American Nightmare 3 : Élections

[CRITIQUE] : American Nightmare 3 : Élections


Réalisateur : James DeMonaco
Acteurs : Frank Grillo, Elizabeth Mitchell,..
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : 10 000 000 $
Genre : Thriller, Epouvante-Horreur, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h45min.

Synopsis :
Une sénatrice américaine se lance dans la course à l'élection présidentielle en proposant l'arrêt total de la Purge annuelle. Ses opposants profitent alors d'une nouvelle édition de cette journée où tous les crimes sont permis pour la traquer et la tuer...


Critique :


Avant même d'incarner un quelconque renouveau du cinéma horrifique (ce qu'il n'est pas entièrement dans le fond, soyons honnête), American Nightmare aka The Purge en v.o, c'était surtout il y a pile-poil deux ans, la confirmation de la main mise sur le box-office de la méthode Blum, la plus prolifique du cinéma de genre ces dernières années.

Pour preuve, quasiment un film sur deux produit par le lascar, avec des budgets toujours hautement raisonnable - rarement plus de cinq millions de dollars -, ont fait des malheurs en salles, multipliant souvent par dix, voir plus, leurs mises de billets vert initiales.

Des franchises Paranormal Activity et Insidious en passant par celles de Sinister et donc The Purge, le Jason a gentiment mais surement imposer son nouveau modèle économique à Hollywood, un cocktail détonnant entre concepts bandants (même si pas toujours forcément concrétisés à l'écran), des atours de productions top budget et un potentiel cinématographique foutrement franchisable.


Déjà triplement rentable dès son premier weekend de sortie outre-Atlantique, et suite direct d'un second opus bien plus entrainant que le film original, American Nightmare 3 : Élections reprend de nouveau le même contexte de départ de la franchise.
Soit une Amérique futuriste et aux ambitions plus paisible, qui décide de maintenir son faible taux de criminalité et de chômage en instaurant, durant une période annuelle de douze heures, La Purge, ou toute activité criminelle, même le meurtre, devient légale et ou laisser s'exprimer ses plus bas instincts est même vivement conseiller.

Tu peux faire ce que tu veux, aucun services d'urgence ne sera disponible, et puis surtout, big bonus, une fois le lendemain venu, tout le monde s'évertuera à faire comme si rien ne s'était passer, ni vu ni connu je t'embrouille.

Amérique terre de violence donc mais clairement terre de liberté et de volontés utopiques, si on en suit Blum et James DeMonaco, de nouveau derrière la caméra avec un poil plus de moyen mais une envie similaire de se pencher sur la lutte des classes dans la société contemporaine ricaine.


Tout comme Anarchy, The Purge 3 use intelligemment de son univers dystopique (sans pour autant exploiter pleinement les possibilités de son pitch fiévreux) en se plaçant comme une bande d'anticipation sombre et bourrin, un mélange épicé entre Funny Games et Orange Mécanique, le tout sous fond d'une critique politique méchante et énervée contre l'Oncle Sam et sa nation oppressante et paranoïaque tout autant que laxiste sur sa violence et sa tolérance des armes.

Mais si le second opus trébuchait un brin sur son message (l'éternel lutte des classes), Élections lui exploite avec bien plus de subtilité son concept initial et ses enjeux majeurs (basés sur les peurs de nos sociétés occidentales, comme l'écart de plus en plus croissant entre les plus riches et les plus pauvres, la notion de se faire justice soit-même ou encore l'aspect de marionnettiste d'un gouvernement qui s'amusent à utiliser les civiles comme des jouets) pour offrir un vrai contre-point à la société ricaine d'aujourd'hui, frappée de plein fouet par la campagne présidentielle de Donald Trump; et se placerait presque - plus encore qu'American Nightmare 2 - comme le successeur contemporain de l'anarchiste et culte New-York 1997 de l'inestimable John Carpenter.

Ambitieux dans le fond (malgré un script à nouveau limité et un traitement des personnages encore une fois anecdotique) puisqu'il assume clairement sa charge politique - et ceux dès le titre -, mais également dans la forme, via une mise en scène appliquée, à l'action lisible et prenante, et un jeu d'acteur convaincant (comme d'hab, Frank Grillo fait le job), la péloche se place aisément comme la meilleure de la trilogie, même si elle en épouse ses nombreux défauts (maladresses scénaristiques, traitement peu subversif et rarement oppressant, une violence pas assez graphique et ne causant que trop rarement le malaise malgré des plans méchamment iconiques).


Énergique et rageur, brutal tout en étant toujours aussi sage - mais moins que les opus précédents tout de même -, American Nightmare 3 : Elections est une série B bourrin comme on les aime, certes pas le sequel espéré, mais néanmoins un bon moment de cinéma simple mais efficace.

Au sein d'un été des blockbusters de plus en plus décevant, il serait bien bête de ne pas profiter d'un tel spectacle fleurant bon les 70's/80's.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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