Adaline

[CRITIQUE] : Adaline


Réalisateur : Lee Toland Krieger
Acteurs : Blake Lively, Michiel Huisman, Harrison Ford, ,...
Distributeur : TF1 Vidéo
Budget : 25 000 000 $
Genre : Romance, Fantastique, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h53min.
Disponible en téléchargement et en VOD depuis le 22 mai (liens My TF1 VOD ici).

Synopsis :
Après un accident qui aurait dû lui être fatal, la belle Adaline cesse de vieillir. Aujourd'hui, bien qu'ayant vécu près de huit décennies, elle est toujours âgée de 29 ans. Après avoir mené une existence solitaire afin de ne jamais révéler son secret, une rencontre fortuite avec le philanthrope et charismatique Ellis Jones, va raviver sa passion de la vie et de l'amour.



Critique :


L'an dernier, le coup de poker tenté par le distributeur Wild Bunch avec la diffusion en VOD et non en salles, du buzzé mais in fine très ennuyeux Welcome To New York d'Abel Ferrara, a visiblement fait quelques émules dans le business.

Un an plus tard - quasiment jour pour jour -, TF1 et son label eCinema suit la même ligne directrice et ose franchir le cap du boycott des salles en balançant directement en vidéo à la demande (et au plus près des sorties US), des films majeurs pouvant pourtant très bien prétendre à grappiller leur place au cinéma et sur grand écran.


Mais la concurrence étant devenue beaucoup trop importante (et elle ne cesse d'augmenter), la location - ou même l'achat définitif - de péloches en ligne sur diverses plates-formes, est vite devenu le nouvel Eldorado à conquérir pour les distributeurs.

L'efficace Son of A Gun hier, Adaline aujourd'hui (carton surprise ces dernières semaines au B.O US), Everly avec la bomba latina Salma Hayek (disponible en juillet) et Spooks (disponible en septembre) demain, TF1 semble vouloir exposer de la meilleure panière possible les films de son catalogue.
Et force est d'admettre que même si l'on est d'ardents défenseurs des salles obscures - et de leurs tarifs de plus en plus exorbitants -, le eCinema incarne (déjà !) une potentielle alternative de choix pour les bouffeurs de péloches que nous sommes.

Promesse d'un joli mélo s'inscrivant plus ou moins dans la veine du merveilleux L’Étrange Histoire de Benjamin Button et porté par la sculpturale Blake Lively, Adaline aka The Age of Adaline en v.o, suit justement l'histoire d'Adaline qui, à la suite d'un accident de voiture qui aurait dût lui couter la vie, cesse subitement de vieillir.
Aujourd'hui, alors qu'elle a déjà vécu plus de huit décennies, son apparence reste toujours et inlassablement celle d'une femme de vingt-neuf ans.

Mais après avoir mené une existence des plus solitaire - afin de ne jamais révéler aux yeux de tous son secret -, une rencontre fortuite avec le philanthrope et charismatique Ellis Jones, va raviver sa passion de la vie et de l'amour...


Dans le genre romance fantastique usant du thème aussi fascinant qu'ambitieux de l'immortalité, chaque public à son œuvre culte à chérir, du chef d’œuvre vampirique et baroque (l'inestimable Dracula de Francis Ford Coppola) au chef d’œuvre dramatique et poignant (le tout aussi inestimable L’Étrange Histoire de Benjamin Button de David Fincher), en passant par la série B épique (Highlander de Russell Mulcahy) et la franchise pour ados écervelés et fortement influençables (Twilight).

Coincé le cul entre deux chaises entre ses désirs d'incarner une belle et émouvante fresque romantique, et un script bourré de bonnes idées (la multiplication des " vies " à travers le temps et les époques, la traque de la belle Adaline par le FBI, l'inversion des rôles mère-fille ou quand la première voit vieillir la seconde, comme la relation père-fille dans l'Interstellar de Christopher Nolan), mais trop souvent prévisible (seul l'arrivée du futur beau-père/ex-amant du passé, surprend réellement); Adaline peine à convaincre son spectateur et ne se détache que trop rarement de son étiquette de mélodrame larmoyant.

Pourtant, cette douloureuse chronique d'une femme qui voit son existence bouleversée par la foudre (littéralement), lui refusant de gouter aux douces saveurs de l'amour jusqu'à ce qu'elle soit de nouveau frappée par la foudre - sentimentalement parlant cette fois -, ne manque décemment pas de charme.

Joliment emballé par un Lee Toland Krieger maitrisant aussi bien sa caméra (certains plans sont vraiment très beaux et détaillés) que les SFX, porté par un casting aussi juste qu'impliqué (Lively enchante tandis qu'Harrison Ford, tout en retenu, en impose toujours autant), et un ton suffisamment sensible et gnan-gnan (dans le bon sens du terme) pour emporter le cœur des cinéphiles les plus fragiles; le métrage avait tout en lui pour incarner LA bluette number one de ce premier semestre 2015, aux côtés du sublime Une Merveilleuse Histoire de Temps.

 
Dommage donc que de trop nombreux défauts (personnages trop lisse, voix-off sur-présente, péripéties prévisibles, premier tiers d'exposition assez long) viennent entacher un brin sa vision.

Parce que pour un premier long tenant sur les jolies épaules de Blake Lively, on n'était pas si loin que ça finalement de la romance référence...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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