Christine Carrière

[CRITIQUE] : Une Mère


Réalisateur : Christine Carrière
Acteurs : Mathilde Seigner, Kacey Mottet Klein, Pierfrancesco Favino,...
Distributeur : Les Films du Losange
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h40min.

Synopsis :
Marie vit seule avec son fils de 16 ans. Elle se bat pour rester debout, pour le sortir des mauvais coups dans lesquels il s’enfonce. Trop usée et contrariée pour vivre sa vie de femme, Marie est coincée entre son ex toujours amoureux et son adolescent irrécupérable. Entre eux, les mots passent de plus en plus mal, l’amour s’exprime de moins en moins bien. La violence et le rejet envahissent tout. Il est mauvais fils, elle sera mauvaise mère. De là à penser qu’il n’y a pas d’amour…


Critique :



On pourra polémiquer pendant des lustres du manque cruel d'originalité dans un cinéma français ne surprenant réellement son spectateur que par de trop fugaces fulgurances.
Dites fulgurances par ailleurs souvent inspirées il est vrai, par le septième art étranger, quoique, soyons honnête, la crise de la redite s'avère nettement plus alarmante outre-Atlantique.

Mais dans le fond, les premiers frappés par cette accumulation de propositions identiques (et par l'accumulation de propositions tout court) dans nos salles obscures, c'est bel et bien les péloches en elles-mêmes, dont la majorité se voit, même inconsciemment, comparées entre elles que ce soit à tort ou à raison.


Et difficile de ne pas imaginer que le pourtant méritant Une Mère de Christine Carrière, arrivé en dernier dans la bataille du drame intime et familiale, contant la douloureuse relation entre une mère dépassée et un ado à problèmes; ne se voit pas méchamment écrasé par le comparatif imposant avec ses ainés, le merveilleux Mommy de Xavier Dolan ou encore le tout récent La Tête Haute d'Emmanuelle Bercot.

Porté par la définitivement trop rare Mathilde Seigner, Une Mère suit l'histoire de Marie, qui vit seule avec son fils de 16 ans, Guillaume.
Elle se bat pour rester debout, pour le sortir des mauvais coups dans lesquels il s’enfonce.
Trop usée et contrariée pour vivre sa vie de femme, Marie est coincée entre son ex toujours amoureux et son adolescent irrécupérable.

Entre eux, les mots passent de plus en plus mal, l’amour s’exprime de moins en moins bien. La violence et le rejet envahissent tout.
Il est mauvais fils, elle sera mauvaise mère.
De là à penser qu’il n’y a pas d’amour…


Aussi douloureux, inconfortable et bouleversant soit-il, le nouveau long métrage de Christine Carrière souffre clairement d'une impression de déjà-vu qui imprègne la mémoire d'un cinéphile ayant il y a à peine un mois de cela, vibrer pour la chronique renversante d'un ado délinquant et bousillé par le système  que prenait en affection Bercot dans son très beau La Tête Haute.

Car si la réalisatrice de Elle s'en Va singularisait son point de vue avec une approche très documentaire mais surtout méchamment réaliste, celle de Darling en revanche, ne transcende jamais son propos avec des personnages trop peu effleurés, une mise en scène plate et une intrigue un brin suffocante, mal rythmée et tirant clairement trop en longueur malgré une belle interrogation sur la notion naturel de l'amour maternelle inconditionnel.

Pourtant, entre amour, violence, haine et rejet, Une Mère parvient tout de même à captiver son auditoire par la force imposante de la prestation en tout point lumineuse d'une sublime Mathilde Seigner, dévouée corps et âmes à son rôle de mère courage, fatiguée par la vie et par un fils qui ne lui pardonne rien, qu'elle déteste tout en ne pouvant s'empêcher de le défendre coûte que coûte.


La voir se décomposer face caméra tout en étant constamment relevé par le puissant pouvoir innée à toute mère, à toute génitrice prête à tout pour protéger/défendre le fruit de sa chair, vaudrait presque à lui seul son pesant de popcorn.

Une prestation des plus remarquable (César à la clé ?) qui relève franchement vers le haut un joli drame dur et réaliste, pétri de bonnes (et culottées) intentions mais au traitement un poil maladroit et surtout vu mille fois mieux ailleurs.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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