[CRITIQUE] : Les Héros du Louvre
Réalisateur : Élie Chouraqui
Acteurs : Kad Merad, Marie Gillain, Fantine Guyot, Julia de Nunez,...
Distributeur : Paradis Films
Budget : -
Genre : Drame, Historique.
Nationalité : Français.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
Paris 1939. Amoureux des arts, Babi Maklouf Benhamou exerce le plus beau métier du monde : il est gardien de nuit au musée du Louvre. Mais alors que la Seconde Guerre mondiale éclate et que l’invasion allemande est imminente, Jacques Jaujard, le conservateur du musée, organise le sauvetage secret des œuvres d’art afin qu’elles ne tombent pas aux mains des nazis. Il confie alors à Babi l’un des camions chargés de transporter les chefs-d'œuvre hors de Paris. Babi accepte, à une condition : que toute sa famille l’accompagne… C’est le début d’une aventure familiale épique et dangereuse à travers la France occupée, qui va lier à jamais le destin des trésors du Louvre à celui de la famille de Babi Maklouf…
Au sein du multiverse of madness d'une comédie populaire française qui n'a de cesse de tourner en rond et, encore plus, à recycler les mêmes visages dont les rôles sont frappés eux aussi par le sceau de la redondance; Kad Merad, qui squatte confortablement nos écrans depuis une bonne quinzaine d'années maintenant, n'en est évidemment pas au stade de la frénésie aveugle (même si l'on a frôlé, à un moment, l'overdose euphorique post-Bienvenue chez les Chtis) et désespérante d'un Christian Clavier voire d'un Didier Bourdon qui, quand bien même ils n'ont plus rien à prouver, s'entêtent gentiment à bousiller le peu de capital sympathie qu'il leur reste.
Mais son cas n'en reste pas moins problématique, le bonhomme traînant lourdement deux, trois (en vrai sans doute le quadruple, mais laissez un peu d'optimisme à cette introduction, s'il vous plaît) casseroles indéfendables dans sa besace.
Il s'en distance un brin parce qu'à l'instar de Franck Dubosc (et Robert Pires, une vanne que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître... honte à vous), il est capable de muscler son jeu (comme récemment chez Costa-Gavras, et encore plus quand il se met lui-même en scène) lorsqu'il prend au sérieux des productionsbien plus taillées pour lui, méritant qu'il laisse la carte du guignolo - parfois magique, comme auprès de son compère de toujours, Olivier Baroux - au placard.
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| Copyright Alexandra Fechner Productions – Musée du Louvre – Still Learning |
Les Héros du Louvre d'un Élie Chouraqui personnellement impliqué (le film est adapté de sa propre bande dessinée qui, elle-même, s'inspire directement de la vie de son grand-père, Babi Maklouf, et de sa famille), semblait incarner un terreau prompt à ce qu'il laisse exploser toutes les nuances de son jeu, énième récit s'attachant aux ravages de la Seconde Guerre mondiale à travers un prisme plus intimes - ici le sauvetage secret des œuvres du Louvre, face à l'invasion nazie de 1940, une défiance pour préserver un patrimoine essentiel.
Un pan passionnant et plutôt méconnu (où, tout du moins, pas réellement abordé sur grand écran) de notre histoire collective, qui ne l'est malheureusement jamais à l'écran, moins la faute d'une narration au didactisme affirmé (et, pour le coup, prévisible, où chaque figure ne dépasse jamais les limites de son archétype) mais qui déborde néanmoins d'une sincérité difficilement discutable, que d'une mise en scène léthargique et illustrative, dont l'académisme exacerbé peine à célébrer l'importance de son sujet, et encore moins l'urgence comme la tension d'une Occupation violente et anxiogène, qui a tout ici d'une toile de fond à peine voilée.
Une aventure familialo-historique policée sans corps et programmatique qui surligne artificiellement la moindre de ses tentatives de susciter de l'émotion, et d'où n'émerge - à peine - que la prestation sobre de Merad, qui répond à celle vibrante d'une Marie Gillain plus lumineuse que jamais.
C'est maigre, rachitique même...
Jonathan Chevrier


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