Abigail Breslin

[CRITIQUE] : Un Été à Osage County


Réalisateur : John Wells
Acteurs : Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor, Benedict Cumberbatch, Abigail Breslin, Juliette Lewis, Dermot Mulroney, Sam Shepard, Julianne Nicholson, Chris Cooper, Margo Martindale,...
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h59min.

Synopsis :

En famille, on se soutient. En famille, on se déchire... Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…



Critique :

Tout projet avec l'immense Tracy Letts à la plume, doit instinctivement chez tout cinéphile un minimum endurcis, attisé la curiosité voir même une certaine impatience non-dissimulée.

Depuis la mise en image de ses deux pièces deux théâtres Bug et (surtout) Killer Joe par l'inestimable William Friedkin, le bonhomme à une jolie côte non-négligeable pour un dramaturge au sein de la jungle Hollywoodienne, au point que tous ses écrits sont désormais passés au broyeur des adaptations.

Nouvel opus en date, et pas des moindres, Un Été à Osage County ou August : Osage County en v.o, roman pour lequel il a reçu le Prix Pulitzer en 2008, et qui sera mis en scène par l'excellent John Wells, habitué des drames un chouïa lacrymale.

Rien que sur le papier, l'idée faisait hautement saliver - un drame familiale qui plus est wannabe oscarisable, ça fait toujours son effet en cette période de l'année -, sauf qu'à l'annonce de son casting, ce n'est plus notre salive qui coulait à flot, mais littéralement notre chibre qui s'autorisait une folie des grandeurs comme rarement il en a eu.


Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor, Benedict Cumberbatch, Abigail Breslin, Juliette Lewis, Dermot Mulroney, Sam Shepard, Julianne Nicholson, Chris Cooper et Margo Martindale, faut avouer que ça calme son spectateur, et que même si la péloche s'avérait être le pire film de l'histoire du septième art, elle aurait au moins pour elle l'une de ces réunions de talents les plus indécents.

Autant dire que les attentes le concernant sont franchement hautes, une réunion de famille bigger than life aux personnalités diverses campés par des acteurs de génies, ça à tout pour nous, d'une équation pour incarner ni plus ni moins que l'un des films de l'année.

Mais après vision, si Un Été à Osage County n'est pas forcément un favori au trône de meilleur film de 2014 (pour le moment promis à La Vie Rêvée de Walter Mitty et Les Brasiers de la Colère), il n'en est pas moins un puissant drame aussi drôle que bouleversant, finement écrit et interprété à la perfection.
August : Osage County ou l'histoire de la famille Weston, chez qui la tragédie est un douloureux voisin de palier.
Tout le petit monde qui la compose, mené par la matriarche Violet - une cancéreuse peu aimante et accro aux médocs -, se réunissent suite au suicide brutal de leur père.

Inutile de dire que les retrouvailles seront (très) très mouvementées...



Shooté à la haine et à la rancœur, salement dépressif, bourrés de moments d’émotions bouleversant tout autant qu'il est parsemé d'un salvateur humour noir, le film est une tragédie rondement bien ficelée ou chaque membre de la famille à son mot à dire dans un océan d'amertume et de douleur proche de l'hystérie cataclysmique.

Comme si le fait de s'engueuler et hurler l'un sur l'autre était le moteur de chaque vie humaine, la caméra de Wells capte à merveille l'essence des relations complexes qui unit les membres de la famille Weston, en restant le plus en retrait possible, prenant presque le spectateur comme témoin de chaque scène.

Si la mort du père aurait dut, logiquement, ressouder leurs liens, elle aura in fine un effet complétement inversé, ré-ouvrant toutes les blessures, les vieux et lourds souvenirs du passé dans un combat de coqs ou tous les coups sont permis, ou tout le monde se cherche et se lance des pics pour mieux montrer leur fatigue face à leur éternelle habitude de se déchirer pour un oui ou pour un non.

Dans ce choc des titans, ce sont évidemment Meryl Streep et Julia Roberts qui sortent grandes gagnantes de la distribution, incroyables de sincérité et de profondeur dans des rôles fous, durs mais fragiles à la fois.


Authentique, intense - puisqu'il n’hésite pas une seule seconde à traiter chaque problème qui frappe les personnages -, foutrement réaliste dans son émotion - beaucoup trop même -, mélangeant habilement comédie et tragédie dans une étude intelligente de la complexité du lien familiale et de notre capacité à encaisser le deuil d'un proche, Un Été à Osage County est un mélodrame familiale grave et émouvant, aux dialogues savoureux et nous rappelant au bon souvenir de la cultissime série Six Feet Under.

Si il n'est pas dénué de quelques petits défauts un poil dommageable - la longueur de certaines scènes notamment, voir même l'inutilité d'autres -, il n'en est pas moins un joli hymne à l'amour et à la fraternité.

Car qu'on se le dise, même dans la douleur et dans la détresse, rien n'est plus important et plus fort que la famille...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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