After Earth

[CRITIQUE] : After Earth


Réalisateur : M.Night Shyamalan
Acteurs : Will Smith, Jaden Smith, Zoé Kravitz, Sophie Okenodo, Isabelle Fuhrman...
Distributeur : Columbia Pictures France
Budget : 130 000 000 $
Genre :  Action, Science-Fiction, Aventure.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h40min.

Synopsis : 
Après un atterrissage forcé, Kitai Raige et son père, Cypher, se retrouvent sur Terre, mille ans après que l’humanité a été obligée d’évacuer la planète, chassée par des événements cataclysmiques. Cypher est grièvement blessé, et Kitai s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Il va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et dominent à présent la planète, et combattre une créature extraterrestre redoutable qui s’est échappée au moment du crash.
Pour avoir une chance de rentrer chez eux, père et fils vont devoir apprendre à œuvrer ensemble et à se faire confiance…


Critique :

Tous ceux qui au début des années 2000, après les sorties monumentales de Sixième Sens et Incassable, voyait en M. Night Shyamalan, un futur Steven Spielberg en puissance, roi de l'entertainment racé et intelligent, doivent désormais se bouffer les yeux à la petite cuillère.

Non seulement le bonhomme n'a jamais su réussir a confirmé son potentiel statut (beaucoup trop vite offert par les critiques, on est d'accord) avec ses péloches suivantes, tout aussi divertissant que furent Signes et Le Village, mais surtout en a peine dix ans, il a accomplit la prouesse de devenir le paria number one du tout Hollywood.
La machine à rêve est une putain ingrate on le sait, mais Shyamalan n'est pas à plaindre, sachant qu'il donne autant qu'il le peut le bâton pour se faire frapper plus que de raison.
Shyamalan ou l'exemple parfait du money maker chouchou du système, dorloté à coups de projets bandants avant d'être copieusement lynché, avalé puis salement recraché par l'industrie, le bonhomme ayant eu la mauvaise idée de vouloir construire sa propre légende plutôt que de la servir elle.

Et oui, pour perdurer à Hollywood, que tu t'appelles Steven Spielberg ou Marty Scorcese, il y a une règle et une seule à suivre, ne tourne JAMAIS le dos à l'industrie qui t'as fait naitre, pour ton propre profit personnel.


Avec une sale image de mégalomane suffisant et caractériel (preuve son bras de fer avec Disney à l'époque de La Jeune Fille de L'Eau, que Mickey a bien fait d'éviter) coller avec de la super glue sur le front, le bonhomme revient avec un blockbuster SF imposant et alléchant sur le papier, After Earth, pur produit de commande pour la famille Smith, dont il n'a qu'a peine (c'est une première pour lui) tripoté le script de sa plume.
Un retour aux grosses allures de suicide donc, connaissant le penchant dirigiste du Will quand il se la joue producteur, et surtout la maladresse du metteur en scène quand on lui offre des budgets conséquents (La Jeune Fille de L'Eau, Le Dernier Maitre de L'Air).

Résultat après vision, si le film attirait autant qu'il faisait peur dans les startings blocs de la promo, il parait foutrement plus pâle que prévu à l'arrivée, affreusement soporifique et n'arrivant pas une seule seconde à attirer l'intérêt malgré quelques sublimes plans, une idée loin d'être con (le costume multi-fonctions), un score solide (c'est un minimum de la part de James Newton Howard) et une photographie franchement léchée, After Earth s'est limite le plus mauvais film du Shyami (Phénomène inclus, et pourtant celui-là il en faut des couilles pour le maté entier), et clairement le plus mauvais film de Will Smith depuis... bah depuis toujours presque.

On pouvait s'attendre à un savant mélange entre Je suis une Légende et A la Recherche du Bonheur, au final on a droit à une série Z friquée, pas plus bandante que les atrocités diffusées à 22h30 sur Direct Star.
Ouais, c'est pas avec ça que Shyamalan va concrétiser sa 1000eme seconde chance auprès du public...


Plus que l'ombre de lui-même, il livre un drame intimiste à l'action affreusement minimaliste (toutes les scènes d'actions sont dans la bande annonce) et sans saveur, loin de l'image SF spectaculaire vendu par Sony durant toute une campagne promo décidément rondement bien menée.

Taxé de lourde propagande pro-scientologie (je sais pas perso, je n'y connais rien à cette merde mis à part qu'elle a détourné les géniaux Tom Cruise et John Travolta, donc je m'en balance de cette polémique), le film pâti surtout d'un script incroyablement bateau et sans aucun rythme, écrit à quatre plumes (Gary Whitta, Stephen Gaghan, Mark Boal et Shyamalan), et tronqué par un pseudo message écolo-responsable, aussi mal torché que ceux balancés à l'arrache dans les épisodes tartinés de Dora l'Exploratrice (comme pour Phénomène, tu fais bobo à la nature alors celle-ci se venge, donc si tu veux pas ça dans la réalité, tu lui fais pas bobo...).

Bavard, plat, ennuyeux, archi-poseur et moraliste, ce survival post-apocalyptique ou Will Smith se la joue minimum syndical, en étant cloué sur son fauteuil durant quatre-vingt dix pour cent du métrage, et s'évertuant a prodigué moult conseil à son rejeton, le Padawan Jaden, coincé dans une jungle terrienne inhabitable et de toute manière inhospitalière, aurait réellement pu être grandiose si cette dite épopée d’apprentissage à la dure du jeune Smith/Kitai, puait un minimum le danger (bon, pendant deux minutes t'as un méchant tigre, et puis un aigle pas si méchant aussi, sans oublier la menace invisible, le Ursa qui est un croisement entre un Alien et une sorte de dinosaure), ou encore si la naissance du lien père/fils entre les deux héros, avait été traité avec plus de profondeur et moins de superficialité plombante, remplit de bons sentiments difficilement émouvant.


Mais durant plus d'une plombe et demie il n'en sera rien, on ne s’inquiète pas une seule seconde du sort du mouflet, et encore moins de celui de son pater, et on n'est pas le moindre du monde touché par le lien familiale du duo Smith, plus que prévisible et rebattu (on passe par tous les stades clichés : sentiments de culpabilité via la disparition de la sœur/fille, rancœurs inavouées, autoritarisme du père face à la volonté de s’affirmer du rejeton, pour in fine terminé sur un rapport équilibré et respectueux).
Shyamalan, écrasé par son duo de stars (la preuve, y'a pas de twist sur ce film, sa marque de fabrique !), sous-traite littéralement des thèmes qui lui sont pourtant très chers (la relation père/fils, l'enfance volée, la vengeance de la nature, la matérialisation des sentiments, ou encore la révélation du héros qui sommeille en chacun de nous), et côté interprétation le Will, pourtant idéalement soluble dans l'univers de la SF du bon gout (I Robot, Je suis une Légende), n'a jamais paru aussi peu concerné par un rôle face caméra.

Jaden lui, fait ce qu'il peut pour " reprendre " le flambeau tendu fébrilement par son papounet, entre cascades en tout genre, épreuves physiques et poses iconiques, malgré une palette d'expression proche du néant.

Affreusement décevant et rudimentaire, comparé à la déferlante gustative de prods SF monstrueuses qui va envahir nos salles obscures durant tout l'été (Star Trek Ino Darkness, Pacific Rim, Esilyum, Riddick), After Earth n’atteint même pas le statut d'apéritif.

Un comble quand on sait que jusqu'à présent, Will Smith incarnait avec ces blockbusters le gros plat de résistance de chaque période estival pour tous les cinéphiles fana de cinéma popcorn.

Un cinéaste se meurt, un roi d'Hollywood trébuche salement de son trône, voilà une belle page qui risque de se tournée, et c'est vraiment, vraiment loin d'être enthousiasmant pour le septième art.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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