Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Girlboss : Une wannabe patronne sympathique à suivre mais pas incontournable

 

(Critique de la saison 1)
 

 
Avant que la vénérée House of Cards ne viennent illuminer un mois de Mai résolument Cannois - et Présidentiel -, avec sa très attendue cinquième saison, Netflix continue gentiment mais surement à nous offrir du potentiel binge watching en puissance en ces douces heures de printemps.
Après la claque monumentale 13 Reasons Why, et la brillante seconde partie de la grisante The Get Down, la plateforme balance cette semaine sur les ondes, Girlboss, adaptation très libre des mémoires de Sophia Amoruso, fondatrice de Nasty Gal, un site de vente de prêt-à-porter, qu'elle a lancé il y a 10 ans sur eBay, à seulement 22 ans.


Pas un simple petit bout de femme ambitieuse donc, qui serait selon le magazine Forbes, l'une des plus riches auto-entrepreneuse du pays de l'Oncle Sam  - rien que ça.
Chapeauté par Kay Cannon (les scripts de Pitch Perfect 1 et 2...), et porté par la pétillante Britt Robertson (Tomorrowland), Girlboss s'échine donc à nous conter sur ses dix premiers épisodes, l'odyssée épico-humoristique d'une simili-Carrie Bradshaw (la comparaison fait mal, je sais) fauchée et à forte tendance délinquante, qui se cherche à San Francisco avant d'être bien décidée à se créer - malgré les galères -, un empire de la mode ou elle serait la seule et unique patronne; tout ça grâce à une vente heureuse sur eBay.
Boss atypique au caractère bien trempé - pour être poli -, qui va autant galérer à construire et diriger son entreprise, qu'à entretenir une vie sentimentale décente, Sophia Amuroso (campé avec conviction par Robertson) est de ses personnages rebelles - et maniaques - suffisamment attachant pour rendre le show plaisant à suivre, ce qu'est réellement la série, surtout quand elle se plie à coller son intrigue à celui de la mode et à la magie - ironie - du monde terrible de l'entreprenariat, et non à la love story (très) fade entre Sophia et Shane.


Drôle et sympathique moment de télévision young-adult sur une histoire réellement fascinante sur le papier (l’héroïne passe de pauvre à milliardaire en quelques années), Girlboss s'avère malheureusement trop bancal et un poil frustrant sur la durée (13 épisodes même de 25min, c'est long), pour pleinement marquer un auditoire habitué à des shows bien plus addictifs venant de sa maison mère Netflix.
Si sa description plutôt habile d'une femme forte et énergique peut séduire (on n'est tout de même pas dans Girls non plus), même si aucun obstacle ne semble vraiment lui résister (un point en moins côté réalisme), en revanche, on ne peut qu'être déçu que le potentiel évident du matériau d'origine, ne soit jamais réellement exploité tant le show, assez brouillon dans son ensemble, se borne à n'explorer qu'en surface et sans grande tension dramatique/émotionnelle, une pléthore de pistes intéressantes (quelques rapports à l'entreprise, ses relations autant avec son petit ami qu'avec sa meilleure amie, ou même ses parents); sans compter un traitement proprement anecdotique offert à ses brillants seconds couteaux (le génial Dean Norris et Melanie Linskey en tête), et des dialogues souvent superficiels.


Plaisante et rafraichissante mais un brin étrange et loin d'être incontournable, Girlboss débarque un peu le cul entre deux chaises pour les seriephiles encore marqués par 13 Reasons Why, et ceux en passe de se jeter corps et âme sur les nouveautés excitantes de la saison (American Gods, The Handmaid's Tale et les nouvelles saisons de Master of None et Fargo en tête).
Malgré la bouille craquante de Britt Robertson et une bande son au top, on ne peut que vous conseiller de lui préférer ses concurrents bien plus ambitieux...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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