America

[CRITIQUE] : America


Réalisateur : Claus Drexel
Acteurs : -
Distribution : Diaphana Distribution
Budget : -
Genre : Documentaire
Nationalité : Américain
Durée : 1h22min

Synopsis :
Novembre 2016 : les États-Unis s’apprêtent à élire leur nouveau président.
AMERICA est une plongée vertigineuse au cœur de l’Arizona, à la rencontre des habitants d’une petite ville traversée par la Route 66, les héritiers cabossés du rêve américain qui nous livrent leurs espoirs et leurs craintes.



Critique :




America, le documentaire réalisé par Claus Drexel et son acolyte photographe Sylvain Leser, porte bien son nom. En pleine période électorale, il nous plonge dans les profondeurs des Etats-Unis, dans la petite ville de Seligman en Arizona, où les habitants sont de fervents patriotes et n’ont jamais quitté leur pays, voire leur état. On découvre le portrait d’une Amérique oubliée par Hollywood, les média et toute représentation populaire ; une Amérique que l’on ne voit jamais, que l’on connaît peu.



Cette Amérique où être cowboy est une profession, avoir une arme une obligation et voter Trump une solution. Les quatre-vingt-deux minutes de film consistent en une succession de plans fixes alternant entre les paysages de la ville et les témoignages de ses habitants. Aucun contraste, tout nous ramène à ce que l’on dirait être un autre siècle. Les paysages à couper le souffle, dignes de décors de westerns sont sublimés par une photographie grandiose. La musique d’Ibrahim Maalouf qui les accompagne permet au spectateur de plonger dans l’authenticité du film et de réfléchir aux mots qu’il vient d’entendre.



Ces mots sont prononcés à tour de rôle par différents habitants de la ville qui donnent leur opinion politique ou religieux, qui s’expriment crûment sur leur façon de vivre, et qui ne mentent pas à la caméra. C’est ici la grande réussite de Drexel : représenter l’Amérique profonde sans aucun cliché, donner la parole à ceux que l’on n’entend jamais et qui, contrairement à ce que pense l’opinion commune, sont tous très différents. Tandis que certains nous expliquent pourquoi être armé leur semble vital, d’autres déplorent la légalité du port d’arme. Et quand beaucoup supportent Donald Trump, les autres n’y voient qu’un désastre. Mais tous semblent avoir un point commun : une certaine nostalgie d’un temps où les Américains géraient eux-mêmes leur vie en communauté, où le shérif et le pasteur étaient les symboles de pouvoir, où l’on dégainait son colt pour protéger sa femme et ses enfants.



Dans ce documentaire, tout, de son titre à la façon de filmer en passant par la musique, est d’une simplicité fascinante. Fascinante car l’absence de mise en scène et d’artifices permet au spectateur de toucher du doigt une authenticité rare et précieuse. C’est un moyen de se plonger dans le quotidien de gens dont nous ne savons rien sans juger, juste en écoutant. Enfin, c’est avec des films comme celui-ci que l’on se rend compte de ce qu’est la véritable « America ».

Éloïse Rocca



Eloise Rocca

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