Critiques

[CRITIQUE] : Problemos


Réalisateur : Eric Judor
Acteurs : Eric Judor,  Blanche GardinCélia RosichKarine ValmerMichel NabokoffBlandine Ruiz,...
Distributeur : StudioCanal
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h25min.

Synopsis :
Jeanne et Victor sont deux jeunes Parisiens de retour de vacances. En chemin, ils font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Le groupe lutte contre la construction d’un parc aquatique sur la dernière zone humide de la région, et plus généralement contre la société moderne, la grande Babylone. Séduits par une communauté qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Lorsqu’un beau matin la barrière de CRS qui leur fait face a disparu…la Communauté pense l’avoir emporté sur le monde moderne. Mais le plaisir est de courte durée…à l’exception de leur campement, la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie. Ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va-t-il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ?



Critique :


Force est d'avouer que dans la catégorie " humour plus con tu meurs ", le duo Eric et Ramzy aura régné en maitre pendant de longues années à coups de péloches aussi jouissives que régressives.
Il y a des réfractaires à la chose, et des clients - comme nous -, bien plus nombreux.
Reste que les deux trublions, qui ont fait leurs gammes sur la scène et le petit écran avant d'envahir le grand, on bien murit depuis le cultissime La Tour Montparnasse Infernale, parodie loufoque (pour être poli) et totalement assumée du chef d’œuvre Die Hard - Piège de Cristal par chez nous.


Car si Ramzy Bedia est devenu l'un des comédiens les plus présents de la comédie hexagonales (on ne compte plus les succès auxquels il est associé : Neuilly sa Mère, Le Concert, Il reste du Jambon ?, Les Seigneurs, Les Kaïras, Pattaya,...); Eric Judor lui, a peu à peu affirmer sa fibre cinéphile décalé en participant aux délires cinéphiliques du singulier - mais génial - Quentin Dupieux, mais surtout en créant la précieuse série Platane, habile satire du show-biz dont il est également la vedette.
C'est d'ailleurs ce dernier qui nous revient en solo cette semaine dans les salles obscures, avec une nouvelle réalisation toujours aussi originale et décalée : Problemos,  une comédie SF fauché mais férocement ambitieuse, qui vaut plus qu'un simple coup d’œil au sein d'un mois de mai ciné résolument cannois...
En narrant les aléas d'une famille " coincée " aux côtés d'une bande d'altermondialistes loufoques, seuls survivants d'une pandémie ayant décimée la population mondiale, Judor s'amuse à déjouer les codes du film post-apocalyptique et de la comédie communautaire pour mieux affiner sa critique acerbe du genre humain et de la société contemporaine, coincée le cul entre deux chaises entre le solidarisme un brin naïf et l'individualisme gerbant.


Convaincant dans son discours et son épopée tragi-comique d'une société revivant à l'envers notre évolution, bourré jusqu'à la gueule de personnages gentiment barrés, et de répliques qui font joliment mouche, totalement décomplexé dans son humour même s'il souffre autant de son rythme un brin bancale que d'un rythme pas toujours adroit, Judor (parfait en citoyen cynique à l'extrême) signe une nouvelle comédie auto-réflexive (comme... Platane et La Tour 2 Contrôle Infernale), minimaliste et accrocheuse, pointant du bout de la pellicule les travers de l'humain avec un humour aussi savoureux que potache et un poil borderline.
Bricolé et bienveillant, mise en scène avec soin, Problemos pour les amoureux du bonhomme (comme nous), est un joli millésime qui séduit dès la première bobine; pour les autres, mieux vaut prévoir les sacs à vomi..


Jonathan Chevrier 


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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