Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Master of None saison 2 : La Dolce Vita à New-York


(Critique de la saison 2)



Sans l'ombre d'un doute, Master of None incarne, avec Unbreakable Kimmy Schmidt et Bojack Horseman, ce que la section comédie de Netflix a produit de meilleur et de plus savoureusement singulier depuis sa glorieuse naissance.
Récit quasi-autobiographique mené d'une main de maître par l'un des plus talentueux des trublions de l'humour made in US, le mésestimé (mais plus pour très longtemps) Aziz Ansari, le show décortiquait avec une sincérité et une simplicité attachante, les aléas follement empathiques d'un trentenaire fraichement ancré dans le XXIème siècle, Dev Shah.



Infiniment sérieuse et unique dans son propos, intelligente et réaliste dans son approche (l'idée d'avoir toujours un sujet majeur à chaque épisode, tout en continuant à narrer le quotidien de son anti-héros des temps moderne) tout en étant saupoudré d'un subtil et savoureux second degré; la première cuvée de dix épisodes, d'une richesse admirable (et mettant remarquablement en avant les minorités autant que des sujets rarement abordés à la télévision), nous laissait avec la féroce envie de retrouver ce bon vieux Dev, qui après sa rupture d'avec la so cute Rachel, pliait bagage et quittait aussi temporairement que subitement la Grosse Pomme pour l'Italie, terre de tous ses fantasmes - surtout culinaires.



Prenant chaque épisode comme des courts métrages faisant parfois échos à ceux de la première saison, toujours aussi audacieuse et imprévisible que délicieusement romantique et dénué de toute linéarité - ce qui en fait son plus grand charme -, la saison 2 de Master of None, porté par de vraies idées scénaristiques (l'épisode First Date notamment, véritable must see unique), permet à Ansari d'affirmer encore un peu plus son inventivité et son amour du cinéma (italien surtout), à coups de références multiples et malines et de gros clins d'oeil à la culture populaire, nourrissant pleinement son odyssée italo-ricaine (car même de retour à NY, l'Italie ne le quittera jamais réellement) s'inscrivant instinctivement sur les glorieux pas du Top Five de Chris Rock (œuvre furieusement méta qui narrait également le quotidien d'un acteur en pleine remise en question, dans les rues de NY), du Funny People d'Apatow mais également du cinéma savoureusement décalée de notre Julie Delpy national.



Avec un Dev peinant encore et toujours à trouver sa place (comment le blâmer ?), Ansari muscle le contenu de ses dix nouveaux épisodes et abordent une pléthore de thèmes charnières dans notre vie de tous les jours (la religion, l'orientation sexuelle, la nourriture, la solitude, l'amour,...) avec en point d'orgue l'amitié (la bromance entre Dev et Arnold est plus plaisante à suivre que jamais) et notre rapport à l'autre, étayé par une critique acerbe de notre rapport à la technologie, censé nous relier mais nous déconnectant pourtant tous un petit peu plus chaque jour.
Comme son personnage, Ansari privilégie et approfondit les choses simples et livre un authentique morceau d'existence d'une poignée de personnes communes à nous (l'ADN majeur du show), un moment de télé sans doute faible voir proprement anodin/ennuyeux pour beaucoup, mais follement addictif pour les amoureux du bonhomme.



En tout point fantastique, capturant le spectre de la vie comme peu, naviguant entre les émotions avec maestria et déclarant sa flamme avec passion pour New-York, vraie âme à part entière de la série, la seconde saison de Master of None, plus murit et réfléchit que son ainé, délaisse le doux romantisme et la sensibilité de son ainée très Allenien pour une envolée réaliste/piquante solide et très confessionnelle façon Louie (une parenté évidente que le show ne cache jamais), tout aussi passionnante et enivrante à suivre.
Mieux, comme la première saison qui permit à la ravissante Noel Wells de tirer vers le haut le show, Ansari laisse la sublime Allessandra Mastronardi - Francesca - incarner la colonne vertébrale du récit et ajouter cette petite pincée de magie/réalisme douloureux qui nous fait déjà presque regretter de devoir attendre encore une année - au moins - pour revoir Dev et sa bande sur notre petit écran...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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