Alice Eve

[CRITIQUE] : Star Trek Into Darkness


Réalisateur : J.J Abrams
Acteurs : Chris Pine, Benedict Cumberbatch, Zachary Quinto, Zoé Saldana, John Cho, Simon Pegg, Anton Yelchin, Alice Eve,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : 185 000 000 $
Genre :  Science-Fiction, Action, Aventure.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h10min.

Synopsis : 
Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…
Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive.
Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.


 Critique :

Été 2009, alors qu'il était mandaté par la Paramount pour relancer une franchise Star Trek de plus en plus à l'agonie, J.J. Abrams explosait toutes les attentes possibles sur ce retour en bon et due forme de l'Enterprise, en démontrant qu'à Hollywood, même aujourd'hui, il était possible de contenter autant les fans d'une saga culte que les simples accros aux blockbusters racé et intelligent, tout en étant très loin d'être un aficionados du matériau d'origine, et encore moins un cinéaste yes man.

385 millions de billets vert plus tard, dont 257 millions sur des terres de l'Oncle Sam follement conquises, le bonhomme était illico appelé à faire aussi bien si ce n'est même mieux, pour cet été, un sacré défi de taille quand on sait que son reboot/prequel frôlait déjà lourdement avec la perfection.

Aucun cinéaste avant lui n'avait su aussi bien fédéré un grand panel de protagonistes, privilégiant leur développement avec minutie sans pour autant en faire pâtir le spectaculaire, les scènes d'actions ayant elles aussi, leur place dans l'intrigue.


Autant le dire tout de suite donc, si faire mieux que Star Trek 2009 était, sur le papier, une mission fortement impossible, le metteur en scène du troisième opus de la dite franchise cher à l'agent Ethan Hunt, a pourtant relever le pari avec maestria, repoussant purement et simplement les limites du blockbuster généralement décérébré des années 2000 (soit la quasi-majorité, exception faite des bijoux de Mr Nolan), pour en faire un grand film épique et populaire, hommage aux grosses productions d'à l'ancienne.

Into Darkness est tout simplement un spectacle ébouriffant et euphorisant, d'une réussite totale.

Plus que la traque incroyable que mène le commandant James T. Kirk, big boss de l'Enterprise, contre le mystérieux terroriste John Harrison (qui se révélera in fine être le terrible et culte... Khan !), qui est bien décidé à zigouiller avec fracas la Starfleet, Into Darkness est surtout une superbe et astucieuse relecture du culte La Colère de Khan (second film de la franchise, et pour beaucoup, l'un des meilleurs jamais réalisés) doublé d'un magnifique récit initiatique sur les aléas extraordinaires d'une équipe, d'une famille soudée dans les épreuves.

Que ce soit de part la construction de l'amitié indéfectible, limite fraternelle, qui unit Spock et Kirk, ou la prise de conscience de ce dernier face aux immenses responsabilités qui l'attendent, Abrams sublime les relations humaines et les morceaux de bravoures, prouvant bien qu'après le bouleversant Super 8, il avait clairement passer le cap de la maturité, et qu'il n'était désormais plus qu'un simple génie de la télévision, mais bel et bien un puissant artisan de talent, capable d'évoluer sur tous les terrains.


Mené tambour battant, bourré d'action et de rebondissements à gogo (les ruptures scénaristiques de bon gout sont ici légion, histoire qu'aucun retour au calme ne s'éternise trop), visuellement à tomber (qu'elle 3D, et dire pourtant que le J.J. n'est pas fan du concept !), remplit jusqu'à la gueule de scènes grandioses (l'intro avec son volcan et ses indigènes, l'attaque sur Klingon, l'arrivée à San Francisco, l'Enterprise tournant sur lui-même, les glissades de Kirk et Harrison/Khan dans l'espace,...) et de références révérencieuses (ça cite du très gros, de La Colère de Khan à Star Wars, en passant par la filmo Spielberg, car en bon héritier du maitre il rendra hommage d'ailleurs dès son intro à son culte Les Aventuriers de l'Arche Perdue), le film vaut surtout pour le génie de son géniteur, Abrams, qui aura su prendre son temps pour cornaqué sa suite, malgré les exigences du studio, offrant au spectateur un épisode unique, reprenant là ou le premier s'était arrêté, mais pouvant vivre également indépendamment de celui-ci.

Avec son pool habituel de scénaristes (Lindelof, Orci et Kurtzman), le metteur en scène a mit plus d'un an pour mettre sur pied son script, et aux vues des excellentes trouvailles qui foisonnent son film (situations, répliques, gags, psychologie des personnages), difficile de ne pas félicité une telle assiduité.

Un script quatre étoiles qui incarne du pain béni pour la pléthore de talents impliqués au casting, Chris Pine et Zachary Quinto y sont plus imposant, Zoe Saldana plus badass et séduisante que jamais, John Cho y est infiniment touchant, Simon Pegg nous fait de nouveau son numèro de trublion succulent (un peu mis à l'écart dans le premier opus) tandis que Benedict Cumberbatch, révélation du métrage et même de tout le septième art tout court, incarne un méchant formidable et impérial (qui avec un sabre laser, pourrait très bien incarner un vilain Sith de Star Wars !), au charisme et au magnétisme foutrement indécent.


Fun, jouissif, drôle (tout comme le premier film), bouleversant, héroïque, époustouflant, maitrisé de bout en bout et filant devant nos yeux à la vitesse de la lumière (malgré une durée flirtant largement avec les deux heures), avec une intro et un final absolument dément, Into Darkness, malgré quelques incohérences, dépoussière et révolutionne la série originale datant de 1966 tout en magnifiant le noyau dur de la mythologie complexe qui fait sa force, et s'impose bien là comme le Vrai premier hit SF de 2013, à défaut de l'avoir eu la semaine passée avec le (très) décevant After Earth de M.Night Shyamalan.

Vivement la suite, même si Star Trek 3 ne sera pas cornaqué par Abrams, occupé à la réal de son Star Wars 7 (dont on ne peut que présager du lourd après Into Darkness).
Pour ceux qui en doute encore, la Force est bel et bien avec le cinéaste, conteur d'histoire absolument génial et qui est définitivement loin, très loin de quitter l'espace et ses étoiles.

La concurrence est prévenue...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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