Conjuring 2

[CRITIQUE] : Conjuring 2 : Le Cas Enfield


Réalisateur : James Wan
Acteurs : Patrick Wilson, Vera Farmiga, Frances O'Connor, Bill Wilkins,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : 40 000 000 $
Genre : Épouvante - Horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h13min.

Synopsis :
Une nouvelle histoire vraie issue des dossiers d’Ed et Lorraine Warren : l’une de leurs enquêtes les plus traumatisantes.
Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s'agira d'une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…



Critique :


Pour les cinéphiles endurcis que nous sommes, James Wan, à l'instar d'un Jeff Nichols ou d'un Rian Johnson, est de ces jeunes cinéastes talentueux qu'on ne présente plus tant à chaque péloche, leur qualités indéniables nous explose littéralement au visage.

Le metteur en scène du cinéma horrifique le plus doué depuis deux décennies - avec peut-être, Lucky McKee et le génial Rob Zombie -, jamais las de foutre la trouille avec style et spectaculaire (il nous émerveille dans le blockbuster vrombissant ou le revenge movie avec la même ferveur), nous revient donc en ce début d'été ciné 2016 avec l'attendu Conjuring 2 : Le Cas Enfield, suite direct de ce qui est, logiquement, son meilleur film horrifique, Conjuring, Les Dossiers Warren.

Trois ans après le succès critique et public du film original (qui se sera très vite vu décliner en franchise avec le spin-off/tâcheron Annabelle), avec un budget plus conséquent mais toujours avec son couple vedette les excellents et mésestimés Vera Farmiga/Patrick Wilson; Wan s'attache de nouveau à conter l'un des cas les plus tordus auquel le couple d'enquêteurs du paranormal Ed Lorraine Warren ont eu affaire, avec la célèbre et déroutante affaire Amityville...


Tirée de faits réels donc, l'histoire suit les Warren qui se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère, Peggy Hodgson qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques.
La cadette de la famille, Janet, semble possédée par le fantôme de l'ancien propriétaire de leur demeure. 
Ed et Lorraine comprendront très vite qu'il s'agira d'une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes...

Qu'on se rassure, son passage derrière la caméra de la franchise Fast and Furious n'a rien fait perdre une once de sa maitrise à un James Wan toujours aussi à l'aise dans le genre possession/maison hanté - et même dans l'art de la flippe tout court.

Reprenant plus ou moins la même recette référencée du premier opus - tout comme pour Insidious : Chapitre 2 -, le cinéaste déroule à la perfection son catalogue de l'angoisse (que ce soit de par une bande son irréprochable et une mise en scène léchée alternant les plans fixes et panoramiques, ou même un usage délicat du clair-obscur), usant le moins possible des jump scares - tous génialement amenés pour maintenir l'intérêt du spectateur - au profit d'une peur, dans la généralité, plus psychologique que physique - on est autant terrifié par ce que l'on voit que ce l'on ne peut distinguer -, James Wan fait de nouveau appel aux fondements même de l'horreur spirituelle sur grand écran, tout en se jouant avec malice de son spectateur.


Flippant, tout aussi prenant qu'asphyxiant et envoutant, Conjuring 2 marque la rétine sans forcément péter dans la soie de l'originalité (sa gémellité avec le film original est totalement assumée) malgré un climax d'une intensité folle, et laisserait même un petit gout d'inachevé dans la bouche de cinéphiles s'attendant, presque logiquement, à mieux.

Car si Wan n'est pas à blâmer, tout autant que le couple Farmiga/Wilson - toujours aussi convaincant -, en revanche, ce Cas Enfield souffre de bien plus de couacs que le premier opus de la désormais saga.

Scénaristiquement très limité et même bancal (le film lance plusieurs pistes sans réellement les approfondir, et semble trop mécanique et forcé par moments; l'émotion n'est pas non plus au rendez-vous), tronqué par quelques longueurs évidentes (il dépasse aisément les deux heures de pellicules) et des thématiques lourdes (l'aspect hautement conservateur de la famille avec un esprit catho plus présent/pesant), sans oublier une caractérisation des personnages assez moindre; cette suite pêche par une volonté certes louable, d'offrir un divertissement plus généreux et riche que son illustre ainé.


Moins jouissif et convaincant donc, mais d'une jolie efficacité et à la beauté macabre incroyable, le film n'apporte rien de bien nouveau au genre, mais il le sert à la perfection, avec un respect et une dévotion totale, prenant de ce fait à revers toute la production horrifique Hollywoodienne actuelle.

On lui préférera Conjuring premier du nom, mais James Wan démontre sans forcer que le roi de l'horreur des années 2000 (tant que Rob Zombie ne retrouve pas son mojo), c'est bel et bien lui.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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