Critiques

[CRITIQUE] : Split


Réalisateur : M.Night Shyamalan
Acteurs : ...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre :  Thriller, Fantastique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h56min.

Synopsis : 
Les fractures mentales des personnes présentant un trouble dissociatif de la personnalité ont longtemps fasciné et échappé à la science, il se dit que certains peuvent également manifester des attributs physiques uniques pour chaque personnalité ; un prisme cognitif et physiologique dans un seul être.
Kevin a manifesté 23 personnalités devant son psychiatre de longue date, le Dr Fletcher mais il en reste une, immergée, qui commence à se matérialiser et à dominer toutes les autres. Contraint d'enlever trois adolescentes, dont la volontaire Casey, Kevin se bat pour survivre parmi tous ceux qui évoluent en lui-même – et autour de lui- tandis que les murs entre ses personnalités volent en éclats.



Critique :



Tous ceux qui, au début des années 2000 après les sorties monumentales de Sixième Sens et Incassable, voyaient en M. Night Shyamalan un futur Steven Spielberg en puissance, roi de l'entertainment racé et intelligent, doivent désormais se bouffer les yeux à la petite cuillère.
Non seulement le bonhomme n'a jamais su réussir à confirmer son potentiel statut (beaucoup trop vite offert par les critiques, on est d'accord) avec ses péloches suivantes - tout aussi divertissant que fut Signes et Le Village -, mais surtout en à peine dix ans, il avait accompli la prouesse de devenir le paria number two du tout-Hollywood juste derrière Uwe Boll.

La machine à rêve est une putain ingrate on le sait, mais Shyamalan n'est pas à plaindre vu que le bonhomme s'est sadiquement amusé à donner autant qu'il l'a pu, le bâton pour se faire battre plus que de raison.



Shyamalan ou l'exemple parfait du money maker chouchou du système, dorloté à coups de projets bandants avant d'être copieusement lynché, avalé puis salement recracher par l'industrie.
Un parcours sous la forme d'une descente aux enfers incontrôlable dominée par la mauvaise idée du lascar de vouloir construire sa propre légende plutôt que de la servir intelligemment.
Et oui, pour perdurer à Hollywood, que tu t'appelles Steven Spielberg ou Marty Scorcese, il y a une règle et une seule à suivre : ne tourne JAMAIS le dos à l'industrie qui t'a fait naitre pour ton propre profit personnel.

Avec une sale image de mégalomane suffisant et caractériel (pour preuve son bras de fer avec Disney à l'époque de La Jeune Fille de L'Eau, que Mickey a bien fait d'éviter) collée avec de la super glu sur le front, il a pourtant brillamment su redresser la barre l'an dernier avec The Visit, petite et humble série B horrifique aussi imprévisible et glauque juste ce qu'il faut qu'elle est solide esthétiquement et scénaristiquement.



Restait au bonhomme maintenant de confirmer qu'il était bel et bien sur la (très bonne) voie de la guérison, et que sa réhabilitation en tant qu'enfant chérit du septième art ricain n'était qu'une petite question de temps avant d'être officialisé.
Objet de la réconciliation définitive avec les cinéphiles, Split, toujours produit par le nouveau nabab de l'horrifique Jason Blum, est un nouveau projet au budget riquiqui pour le Shya, outil parfait pour faire parler avec malice sa créativité, d'autant plus qu'il s'offre en vedette l'un des comédiens les plus talentueux et sous-estimés de sa génération, le génial James McAvoy.

Thriller psychologique ambitieux et totalement imprévisible, prenant pour toile de fonds les fractures mentales d'un héros ayant un méchant trouble dissociatif de la personnalité (le personnage en aurait 23 différentes, même si le film n'en montre que quelques-unes, du psychopathe Dennis au mioche qui zozote, Hedwig, en passant par l'exubérant Barry), le film multiplie les fausses-pistes pour mieux berner un auditoire totalement acquis à sa cause, en le perdant lentement mais surement dans les méandres d'une toile d'araignée aussi vénéneuse que puissante.



Fascinant et surprenant (venir vierge de toute information à son sujet rend même l'expérience encore plus prenante), volontairement brouillon comme la mentalité déséquilibrée d'un McAvoy littéralement ahurissant, performeur capable du meilleur quand il est solidement dirigé (une petite nomination dans la course aux statuettes dorées n'aurait pas été volée); le Shyamalan nouveau, au-delà du pari audacieux qu'il incarne, est de loin l'une des oeuvres les plus angoissantes et mystérieuses qu'il nous a été donné de voir depuis des lustres.
Proprement hallucinant comme son interprète vedette, jamais ou on l'attend, jonglant entre les genres jusque dans un twist final culotté mais virtuose (au point d'oser inscrire la péloche dans la même temporalité que son meilleur film... mais chut !), Split est un sublime et fantastique cauchemar sur pellicule narrant les dérives du pouvoir du mental sur le corps, tendu et anxiogène de bout en bout - notamment grâce à un score brillant -, à la fois effrayant et hilarant.

Qui l'eût cru, Shyamalan est réellement de retour et ne semble pas le moins du monde, avoir perdu la sa capacité à signé une de ces oeuvres malicieuses et exigeantes, aux multiples niveaux de lectures, qui trottent dans les mémoires encore longtemps après vision.
Le roi est de retour, longue vie au souverain.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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