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[CRITIQUE] : La Dernière Patiente


Réalisateur : Rémi Bassaler
Acteurs : Anouk Grinberg, Luàna Bajrami, Félix Lefebvre,...
Distributeur : Tandem
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h20min.

Synopsis :
La veille de son départ à la retraite, Judith, médecin de banlieue, ouvre la porte de son cabinet à Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soin. Confrontée à un système de santé à bout de souffle, Judith accepte d'héberger la jeune femme et s'engage alors dans une nuit où toutes ses convictions de soignante seront mises à l’épreuve.




Figure singulière et au talent pluriel d'un septième art qui l'a révélé devant la caméra de Bertrand Blier (qui en a fait l'une de ses lunes cinématographiques), mais qu'elle a sensiblement délaissé pour lui préférer les planches du théâtre, Anouk Grinberg, souvent (toujours ?) merveilleuse lorsqu'elle est bien dirigée (pour preuve ses dernières prestations en date chez Louis Garrel - L'Innocent -, Martin Provost - Bonnard, Pierre et Marthe - voire même dans le pas fifou film à sketchs Heureux Gagnants de Maxime Govare, qu'elle relève tout comme le tandem Fabrice Éboué/Audrey Lamy), prouve sa propension particulièrement affûtée à naviguer entre la comédie pure et le drame à travers le premier long-métrage du wannabe cinéaste Rémi Bassaler, La Dernière Patiente, qui joue des codes du drame social bien de chez nous, pour mieux exprimer les limites d'un système de santé français lessivé et au bout du rouleau, au détour des deux pôles contraires (dont la relation de confiance a toujours tenu qu'à un fil) qui l'animent - l'incarnation d'un corps médical sur les rotules/en bout de course et de celle qui sont douloureusement exclus d'un parcours médical complet et nécessaire.

Copyright Tandem Films

Soit l'itinéraire, austère et intime, de l'opposition entre Judith, une médecin généraliste de la banlieue nancéienne qui vient - littéralement - d'embrasser son départ à la retraite (comme la fermeture de son prorpe cabinet), et de Aïda, enceinte de huit mois et à la veille de donner la vie, qui n'a pas le moindre suivi médical.
Face à des urgences submergées et ne pouvant laisser la jeune femme seule et démunie, Judith, alors qu'elle n'est plus censée pouvoir s'occuper de patient, décide d'enfreindre la loi et d'héberger la jeune femme en détresse chez elle, pour la suivre médicalement et l'aider au mieux, alors que son inquiétant et toxique compagnon pointe le bout de son nez...

Entre le drame intime à hauteur de femmes unies dans l'adversité, et le pseudo-thriller sauce urgence médicale et menace domestique sourde, le film swingue plus où moins adroitement, moins la faute à une distribution particulièrement investie (notamment une Anouk Grinberg qui donne du corps et de la gravité à son personnage de médecin frondeuse au caractère franchement dominant), qu'à celle d'une mise en scène assez tendre et d'une écriture qui accumule joyeusement les poncifs, le tout frappé d'un rythme en dents de scie qui n'arrange pas vraiment sa popote aux intentions pourtant louable : prôner une sororité/solidarité essentielle et à toute épreuve, à une heure de chaos humain et social où le mot voit sa définition s'étioler de jour en jour.


Jonathan Chevrier