Champs-Elysées Film Festival 2019

[CRITIQUE] : Daniel fait Face


Réalisateur : Marine Atlan
Acteurs : Théo Polgar, Madeleine Follacci, Tristan Bernard,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h00min.

Synopsis :
Daniel court avec son ami Colin pour arriver à l'école. Dans sa course folle, du sang s'écoule de son nez. Une simulation anti-attentat aura lieu aujourd'hui, peut-être durant la répétition du spectacle de cet après-midi. De retour de l'infirmerie, Daniel découvre Marthe au détour d'une pièce en train de mettre son costume. Il la regarde, elle le surprend. Elle dit tout à la classe. Lorsque l'alerte de l'exercice retentit, il doit affronter sa peur et son désir pour Marthe.


Critique :



Le réveil jamais vraiment facile du matin, entre baillements et tartines de beurre plongées dans un bol de chocolat chaud, le petit rituel de retrouver les copains sur la route de l'école, souvent au pas de course, entre excitation et angoisse face aux devoirs et à la longue journée qui nous attends.
Les notes qui tournent, les bêtises écrites à la craie sur le tableau, les mimiques et paroles machistes que l'ont banalise par habitude (les filles c'est pas beau, ça pue etc) : le quotidien d'un enfant de dix ans, nous le connaissons tous pour l'avoir indubitablement vécu, avec quelques variantes evidentes, dans notre enfance.
La cinéaste Marine Atlan ne nous apprend rien, voilà pourquoi elle nous plonge modestement dans celui de Daniel, dix ans, pour mieux faire naître en nous une empathie folle au moment où sa petite existence va se voir bouleversé par la passion intense et déstabilisant qu'elle suscite.



Un instant fort, qui naîtra d'une suite de coïncidences (un petit saignement de nez suite à une course, une simulation anti-attentat, une porte qui s'ouvre et qui intrigue,...), et qui provoquera un enchaînement de cause à effets, entre frayeur et désir, proprement fascinant.
Évoquant avec finesse la fin d'une époque (une part de l'insouciance de l'enfance s'en va dès l'arrivée d'un premier désir où tout du moins, dès les premières lueurs d'une vraie passion) par la force d'un événement inhabituel mais très vite charnière, qui peut sensiblement tout changer dans une petite vie jusque-là banale d'un môme réservé, Daniel Fait Face et sa toute petite heure bien remplie, montre de manière touchante les incertitudes de l'enfance, tant la cinéaste insuffle avec un aplomb sans bornes, de la poésie au réalisme cru de ce petit morceau de vie.
Entre regards et gestes simples, elle capte la diversité et la complexité des émotions qui bouillonnent à l'intérieur des jeunes corps, et croque un métrage délicat et sensible, incarné à la perfection (brillant Théo Polgar).
La naissance, peut-être, d'une future grande réalisatrice hexagonale...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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