Critiques

[CRITIQUE] : Le Voyage d'Arlo


Réalisateur : Peter Sohn
Acteurs : avec les voix de : Raymond Ochoa, Peter Sohn, Frances McDormand, Jeffrey Wright, Marcus Scribner, Anna Paquin,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Comédie.
Nationalité :  Américain.
Durée : 1h35min.

Synopsis :
Et si la catastrophe cataclysmique qui a bouleversé la Terre et provoqué l'extinction des dinosaures n'avait jamais eu lieu ? Et si les dinosaures ne s'étaient jamais éteints, et vivaient parmi nous de nos jours ?
Arlo, jeune Apatosaure au grand cœur, maladroit et craintif, qui va faire la rencontre et prendre sous son aile un étonnant compagnon : un petit garçon sauvage, très dégourdi, prénommé Spot.



Critique :



Autant l'admettre tout de suite, nous n'étions pas réellement fan du récent virage un brin fainéant prit par Pixar depuis son sublime Toy Story 3 de 2010, la faute à des suites pas vraiment convaincante (Monstres Academy mais surtout le très mauvais Cars 2), et a des " original story " tellement imprégné par l'essence de la maison mère Disney, que son impact s'en trouve automatiquement amoindri (Rebelle).

Fort heureusement, au sein de la firme il restait des esprits inventifs capable d'aller au casse-pipe juste pour le plaisir de proposer un divertissement neuf et rafraîchissant.

Pete Docter, papa des sublimes Monstres et Cie et Là-Haut, était décemment l'un d'eux - voir même le plus talentueux du lot avec l'inestimable Brad Bird -, et son chef d’œuvre Vice-Versa incarnait non seulement l'un des meilleurs Pixar jamais tourné, mais avant tout et surtout LE meilleur film de l'année ciné 2015 avec Mad Max Fury Road.


De retour au firmament de la jungle animée Hollywoodienne, la firme à la lampe se devait de confirmer sa renaissance avec Le Voyage d'Arlo, seconde cuvée de la saison qui a connu l'un des développements les plus rocambolesque de ses dernières années dans le cinéma d'animation (avec Rebelle, déjà produit par Pixar).
Premier long de Peter Sohn (le merveilleux court Passages Nuageux), The Good Dinosaur en v.o s’avérait pourtant sur le papier encore plus alléchant qu'Inside Out, en comptant l'amitié bigger than life entre un jeune petit garçon et un dinosaure en pleine préhistoire.

Partant sur l'idée que l’astéroïde qui a radicalement bouleversé la vie sur Terre n’avait jamais heurté notre planète, le métrage nous emmène dans un nouveau voyage original et inattendu, celui d’Arlo, jeune Apatosaure au grand cœur, maladroit et craintif, qui va faire la rencontre et prendre sous son aile un étonnant compagnon : un petit garçon sauvage, très dégourdi, prénommé Spot.
Durant leur périple, en parcourant des terres aussi hostiles que mystérieuses, Arlo va apprendre à affronter ses peurs et découvrir ce dont il est réellement capable…

Comment faire mieux si ce n'est aussi bien que le merveilleux Vice-Versa, qui démontrait avec classe que Pixar n'avait finalement pas encore perdu tout son mojo alors qu'une pluie de suite plus ou moins désiré (Le Monde de Dory, Les Indestructibles 2 ou encore Cars 3 et Toy Story 4), allait prochainement pointer le bout de son nez et remettre vraisemblablement en cause la créativité du studio (et la main prise de la maison mère Disney sur son line-up).


C'était la question à un million de dollars même si sa réponse était des plus évidentes, Le Voyage d'Arlo et son développement hell compliqué - pour être poli -, doublé à un cinéaste encore green dans le milieu comparé à Docter, ne pouvait rivaliser avec la maestria émotionnelle et technique de son ainé, qui fera date pendant longtemps dans le cinéma d'anitmation.
Partant de ce postulat tout en sachant que les miracles sont toujours possible chez ses pionniers de l'anim', le 16eme film made in Pixar ne pouvait que surprendre son spectateur au sein d'une fin d'année ciné 2015 ou il était le hit absolu.

Clairement moins audacieux et original qu'Inside Out avec un point de départ accrocheur - et vendeur - déjà éprouvé par la concurrence ces dernières années (la préhistoire, que ce soit chez Blue Sky avec la franchise L'Age de Glace ou Dreamworks avec Les Croods) et une forte tendance à piocher par-ci, par-là dans les classiques animés (Le Roi Lion et Le Petit Dinosaure en tête), fondamentalement bien plus enfantin - jusque dans son humour - que la majorité des films de la firme; The Good Dinosaur assez linéaire et prévisible (elle est ou la double lecture chère à Pixar ???), n'en est pas moins un joli petit moment de cinéma simpliste mais tendre plaisant à suivre.

Scénaristiquement limité (le manque d'inspiration et de rythme est flagrant, l'ouverture est expéditive) dans sa mise en image de la quête initiatique et du passage de l'enfance à l'âge adulte - comme Vice-Versa - malgré quelques scènes qui sortent clairement du lot (celle psychédélique est un trip étonnant), porté par une petite poignée de personnages bien croqués (Spot et Arlo en gros, l'histoire étant focalisée sur ses deux héros) au milieu d'une pluie de protagonistes oubliables (le perso du Collectionneur, sous-utilisé); le film de Peter Sohn se rattrape en revanche d'un point de vue émotion (l'amitié Spot/Arlo est bouleversante et réserve sont lot de très belles séquences) mais surtout esthétique en offrant un divertissement absolument renversant.


Littéralement à couper le souffle que ce soit de ses décors somptueux au rendu des éléments proprement incroyable (les textures et les éléments naturels sont d'un réalisme bluffant), le film s'impose techniquement comme LA référence number one du moment dans le genre.

Une rigueur esthétique qui aurait eu le mérite d'être suivi au niveau scénaristique donc, tant Le Voyage d'Arlo, victime évidente de l'exigence extrême qu'aura su attiser la firme à la lampe au fil des ans, est une réussite mineure dans le riche giron de chefs d’œuvres made in Pixar ou les écarts se comptent sur les doigts d'une main (Cars 2, et dans une moindre mesure Rebelle et Monstres Academy).

Reste que pour sa plongée majestueuse dans une préhistoire absolument sublime et la personnalité attachante du craquant Spot; le premier long de Peter Sohn vaut clairement son pesant de popcorn, et incarne un des films familiaux immanquables du riche réveillon 2015.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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