Benedict Cumberbatch

[CRITIQUE] : Les Pingouins de Madagascar


Réalisateur : Eric Darnell et Simon J. Smith
Acteurs : avec les voix de Tom McGrath, Chris Miller, Christopher Knights, Conrad Vernon, Benedict Cumberbatch, John Malkovich, Ken Jeong,...
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Budget : -
Genre : Comédie, Animation, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h33min.

Synopsis :
Vous pensiez connaître les Pingouins de Madagascar ? Pourtant, les quatre frères cachent un lourd secret. Ils sont en fait… agents secrets ! Pour sauver le monde du terrible Docteur Octavius, les pingouins devront s’associer à la très chic organisation de la North Wind menée par le superbe husky au nom classé secret.


Critique :

Depuis le sublime Dragons, Dreamworks Animation a pris un virage à 180° des plus fascinants, en revoyant complètement à la hausse sa fibre créatrice pour le plus grand bonheur des cinéphiles.

Reléguant au second plan les énièmes suites de leurs succès passées - on ne bouffera plus du Shrek et du Madagascar, même si Kung-Fu Panda 3 reste lui, toujours d'actualité -, la firme s'est laissé aller à jouer avec le feu, en multipliant les projets originaux et ambitieux à risque, qui si ils n'ont pas réellement tous cartonnés au box-office, ce sont tous au moins révélés des claques animés comme on en a rarement vu d'aussi réussites ses dernières années dans nos salles obscures.

Dragons, Les Cinq Légendes, Les Croods ou encore M.Peabody et Sherman, des péloches aux tons variés et séduisants, qui rivalisent - voir même mettent quasiment k.o - leurs concurrents de chez Pixar, dont la chute qualitative depuis Toy Story 3, est proportionnelle à l’ascension fulgurante de celle de chez DWA.


Le hic, c'est que si elle s'amuse toujours autant à tirer sur la longueur ses franchises (on ne chipotera pas en ce qui concerne Dragons 2, en tout point sublime, mais bien plus sur Shrek avec ses quatre films et son spin-off), chercher une raison autre que férocement pécuniaire en ce qui concerne la mise en route du spin-off de Madagascar - de loin la franchise la moins inspiré de ses dernières années -, Les Pingouins de Madagascar, reste difficilement possible.

Pas forcément nécessaire puisque les sympathiques petits bonhommes avaient déjà eu les honneurs d'une série dérivée à plusieurs saisons vraiment sympathique, on ne peut que déplorer qu'à l'instar de la firme à la lampe, Dreamworks se laisse une fois de plus à une certaine facilité en ces temps de fêtes.
Dîtes facilité qui aura d'ailleurs été lourdement puni par les spectateurs outre-Atlantique, tant la péloche s'est lourdement gaufré au box-office lors de sa sortie.

Nous étions donc pas réellement enthousiaste à l'annonce de ce spin-off sur ceux qui incarnaient pourtant, l'une des grandes réussites de la franchise Madagascar, un petit commando de pingouins méchamment burlesque qui à chacune de leurs apparitions -comme les Minions dans Moi, Moche et Méchant -, provoquaient les rires en masse.

Dans ce film qui leur est totalement dévoué, on nous apprend que les quatre pingouins sont finalement des agents secrets, et qui, pour sauver le monde du terrible Docteur Octavius, devront s’associer à la très chic organisation de la North Wind - spécialisée dans l’aide aux espèces incapables de se défendre seules - menée par le superbe husky au nom classé secret...
Voilà, voilà.


Malgré que ses scènes les plus efficaces furent déjà balancées dans les nombreuses bandes annonces de la campagne promotionnelle, Les Pingouins de Madagascar plombé par plus d'un défaut dommageable, tient finalement plus ou moins bien la route sur un petit peu plus d'une heure et demie, grâce à la force de son quatuor toujours composé par le Commandant, Kowalski, Soldat - le plus chou de la bande - et Rico.

Pas meilleur mais surtout pas plus mauvais que les trois opus de Madagascar réunis, qui incarnent, au bas mot, ce que Dreamworks a pondu de moins bon sur la dernière décennie.

Ou une petite péloche d'animation divertissante et dynamique même si elle s'appuie sur un scénario franchement limité (et pas si éloigné du Monstres contre Aliens, déjà de Dreamworks) et peu captivant, jouant beaucoup trop sur l'attachement aux personnages du public et masquant ses faiblesses en trimbalant nos petits agents secrets aux quatre coins de globe, avec une intrigue facile lorgnant sur Mission : Impossible ou encore James Bond.

Pire, l'élément novateur de cette histoire, l'organisation secrète North Wind (qui aurait mérité un film à eux tout seul, on n'est pas à l'abri du spin-off du spin-off en même temps...), n'apporte rien ou presque, de pertinent, et se voit constamment reléguer au second plan, tout comme le méchant principal, un poulpe d'envergure - là encore pas si éloigné de Monstres contre Aliens - au charisme transparent, qui a des problèmes avec son compte Skype...


Et que dire de la morale du film (ne pas se juger sur les apparences), dépassée et pas forcément bien amenée non plus.

Alors, on est concrètement très loin de cette " vente de rêves " qu'auront aussi bien incarné les deux Dragons que les merveilleux Les Cinq Légendes et Les Croods, mais fort heureusement, le film est assez drôle dans sa globalité (moderne dans son humour, et ça parodie d'ailleurs méchamment La Marche de l'Empereur et Happy Feet dans l'introduction), méchamment rythmé et porté une animation proche de celle de la franchise Madagascar (propre, mais on est loin des envolées magnifiques de celle de la franchise Dragons), aux couleurs vives et pop, pour ne pas pleinement décevoir son auditoire.

Un film concept divertissant mais pas forcément justifié (à la différence de celui consacré au Minion, qui a l'air vraiment sensas), qui à l'instar du Chat Potté - qui mettait lui aussi en vedette un sidekick savoureux d'une saga à succès -, aurait pu être intéressant sur le papier mais peine à réellement convaincre sur grand écran, baissant même d'un cran la qualité du rendement de sa maison mère.

Et ce ne sera pas le renfort massif de stars au casting vocale de la version US (le précieux Benedict Cumberbatch, l'inestimable John Malkovitch) qui changera la donne.


Les Pingouins de Madagascar est un joli plaisir barré et fugace, fun mais aussi vite apprécié qu'oublié, et qui souffre évidemment de la concurrence avec les autres aventures animées de la firme, balancées en salles cette année.

Les fans des pingouins en auront globalement pour leur argent, les cinéphiles quand à eux, lui préféreront les nettement plus réussis Astérix - Le Domaine des Dieux et Paddington, de loin les deux plus beaux films familiaux de cette fin d'année ciné de 2014.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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