Cobra

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #12. Cobra


Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !




#12. Cobra de George Pan Cosmatos (1986)

Sommet sur pellicule du complexe de supériorité de Sylvester Stallone dans sa période la plus folle (le milieu des 80's, considéré comme " les années Brigitte Nielsen " par les fans), ou il dominait outrageusement Hollywood aux côtés de son ex-rival Arnold Schwarzenegger, Cobra, plus encore qu'Over The Top, est un bijou de série B jouissive et complètement barré.
Conçu après une réécriture sombre et violente du script du Flic de Beverly Hills (Sly avait longtemps été espéré dans le rôle), le film conte les aventures du lieutenant de la brigade zombie Marion (oui) " Cobra " Cobretti, sorte de Dirty Harry en plus musculeux et fashion victime (Ray-Ban fumées et allumettes entre les dents en prime, mais la punchline bien réac en moins) qui se lance dans une traque solide et transpirant la testostérone à plein nez, pour calmer les activités d'une secte de criminels se voulant comme les rejetons sanglants du " monde nouveau ".
Dit comme ça, on ne dépasse pas les canons du polar hard boiled chers aux 70's et pourtant, dès l'introduction, Stallone, iconisé á mort (plus encore que pour Rambo II et III) sort l'artillerie lourde et calme son spectateur par la force d'un mini monologue glaçant - contant les statistiques effrayantes de la montée du crime outre-Atlantique - avant d'aller liquider mignon un psychopathe ayant pris en otage tout un magasin (avec quelques placements de produits pour faire bien).


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Et la violence va parler durant les toutes petites quatre-vingts minutes du film, limite pas trop courtes aux vues de ce qu'aurait pu/dû incarner le métrage sans le coup de bistouri de la censure ricaine (le montage initial était super gore), gros délire de destruction massive ou un vigilante dangereux mais du bon côté de la loi, est le seul rempart pour empêcher le crime de perdurer (l'affiche annonce sans trembler " Le crime est un poison, voici l'antidote ").
Vraie épopée sauvage et aggessive sur une Amérique dépassée par la violence urbaine, qui n'a jamais peur du ridicule (Brigitte Nielsen en lead-in féminin, découpage de pizza froide au ciseau, roulage de mécanique face à un gang de chicanos, méchants nazillons qui tapent des haches entre elles comme signe de ralliement,...) et encore moins de tomber volontairement dans le massacre de masse de méchants (le final, annonciateur du carnage de John Rambo) dominés par le sadique Brian Thompson - son seul rôle " important " -; Cobra est un B movie excessif comme seul les glorieuses 80's pouvaient les faire débarquer dans les salles obscures sans sourciller, shooté à la testostérone et à la surenchère du mauvais (mais bon pour les amateurs du genre) goût.
Pas le meilleur Stallone - et le mot est faible -, mais l'un des plus jouissifs et cultes pour les amoureux du bonhomme.



Jonathan Chevrier

John Chevrier

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