Amy Adams

[CRITIQUE] : Man of Steel


Réalisateur : Zack Snyder
Acteurs : Henry Cavill, Amy Adams, Russell Crowe, Kevin Costner, Diane Lane, Michael Shannon, Antje Traue, Harry J. Lennix, Christopher Meloni et Laurence Fishburne.
Distributeur : Warner Bros France
Budget : 225 000 000 $
Genre :  Comédie.
Nationalité : Américain, Canadien et Britannique.
Durée : 2h20min.

Synopsis :
Un petit garçon découvre qu'il possède des pouvoirs surnaturels et qu'il n'est pas né sur Terre. Plus tard, il s'engage dans un périple afin de comprendre d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s'il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l'espoir pour toute l'humanité.


Critique :

Quelle étrange situation tout de même, que de voir Zack Snyder dans exactement la même position que Christopher Nolan il y a huit ans, soit face à la mission périlleuse, voir même considérer par beaucoup comme impossible, de refaire revivre un super-héros à l'aura incroyable et culte via une éternelle nouvelle origin story, après un film ayant littéralement chier dans les grandes largeurs sur sa mythologie, pile poil sept piges plus tôt (Batman et Robin de Schumacher d'un côté, Superman Returns de Bryan Singer de l'autre).

Rien que dans la base même de sa production, Man of Steel partage donc des points communs avec Batman Begins, une comparaison évidente (au delà des présences à la production de Chris Nolan, de son frangin Jonathan et de David S. Goyer au script) qu'il sera difficile de ne pas reproduire après vision du premier, tant les deux incarnent des adaptations quasi-parfaites de leurs matériaux d'origines pourtant complexes et exigeants, deux voyages initiatiques aussi fantastiques que spectaculaires, à nul autre pareil.

Prenant franchement son temps pour étaler au mieux sa mythologie (même si il survole assez vite quelques aspects fondamentaux, comme les passages obligés de la découverte de la Forteresse de Solitude et du costume), usant de la même méthode fructueuse sur le reboot de la franchise Batman, soit la naissance du héros, avec un traitement alternant passé et présent, via des flashbacks absolument malins qui nous offrent de nouvelles perspectives face à la découverte des pouvoirs de Clark notamment (ainsi que la mort de Jonathan Kent, qui fout littéralement la larme à l’œil de part sa puissance), MOS réussi l'équilibre pourtant ardu de respecter l’œuvre original tout en lui offrant une nouvelle vision tout à fait unique et inédite.


A l'instar de l'adaptation mère signé par Richard Donner (indiscutablement, l'une des meilleures adaptations de comics de l'histoire), le trio Snyder/Nolan/Goyer caractérise chaque personnage comme une pièce maitresse du puzzle qu'incarne la destinée de Kal El, héros qui, comme jamais auparavant, est dépeint comme un être qui se cherche et qui porte sa différence extraordinaire comme un lourd fardeau, un semi-homme remplit d'états d'âmes, déchiré entre deux pères à l'héritage aussi fort que leur personnalité.

Infiniment plus humain et contemporain, et donc plus enclin à être touché par l'amour et une colère qu'il a si souvent contenu, le Superman version 2013 joue pleinement la carte du presque prophète, du guide qu'a toujours incarner le personnage dans les comics, sans pour autant lourdement insister sur les aspects religieux qui peuvent l'entourer (même si l'aspect messianique est bien pointer du doigt, notamment lors d'un discours entre Clark et un prêtre dans une église), comme ce fut le cas dans le maladroit Returns de Singer.

Même les personnages secondaires y trouvent leur compte dans ce traitement nouvelle formule, Zod est cette fois un Vrai méchant avec de Vraies motivations (autre que de simplement vouloir dominer ou anéantir le monde quoi), loin des délires cartoonesques qui le caractérisait dans Superman 2, et Lois Lane elle, n'est plus du tout la journaliste potiche qui se fout dans des merdes pas possible, Snyder (on connait son amour pour les femmes à tempérament) en fait une reporter forte, déterminée et savoureusement intelligente, sexy et maligne.


Véritable ascenseur émotionnel, démentiel (ça va vite, ça frappe fort, ça explose tout et c'est souvent sublime), bouleversant (dés les trailers déjà, son fort potentiel émotionnel se faisait salement ressentir), drôle (son humour est toujours stratégiquement bien placé), loin d'être romantico-culcul dans sa mise en image de la relation entre Lois et Clark/Superman (ici traité avec intelligence et pudeur), remplit de scènes spectaculaires (les fights anthologiques se comptent à la pelle), de chorégraphies ahurissantes (ça cite clairement l'animation Japonnaise, dans un savoureux mélange entre DBZ et Matrix) et d'une classe folle, la péloche impressionne surtout par son mélange de style, revisitant tout autant le film catastrophe (l'invasion de la Terre d'un ennemi imprévisible face à une armée impuissante renvoi directement au traumatisme d'une Amérique post-9/11, tout comme The Dark Knight), que la SF pure et le film d'invasion d’extraterrestre, au point de nous interroger sur la manière dont comment nous même nous réagirions si un extraterrestre tel que Kal El, venait à faire son arrivée sur Terre.

Généreux, au score dément signé par l'immense Hans Zimmer (même si il n'est pas toujours bien utilisé, son score reste comme sa composition la plus fragile et mélancolique de sa carrière), certes loin d'être dénué de tous défauts (la 3D est propre mais pas forcément utile vu qu'elle gâche la lisibilité de l'action, fonds vert parfois foireux et visible, une chronologie assez hasardeuse, une avalanche d'explosion un chouia épuisante comme un Tranformers de Michael Bay, quelques facilités scénaristiques également par ci par là) mais tellement porté par un casting puissant (Kevin Costner lumineux et trop rare en vecteur principal de l'émotion du métrage, Henry Cavill est solaire et imposant, Russell Crowe hyper juste, Amy Adams magnifique, Diane Lane est toujours aussi belle et touchante et Michael Shannon absolument génial) et un final dantesque (qui rend celui d'Avengers limite pitoyable), qu'on en oublie très vite ses petites erreurs pour ce laisser porter sans résister par ces deux heures vingt enthousiasmante et d'exception spectaculaire.

Rendant hommage au classique sans complétement bâtir son œuvre dessus, Snyder fait de Man of Steel un film somme dans sa carrière en tout point exemplaire (oui, même dans ses nombreux défauts, Sucker Punch était très bon), achevant ici ses fantasmes les plus fous tout en se débarrassant de la majeure partie des petits tics qui faisait tout autant le charme que le défaut de sa filmo (les ralentis incessants, notamment), pour construire le mythe ultime Superman (après avoir tout autant habilement déconstruit celui des Watchmens, dans l'adaptation monumentale du même nom), icône de toutes les icônes, qui postule déjà easy dans la catégorie des meilleurs films de l'année ciné de 2013.


Plus qu'un grand film, une belle promesse de la part d'un réalisateur (Snyder), d'un producteur (Nolan) et d'un héros (Superman), que plus jamais, au grand jamais, les cinéphiles ne seront pris pour des imbéciles tirelires à billets vert tant qu'au moins l'un d'eux, sera en charge de nous divertir à coups de blockbusters monumentaux, dans nos salles obscures.

Marvel/Disney conquièrent le box-office à chaque péloche, DC/Warner cherchent eux, pas toujours adroitement certes, à conquérir nos cœurs avec enthousiasme.

Comme Kal El/Clark, un jour viendra ou le spectateur devra choisir son camp entre les deux écuries reines, pour mon cas, c'est déjà fait depuis bien, bien longtemps...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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