuellement. 




Et pour cause, jamais la gravité du sentiment amoureux – au sens propre du terme, cette force céleste, cette attraction des corps terrestres – n'a été si bien représentée sur ces dernières décennies, excepté peut-être par Wong Kar-Wai. L'autre continent est en somme une topographie de l'amour, si méticuleuse qu'elle prend même soin de ne pas en omettre les lieux-dits : béguin, chagrin, fièvre, douleur, dévotion, tendresse, batifolage, douleur, complicité. Pas une de ces émotions n'échappe à la caméra sensible de Romain Cogitore, ici cinéaste autant que cartographe. De Taïwan à Strasbourg, le réalisateur de Nos Résistances scrute ses deux protagonistes et le lien puissant qui les unit vu du ciel – somptueuses prises de vue aériennes. Une façon plutôt poétique pour lui de dérouler un planisphère amoureux, pas exempt d'aspérités, avec plus d'un malheur à surmonter et pour ultime question : qu'advient-il d'un amour qui a survécu à la mort ? 



A l'instar d'Olivier, qui utilise la méthode mnémotechnique des lieux pour maîtriser 14 langues, Romain Cogitore grave dans nos souvenirs – et ceux de Maria – une inconsolable disparition. L'autre continent a ainsi pour principal mérite de sonder la puissance autant que la fragilité de l'amour en évitant les écueils du mélodrame : le récit tout comme la mise en scène sont traversés par une poésie d'une grâce envoûtante et d'une douce et étrange légèreté qui contraste avec l'itinéraire des protagonistes et touche parfois au sublime, comme dans la scène de la douche. Un voyage doux-amer donc, aux confins de la mémoire et de l'identité et incontestablement sublimé par les interprétations magistrales de Déborah François et Paul Hamy dont l'alchimie crève l'écran ainsi que celles de Nanou Garcia, Christiane Millet et Daniel Martin (les parents respectifs).


Anaïs 


Anaïs

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