[CRITIQUE/RESSORTIE] : Venise, la lune et toi
Réalisateur : Dino Risi
Avec : Alberto Sordi, Marisa Allasio, Nino Manfredi,...
Distributeur : Solaris Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Italien, Français.
Durée : 1h38min
Date de sortie : 26 août 1959
Date de ressortie : 05 août 2026
Synopsis :
Bepi le gondolier et Nina doivent se marier. Seulement, les incartades de Bepi rendent Nina jalouse surtout quand deux touristes américaines décident elles aussi d’épouser Bepi…
Hey cher lecteur adoré, tu reprendras bien un tout petit peu de vin rital venu des 50s, entre deux blockbusters rutillant made in america qui polarisent (beaucoup trop) l'attention générale ?
Bonne nouvelle, Solaris Distribution se lance dans le sillage des autres distributeurs habitués aux bons coups de la restauration qui fait plaisir aux cinéphiles que nous sommes (comme Splendor Films, Les Films du Camélia, Potemkine ou encore Carlotta Films et Les Acacias : non, on n'oublie jamais de mentionner ceux qui nous gatte), vient mettre un point d'honneur à rendre un peu plus chaud et ensoleillé un été cinéma déjà bien coloré (ET CANICULAIRE), en dégainant une petite douceur made in Italie qui n'a décemment rien de révolutionnaire, mais qui fait savoureusement son office : Venise, la lune et toi d'un Dino Risi au cinéma encore un poil tendre, comédie romantico-légère façon satire amusée et tout en clichés sur les travers de la masculinité italienne, flanquée - comme dit le titre - dans un décor vénitien absolument renversant et dont le cinéaste célèbre autant la beauté incandescente, qu'il tourne gentiment en dérision son pouvoir attractif/touristique et l'économie imposante qu'elle charrie dans une Italie en plein boom économique (elle est cette fameuse « cité des amoureux », poussant chaque acteur local a, justement, jouer son rôle pour la préserver).
L'histoire s'attache aux aternoiements d'un gondolier qui se fait moins un romantique au coeur très (trop) généreux qu'un Casanova du dimanche, Bepi, dont le pouvoir de séduction irrésistible mais loin d'être éclatant aux yeux du spectateur (même s'il apparaît tellement sur de lui, que l'illusion fonctionne presque le temps de quelques séquences), renforce merveilleusement l'absurdité consentie du long-métrage - un Alberto Sordi au timing comique franchement génial.
Le bonhomme charme - littéralement - toutes les femmes alors qu'il est censé épouser la magnifique Nina (magnifique Marisa Allasio), une voisine et amie d'enfance (au grand dam du pauvre Tony - désopilant Nino Manfredi -, manipulateur « mais pas trop » mais surtout excessivement timide et naïf, qui désespère de pouvoir la faire sienne depuis toujours), sensiblement lassé par sa fidélité fragile et sa frivolité exacerbée, qui ne font qu'attiser sa méfiance - légitime - comme sa jalousie.
La situation ne s'améliore d'autant pas alors qu'à quelques jours de leur mariage, il ne quitte pas d'une semelle deux touristes américaines qui tombent vite amoureuses de lui (et se mettent même se mettent en tête de l'épouser !), avant de réaliser sur le tard et sa truffe volubile dans la mouise, qu'il a peut-être tout gâcher avec la femme qu'il aime réellement...
Itinéraire au rythme volontairement nonchalent, d'un Don Juan désastreux et vaniteux que Risi observe avec un regard bienveillant, au point de le rendre étonnamment attachant (lui offrant même une fin heureuse loin d'être mérité), Venise, la lune et toi n'a pas le mordant des plus grands films de son auteur, mais n'en reste pas moins une plaisante et (vraiment) drôle escapade estivale qui mérite amplement sa (re)découverte, d'autant que sa restauration aux petits oignons rend encore un peu plus justice, à la superbe photographie de Tonino Delli Colli.
Jonathan Chevrier

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