Christian Carion

[CRITIQUE] : Mon Garçon


Réalisateur : Christian Carion
Acteurs : Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier De Benoist,...
Distributeur : Diaphana Distribution
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Français.
Durée : 1h30min.

Synopsis :
Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter.



Critique :



Et si ce bon vieux Guillaume Canet commençait à franchement se libérer avec le temps ?
La question se posait bien-là avec son dernier passage derrière la caméra, qui touchait autant à l'esprit irrévérencieux de ses débuts de réalisateurs (la brillante satire sur la starification Mon Idole), qu'à une bonne vieille crise de la quarantaine sous fond de remise en question/lâcher prise, qui fait notamment le sel du cinéma de l'un des papes de la comédie US, Judd Apatow.



Après le film de potes façon dramédie tire-larmes (Les Petits Mouchoirs) et le remake Scorcesien des Liens du Sang de Jacques Maillot (l'injustement boudé Blood Ties), Rock'n Roll offrait une proposition assez unique dans le paysage cinématographique français : un bon gros délire méta aussi insolent qu'il est totalement assumé de bout en bout.
Sept mois plus tard, le voilà déjà de retour en vedette du prochain long-métrage de son réalisateur chouchou, Christian Carion (Joyeux Noël !, L'Affaire Farewell), Mon Garçon, dans lequel il s'offre rien de moins que l'une de ses performances les plus impressionnantes à ce jour (avec La Prochaine Fois je Viserai le Coeur).



Sans filet et ne sachant pas grand chose de son rôle (le bonhomme n'avait pas de scénario, et devait constamment - ou presque - improviser), Canet se jete corps et âme dans la peau de Julien, père de famille absent qui va être confronté à la pire chose qui puisse exister : la disparition de son fils, sept ans, porté disparu lors d'un bivouac en montagne avec sa classe.
Thriller intense et tendu comme la ficelle d'un string, concentré sur une figure paternelle torturée et plongée en plein cauchemar, Mon Garçon est un excellent drame humain ne tombant jamais dans le pathos, une véritable descente aux enfers à la lisière du vigilante flick, dont le pouvoir d'immersion est totale puisque Carion puise entièrement l'aspect captivant de son oeuvre, sur la prestation renversante de son interprète vedette - quasiment de toutes les scènes -; père incrédule qui va peu à peu se refermer sur lui-même avant de se transformer prédateur dangereux et déterminé.



Course contre la montre rageuse et desespérée menée tambour battant (il ne dépasse pas les quatre-vingt-dix minutes), flanquée de quelques faiblesses certes (tous les clichés inhérents au genre, couplés aux quelques incohérences d'une intrigue " presque " improvisée) mais à la solidité évidente - notamment grâce à son excellent casting -; Mon Garçon est un joli petit moment de cinéma viscéral et haletant, un bon coup de fouet salvateur au sein d'un genre un poil laissé-pour-compte.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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