Antoine Fuqua

[CRITIQUE] : Equalizer 2


Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Denzel Washington, Ashton Sanders, Pedro Pascal, Melissa Leo,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Thriller, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h01min.


Synopsis :
Robert McCall continue de servir la justice au nom des exploités et des opprimés. Mais jusqu’où est-il prêt à aller lorsque cela touche quelqu’un qu’il aime ?




Critique :



Dans la catégorie assez limitée finalement, des cops shows cultes made in 80's qui méritaient bien de se voir rafraîchir sur le grand écran par un cinéaste un minimum habile (et pas uniquement une major voulant capitaliser sur une marque au succès déjà établi), la série Equalizer, au même titre que 21 Jump Street, était décemment tout en haut de notre wishlist, petit bijou de polar qui citait avec malice les vigilante flicks majeurs des années 70 (Un Justicier dans la Ville notamment), tout en dénotant fortement avec ces petits camarades de l'époque - Hooker, Starsky & Hutch et compagnie.
Et force est d'avouer que le duo Antoine Fuqua/Denzel Washington, avait su retranscrire toute la magie nostalgique des aventures de l'ancien agent secret solitaire Robert McCall, pour accoucher avec le premier opus, d'un thriller noir prenant autant son temps pour mettre en place son intrigue (simpliste mais efficace) que croquer des personnages allant bien plus loin que les stéréotypes faciles inhérents au genre.


Trois ans et demi plus tard, le duo remettait donc le couvert avec une séquelle encore plus attendue puisqu'elle n'est rien de moins que la première suite de toute la riche filmographie du Denzel.
Sobrement intitulé Equalizer 2 (pourquoi faire compliquer ?), le film flanque cette fois McCall non plus dans le cadre sympathique de la firme Home Depot - qui lui a permis de liquider une bonne partie de la population des proxénètes russes du pays de l'Oncle Sam, pour sauver la douce prostituée Teri -, mais bien en tant que chauffeur de la compagnie Lyft (un Uber-like), qui lui permet de plus facilement croiser les pires énergumènes de la bouillonnante ville de Boston.
Toujours adepte de la justice aussi rude que juste (l'introduction dans un train en Turquie, où il sauve un bébé kidnappé des mains de trafiquants de bambins, est jouissive à souhait) et en vraie figure paternelle ultime, il devra cette fois protéger de l'enfer de la drogue un môme qu'il prend sous son aile (l'excellent Ashton " Moonlight " Sanders).
Sans trop de suspens, cette suite suit la même ligne directrice que son illustre ainé (pourquoi faire compliquer ? * bis) aussi désequilibrée que furieusement fun, tout en lui apportant un supplément d'âme non négligeable tant le héros n'apparaît plus ici uniquement comme une brute quinquagénaire au charisme animal, mais bien comme un anti-héros quasi-christique.



Fuqua, amoureux du cinéma d'action sans subtilité aucune, auquel il a offert - tout comme au polar -, quelques-unes des péloches les mieux emballées et efficaces de ces dernières décennies (Un Tueur pour Cible, Training Day, Shooter, L'Elite de Brooklyn et Olympus Has Fallen), se la joue à nouveau ici Tony Scott style - qu'il nous manque le frangin de Ridley n'empêche -, emballant avec énergie un thriller certes classique dans son approche et un poil le cul coincé entre les deux chaises (celles du polar libre et noir des 70's et l'actionner bourrin et réfléchit de la fin des 80's/début 90's), mais furieusement divertissant et à l’esthétique joliment léchée, entre deux envolées gores proche de l'indécence du bon goût.
Via une mise en scène inspirée qui se permet tous les excès, même les plus kitsch (les effets ralentis et accélérés façon clip MTV, infâme ailleurs mais bizarrement fun ici), des fights (très) bien chorégraphiés et une gestion du suspense remarquable sur plus de deux heures - jamais trop longue -, le cinéaste fait d'Equalizer 2 une péloche aussi froide et tendue que lumineuse et décomplexée, dont la violence excessive et frontale (une radiographie radicale de la criminalité outre-Atlantique), évoque joliment le cinéma du maitre Sam Peckinpah.


Un pur B movie badass façon revenge movie dramatique dans lequel king Denzel, encore en mode Man on Fire 2.0, donne corps avec puissance et émotion à l'itinéraire bienveillant dans la noirceur de l'âme humaine, d'un " égaliseur ", un ange de la destruction dézinguant les balances jamais équitables de la justice pour mieux sauver une jeunesse ricaine glissant dangereusement dans les travers d'une société qui les rejette autant qu'elle ne se soucie guère de leur sort.
Fuqua, qui connaît mieux que personne le bonhomme depuis que le plus jeune des frangins Scott nous a quittés, le laisse porter toute la force humaine et émotionnelle du métrage, le laisse s'épanouir dans la peau d'un personnage dans lequel il était bien difficile de se reconnaitre dans l'opus précédent, même si l'on ne pouvait que jouissivement épouser sa vendetta.
Incarnation du flingueur cool (un poil moins il est vrai, que le génial John Wick avec qui il partage plus d'un point commun), il est le coeur vibrant de cet étonnant Equalizer 2, un thriller qui ne renouvelle certes pas le genre, mais remplit pleinement son contrat de divertissement burné et old school, méchamment efficace et décomplexé.



Jonathan Chevrier


John Chevrier

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.