Critiques

[CRITIQUE] : The Circle


Réalisateur : James Ponsoldt
Acteurs : Emma Watson, John Boyega, Karren Gillan, Ellar Coltrane, Walton Goggins, Bill Paxton, Glenne Headly,...
Distributeur : Mars Films
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h58min.

Synopsis :
Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c'est une opportunité en or ! Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l'avenir de ses amis, de ses proches et de l'humanité tout entière…



Critique :



James Ponsoldt a beau avoir un nom assez difficile à mémoriser, force est d'admettre que depuis quelques temps, il est solidement accroché aux lèvres des cinéphiles les plus avertis, grâce à la qualité indéniable de ses précédents longs métrages.
Que ce soit le sublime et mésestimé Smashed (drame poignant et bouleversant sur les ravages de l'alcoolisme au sein d'un couple buvant comme des trous, porté par les extraordinaires Aaron Paul et Mary Elizabeth Winstead), le douloureux The Spectacular Now (teen movie anti-spectaculaire touchant)  ou encore le sympathique End of The Tour (narrant les 5 jours durant lesquels le journaliste David Lipsky a interviewé feu le romancier David Foster, qui venait de publier son roman Infinite Jest); le bonhomme a su devenir ni plus ni moins l'une des figures les plus intéressants du cinéma indé US.



Pour son nouvel essai, le James montre d'un cran et se la joue méchamment ambitieux en s'offrant son propre The Social Network/Steve Jobs, The Circle, adaptation du bouquin éponyme de Dave Eggers, cherchant à pointer du doigt les méfaits des grosses corporations numériques (coucou Google !), le tout avec un casting défiant toute concurrence du bon goût : un Tom " Fucking " Hanks en mode gourou Steve Job-esque, Emma Watson (rôle un temps pressentis pour Alicia Vikander) en Alice au pays des - fausses - merveilles et une pluie de seconds couteaux d'exception pour les accompagnées (John Boyega, Karen Gillan, Ellar Coltrane, Walton Goggins et les regrettés Bill Paxton et Glenne Headly).



Sur le papier, le Ponsoldt nouveau en dégageait un max, avec son évocation sans phare de l'envers du décor du tout-connecté, et ses questionnements fascinants - et actuels - les menaces qu'engendre cette évolution pour notre vie privée, la démocratie et les limites de la connaissance des êtres humains.
A l'écran en revanche, cette dystopie ne convainc qu'en partie dans sa critique franchement virulente, mais totalement dénué de complexité de ses entreprises contrôlant - littéralement - nos vies via la prédominance des nouvelles technologies qui nous exposent plus que de raison; une société 2.0 ou l'intimité disparait peu à peu, à laquelle le duo Ponsoldt/Eggers tente de nous mettre en garde à la manière d'un Edward Snowden, par la force d'un naïf et prévisible pacte avec le diable que signe une jeune femme qui adhère complètement à la philosophie de son nouvel employeur, avant d'ouvrir les yeux - trop tard.



En présentant son univers antagoniste comme une secte tordue et cynique - mais pas du tout exagérée au fond - visant à créer une communauté mondiale au détriment de l'individu (« Sharing is caring »), citant directement les entreprises de la Silicon Valley (et surtout Apple, que ce soit par son siège social en forme de cercle - tel le futur campus Apple -, ou son big boss/gourou à la Steve Jobs) ou même les dérives totalitariste de Big Brother (rappelons-nous de la NSA - et les autres agences - qui espionne sans vergogne les conversations téléphoniques des ctyens lambdas); Ponsoldt n'évite pas la redite comparé à ses glorieux ainés, et pêche même dans sa mise en image simpliste, sans originalité ni émotion (sauf peut-être dans la relation entre Mae et ses parents) d'un monde fascinant et terrifiant, n'allant jamais réellement au plus profond de concept - pourtant d'une richesse folle - ou les loups et les agneaux sont trop caricaturaux et peu crédibles pour dégager la moindre empathie.



Black Mirror étant passé par là, difficile pour The Circle de rendre sa réflexion beaucoup plus probante et angoissante, sur l'emprise de plus en plus grande, des multinationales du numérique sur nos existences.
Dommage, car d'Emma Watson (convaincante) à Tom Hanks (rare mais parfait), le casting s'échine à rendre le métrage le plus plaisant à suivre possible.
Ce qu'il est finalement, un film plaisant, moins pertinent que le mésestimé Antitrust - sur le même sujet - mais point marquant.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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