Anna Galiena

[CRITIQUE] : Avis de Mistral


Réalisateur : Rose Bosch
Acteurs : Jean Reno, Anna Galiena, Chloé Jouannet, Hugo Dessioux, Lukas Pelissier, Tom Leeb,...
Distributeur : Gaumont Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Français.
Durée : 1h45min.

Synopsis :
Léa, Adrien, et leur petit frère Théo, sourd de naissance, partent en vacances en Provence chez leur grand-père, Paul « Oliveron », qu'ils n'ont jamais rencontré à cause d'une brouille familiale. Ce ne sont pas les vacances dont ils rêvaient, surtout que leur père a annoncé la veille qu'il quittait la maison. En moins de 24 heures, c'est le clash des générations, entre les ados et un grand-père qu’ils croient psychorigide. A tort. Car le passé turbulent de Paul va ressurgir et les Seventies vont débarquer au fin fond des Alpilles. Pendant cet été tourmenté, les deux générations vont être transformées l'une par l'autre.


Critique :

Il y a un petit côté nostalgique à se rappeler des Vrais grands films de l'inestimable Jean Reno, qui les collectionnait à la pelle il y a encore peu.

Parce que depuis près d'une décennie maintenant, le bonhomme s'acharne à rattacher constamment son nom à du sous-produit, que ce soit de la série B foireuse ricaine - alors qu'à l'instar d'un mésestimé Tcheky Karyo, le Jean est l'un des frenchy les plus respecté d'Hollywood -, ou de la prod made in France qui ne vaut guère mieux.
Même la télévision ne lui rend guère honneur, rien qu'à voir la piteuse série Joe ou il tente, tant bien que mal, de sauver les apparences.

Mais nous sommes pas dupes, la carrière va du Jean va mal et mis à part l'Immortel et La Rafle, tout deux sortis en 2010, les autres lignes de son c.v font de plus en plus de peine à voir.
Faut croire qu'il s'en balance, et c'est peut-être ça aussi, sa plus grande force et le fait qu'on l'aime tant, sa faculté à faire du cinéma pour le simple plaisir de jouer, sans forcément avoir de plan de carrière.


Cependant, le voir s'attacher au nouveau film de Rose Bosch, réalisatrice de La Rafle justement, prouve que parfois, il ne la joue pas toujours complétement impulsif et qu'il s'arrête plus de quelques secondes pour prendre la décision de porter un film sur ses larges épaules.
Et on ne peut que le féliciter de son choix ce coup-ci, car même si il n'est pas un grand film, Avis de Mistral est une jolie petit bouffée d'air frais intergénérationnelle, qui démontre une nouvelle fois que le cinéma français va très bien en ce premier semestre de 2014.

Avis de Mistral donc ou l'histoire de Léa, Adrien, et de leur petit frère Théo, sourd de naissance, qui partent en vacances en Provence chez leur grand-père, Paul « Oliveron », qu'ils n'ont jamais rencontré à cause d'une brouille familiale - leur mère a fuguée et n'a plus jamias reparlé à leur père depuis.
Ce ne sont pas les vacances dont ils rêvaient, purs parisiens jusqu'au bout des ongles qu'ils sont, surtout que leur père a annoncé la veille qu'il quittait la maison.
Bonjour l'ambiance quoi...

Et en moins de 24 heures, c'est le clash des générations, entre les ados et un grand-père qu’ils croient psychorigide.
A tort bien sur, puisque le fameux passé turbulent du bonhomme va ressurgir et les Seventies vont débarquer au fin fond des Alpilles.
Pendant cet été tourmenté, les deux générations vont être transformées l'une par l'autre d'une manière on ne peut plus surprenante....

Il faut l'admettre, sur le papier, le pitch fait salement penser à un téléfilm dominicale sauce série made in France à la Famille Formidable - en plus condensé -, impression que la bande annonce plus ou moins prenante, conforte très rapidement et pourtant, sous ses faux airs de boite à clichés ambulante, le film de Rose Bosch est une excellente surprise sympathiquement rythmé et remplit jusqu'à ras bord de bons sentiments, soutenu par un casting convainquant et un Jean Reno des grands jours.


Alors oui, il est indéniable que l'intrigue du film ne pète pas dans la soie de l'originalité, que certains seconds-rôles sont caricaturaux, qu'elle pue le cliché et le pathos de supermarché à plein nez et surtout, qu'elle se perd souvent dans sa volonté de racoler un large public, mais n'empêche que tous ses défauts, volontairement usés, servent toujours une bande qui dans le fond, ne cherchera jamais à s'en démarquer.

Jamais ennuyeuse, cette chronique familiale au bon gout de thym, de romarin et de pastis tient le cap jusqu'à bon port et brasse une pléthore de thématiques (les premiers amours, le conflit générationnelle, l'amitié, les conflits relationnels au sein de la famille,...) avec justesse même si certaines émotions semblent être tirées de force au spectateur, sans réelle conviction.

Mais complétement consciente de l'aspect bancal de sa bande, Rose Bosch ne s'évertuera finalement tout du long, qu'à magnifier tous ses points forts, à commencer par une mise en scène inspiré, inventive et surtout incroyablement fluide, accentuée par une bande originale finement choisit (à la fois actuelle et rétro) et une photographie à tomber, avec les merveilleux paysages du Sud-Ouest.

Même le casting s'en sort joliment avec les honneurs, car outre quelques petites déceptions - Hugo " Hugo-Tout-Seul " Dessioux et Tom Leeb très inégaux -, la rafraichissante Chloé Jouannet (fille d'Alexandra Lamy, dont c'est le premier long) est convaincante et crédible en ado rebelle, le jeune Lukas Pelissier et sa petite bouille d'ange est follement touchant et déconcertant de naturel - son alchimie avec Jean Reno est incroyable -, la belle Anna Galiena est une grand-mère rêvée, Hugues Aufray est étonnement sobre et surtout le grand Jean y est une nouvelle fois impeccable et impressionnant de maturité en papi bourru et tendre.


« L’amour peut prendre de nombreuses formes, la vie a plus d’imagination que nous »

Malgré ses défauts visibles comme le nez au milieu du visage, Avis de Mistral sent bon les vacances et la bonne humeur, et on prend un sacré plaisir non-feint à le découvrir même sous ses gros airs de déjà-vu.

Et puis Jean Reno y est magistral, alors que demander de plus dans le fond, hein ?


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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