[CRITIQUE] : Undertone
Réalisateur : Ian Tuason
Avec : Nina Kiri, Michelle Duquet, Keana Lyn ,...
Budget : -
Distributeur : Condor Distribution
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Canadien.
Durée : 1h34min
Synopsis :
Animatrice d’un podcast consacré aux phénomènes paranormaux, Evy retourne dans la maison de son enfance pour veiller sa mère mourante. Un jour, elle reçoit d’étranges enregistrements. En les diffusant dans son émission, Evy réalise que les événements décrits semblent déteindre sur la réalité. Les sons deviennent de plus en plus troublants, comme si quelque chose cherchait à lui parler. Et plus elle écoute, plus la menace se rapproche.
Difficile de ne pas admettre quz le wannabe cinéaste (et auteur de roman à succès) Ian Tuason, ne fait pas preuve d'ambition avec son premier long-métrage, Undertone, petit midnight movie jonglant entre le huis clos radiophonique et la ghost story/possession démoniaque sauce « creepypastas », où il s'inspire en partie de son expérience personnelle (il a dû revenir dans sa maison natale, qui sert de vrai décor au film, pour s'occuper de ses deux parents, atteints de cancers en phase terminale), pour tenter de composer la carte d'une expérience sensorielle à travers un jeu - plutôt habile - avec le son et le mixage sonore, en s'attachant aux aléas d'une trentenaire, Evy, confinée au domicile de sa mère en phase terminale, soignée par une infirmière en soins palliatifs, enregistrant tard dans la nuit un podcast sur les phénomènes paranormaux qu'elle présente avec son ami, Justin, vivant à Londres - et titré Undertone, wink wink.
Si lui se montre définitivement plus ouvert sur le sujet, se laissant bien plus tenter par la possibilité d'explications surnaturelles à des événements particulièrement étranges, elle se fait la voix de la « raison » où, tout du moins, est plus rationnelle dans son approche de ses phénomènes.
Mais alors que l'enregistrement de leur nouvel épisode, censé s'étendre sur plusieurs nuits (on passera sur le ridicule du rythme de ce planning, voire même sur celui du contenu qui s'annonce férocement ennuyeux), s'inspire d'un lugubre et anonyme mail reçu par Justin, accompagné de dix fichiers audio qui décrivent les étranges conversations d'un couple appelé à devenir parents, et des phénomènes paranormaux inexpliqués qui commencaient à envahir leur foyer.
Mais alors qu'ils les écoutent en direct, ses dits phénomènes commencent à résonner au sein même de la maison d'Evy...
Prenant pour - bon - mantra de départ que ce qui n'est pas montré à l'écran se doit d'être plus effrayant que ce qui l'est, tout en adoptant un prisme salutaire (considérer que les conflits intimes de son personnage vedette se doivent d'être plus lourds et passionnants à suivre, que les événements surnaturels plaqués à l'écran), Tuason peine néanmoins sensiblement au démarrage (un bon tiers ennuyé et ennuyeux, qui ne distille aucune angoisse) avant de réussir à exploiter le malaise comme la paranoïa qu'il instaure autour de l'origine des sons qui commence à tourmenter Evy (avec l'idée que son seul lien vers l'extérieur, est exactement celui qui l'isole de l'intérieur : son casque audio à réduction de bruit, qui la coupe justement et totalement, du bruit ambiant), quand bien même sa mise en scène se fait des plus rudimentaire (voire redondante dans ses effets, comme ses quelques plans à la steadycam), même si elle cartographie admirablement toutes les spécificités de son cadre domestique limité - mais gentiment lugubre -, avec une belle profondeur de champ.
Mais c'est finalement lorsqu'il laisse exploser pleinement son horreur, qu'il abandonne son malaise intime et sobre pour quelque chose de plus physique et énervé, que le cinéaste perd sensiblement le fil et anéanti toute notion de peur, la faute autant à une écriture sans réelle profondeur qui pointe douloureusement ses fragilités/incohérences (une exploitation brouillonne voire presque superficielle - et très A24-core pour le coup - de ses thèmes centraux : l'angoisse de la maternité et d'une grossesse non-désirée, mais surtout l'attente liturgique et la culpabilité filiale d'espérer la mort imminente d'un proche, en grande partie pour l'isolement que sa maladie impose) qu'à une formule très/trop familière (une accumulation presque somme des nombreuses frayeurs que le genre recycle depuis toujours) qui n'hésite pas à se vautrer pellicule la première, dans un symbolisme religieux excessivement marqué (pas au niveau du catho-porn cher au Conjuring-verse, mais pas si loin non plus avec son démon invoqué dans des comptines populaires).
Toute la force de son concept comme de son horreur psychologique résidaient pourtant là, et aurait totalement justifié/contrebalancé la vulnérabilité de son écriture : laisser sa narration être uniquement dictée par l'isolement d'un podcast et de son univers sonore (dans ses outils comme ses limites technologiques, et de lier celles-ci aux troubles intimes d'un personnage), vouer à tordre - parfois jusqu'à l'absurde - le moindre son pour y déceler sa vérité (où celle que l'on veut/pense qu'elle nous donne, et amener par là des hallucinations qui pourraient être le terreau fertile d'une terreur encore plus forte).
Si Tuason annonçait s'inspirer de Mister Babadook, son rendu final se rapproche in fine d'un Paranormal Activity d'une qualité supérieure et avec de vraies séquences efficaces, qui aurait tellement trouvé sa pleine puissance en tant qu'épisode d'une anthologie horrifique (pensez Masters of Horror, pour une durée plus généreuse que la saga V/H/S), où tout simplement d'un... podcast.
L'ironie ?
C'est justement lui qui devrait s'occuper du huitième film de cette saga du côté de chez Blumhouse...
Jonathan Chevrier
Avec : Nina Kiri, Michelle Duquet, Keana Lyn ,...
Budget : -
Distributeur : Condor Distribution
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Canadien.
Durée : 1h34min
Synopsis :
Animatrice d’un podcast consacré aux phénomènes paranormaux, Evy retourne dans la maison de son enfance pour veiller sa mère mourante. Un jour, elle reçoit d’étranges enregistrements. En les diffusant dans son émission, Evy réalise que les événements décrits semblent déteindre sur la réalité. Les sons deviennent de plus en plus troublants, comme si quelque chose cherchait à lui parler. Et plus elle écoute, plus la menace se rapproche.
Difficile de ne pas admettre quz le wannabe cinéaste (et auteur de roman à succès) Ian Tuason, ne fait pas preuve d'ambition avec son premier long-métrage, Undertone, petit midnight movie jonglant entre le huis clos radiophonique et la ghost story/possession démoniaque sauce « creepypastas », où il s'inspire en partie de son expérience personnelle (il a dû revenir dans sa maison natale, qui sert de vrai décor au film, pour s'occuper de ses deux parents, atteints de cancers en phase terminale), pour tenter de composer la carte d'une expérience sensorielle à travers un jeu - plutôt habile - avec le son et le mixage sonore, en s'attachant aux aléas d'une trentenaire, Evy, confinée au domicile de sa mère en phase terminale, soignée par une infirmière en soins palliatifs, enregistrant tard dans la nuit un podcast sur les phénomènes paranormaux qu'elle présente avec son ami, Justin, vivant à Londres - et titré Undertone, wink wink.
Si lui se montre définitivement plus ouvert sur le sujet, se laissant bien plus tenter par la possibilité d'explications surnaturelles à des événements particulièrement étranges, elle se fait la voix de la « raison » où, tout du moins, est plus rationnelle dans son approche de ses phénomènes.
Mais alors que l'enregistrement de leur nouvel épisode, censé s'étendre sur plusieurs nuits (on passera sur le ridicule du rythme de ce planning, voire même sur celui du contenu qui s'annonce férocement ennuyeux), s'inspire d'un lugubre et anonyme mail reçu par Justin, accompagné de dix fichiers audio qui décrivent les étranges conversations d'un couple appelé à devenir parents, et des phénomènes paranormaux inexpliqués qui commencaient à envahir leur foyer.
Mais alors qu'ils les écoutent en direct, ses dits phénomènes commencent à résonner au sein même de la maison d'Evy...
![]() |
| Copyright 2026 Condor Distribution |
Prenant pour - bon - mantra de départ que ce qui n'est pas montré à l'écran se doit d'être plus effrayant que ce qui l'est, tout en adoptant un prisme salutaire (considérer que les conflits intimes de son personnage vedette se doivent d'être plus lourds et passionnants à suivre, que les événements surnaturels plaqués à l'écran), Tuason peine néanmoins sensiblement au démarrage (un bon tiers ennuyé et ennuyeux, qui ne distille aucune angoisse) avant de réussir à exploiter le malaise comme la paranoïa qu'il instaure autour de l'origine des sons qui commence à tourmenter Evy (avec l'idée que son seul lien vers l'extérieur, est exactement celui qui l'isole de l'intérieur : son casque audio à réduction de bruit, qui la coupe justement et totalement, du bruit ambiant), quand bien même sa mise en scène se fait des plus rudimentaire (voire redondante dans ses effets, comme ses quelques plans à la steadycam), même si elle cartographie admirablement toutes les spécificités de son cadre domestique limité - mais gentiment lugubre -, avec une belle profondeur de champ.
Mais c'est finalement lorsqu'il laisse exploser pleinement son horreur, qu'il abandonne son malaise intime et sobre pour quelque chose de plus physique et énervé, que le cinéaste perd sensiblement le fil et anéanti toute notion de peur, la faute autant à une écriture sans réelle profondeur qui pointe douloureusement ses fragilités/incohérences (une exploitation brouillonne voire presque superficielle - et très A24-core pour le coup - de ses thèmes centraux : l'angoisse de la maternité et d'une grossesse non-désirée, mais surtout l'attente liturgique et la culpabilité filiale d'espérer la mort imminente d'un proche, en grande partie pour l'isolement que sa maladie impose) qu'à une formule très/trop familière (une accumulation presque somme des nombreuses frayeurs que le genre recycle depuis toujours) qui n'hésite pas à se vautrer pellicule la première, dans un symbolisme religieux excessivement marqué (pas au niveau du catho-porn cher au Conjuring-verse, mais pas si loin non plus avec son démon invoqué dans des comptines populaires).
![]() |
| Copyright 2026 Condor Distribution |
Toute la force de son concept comme de son horreur psychologique résidaient pourtant là, et aurait totalement justifié/contrebalancé la vulnérabilité de son écriture : laisser sa narration être uniquement dictée par l'isolement d'un podcast et de son univers sonore (dans ses outils comme ses limites technologiques, et de lier celles-ci aux troubles intimes d'un personnage), vouer à tordre - parfois jusqu'à l'absurde - le moindre son pour y déceler sa vérité (où celle que l'on veut/pense qu'elle nous donne, et amener par là des hallucinations qui pourraient être le terreau fertile d'une terreur encore plus forte).
Si Tuason annonçait s'inspirer de Mister Babadook, son rendu final se rapproche in fine d'un Paranormal Activity d'une qualité supérieure et avec de vraies séquences efficaces, qui aurait tellement trouvé sa pleine puissance en tant qu'épisode d'une anthologie horrifique (pensez Masters of Horror, pour une durée plus généreuse que la saga V/H/S), où tout simplement d'un... podcast.
L'ironie ?
C'est justement lui qui devrait s'occuper du huitième film de cette saga du côté de chez Blumhouse...
Jonathan Chevrier



.jpg)






