[CRITIQUE/RESSORTIE: Enamorada
Réalisateur : Emilio Fernández
Avec : María Félix, Pedro Armendariz, Fernando Fernández,...
Distributeur : Les Films du Camelia
Budget : -
Genre : Comédie, Drame, Romance.
Nationalité : Mexicain.
Durée : 1h38min
Date de sortie : 29 août 1947
Date de ressortie : 05 août 2026
Synopsis :
Pendant la Révolution mexicaine, les troupes du général José Juan Reyes envahissent la ville tranquille de Cholula pour s’emparer de la fortune de ses habitants et financer leur armée. Au cours des événements, Reyes fait la connaissance de Beatriz Penafiel, fille de l’homme le plus riche de la ville. Captivé par la beauté de cette femme, mais troublé par son arrogance, le général est prêt à tout pour la séduire.
Du cinéma du faiseur de rêves (et comédien, notamment chez Hustonet Peckinpah) particulièrement prolifique Emilio Fernández, figure phare de l'âge d'or de la production cinématographique mexicaine (au même titre que Luis Buñuel, Roberto Gavaldón ou encore Julio Bracho), nous en avons un souvenir plutôt frais grâce, justement, au distributeur - toujours dans les bons coups - Les Films du Camélia, qui avait accroché deux pépites de sa filmographie à travers deux fantastiques rétrospectives en 2023.
Les Bas-fonds de Mexico aka Salón México tout d'abord, via la rétro 5 Films noirs de l'âge d'or du cinéma mexicain (sorte de prémisse du film de cabaret qui se fait le cousin mélodramatico-noir du Stella Dallas de King Vidor, vissé autour des atermoiements d'une pure figure christique sacrificielle - superbe Marga López -, un mélodrame incroyablement sombre et pessimiste dans sa vision du Mexique de la fin des années 40, dont la mise en scène dynamique capturait les séquences de danse d'une manière explosivement sensuelle, le tout en s'appuyant sur la photographie solaire de Gabriel Figueroa), puis le tout aussi excellent Victimes du péché, dégainé au coeur de la superbe rétrospective Ninón Sevilla, La Vénus d’or du cinéma mexicain (tout autant mélo aux effets dramatiques démesurés - toujours à la lisière du grotesque -, que film noir et même pure comédie musicale, tout en sensualité et rythmé par la cadence effrenée de ses danses enflammées, une séance fiévreuse et haletante qui s'autorise tous les excès du genre - quitte à s'en brûler les ailes -, où les hommes ont le cœur froid et les femmes le sang chaud, au plus près du corps et du coeur d'une Sevilla solaire, lancée dans une quête perdue d'avance de vaincre la précarité profonde d'un patriarcat violent, humiliant et imperturbable).
Trois ans plus tard, la firme remet le couvert avec Enamorada, belle comédie burlesque mâtinée de mélodrame romantique flanquée en pleine Révolution mexicaine, prenant pour cadre une petite ville gentiment conservatrice, Cholula, terres jusqu'ici tranquilles que les troupes zapatistes du général José Juan Reyes (Pedro Armendáriz, tout en nuances délicates et d'une vulnérabilité touchante) vont piller sans trop d'efforts, à la différence de la quête de celui-ci pour conquérir le coeur de l'indomptable Beatriz (une éblouissante María Félix), fille de l’homme le plus riche de la ville qu'il a séquestré (y'a difficilement pire comme point de départ), qui répondra d'un mépris affirmé et pétri d'arrogance à ses avances - plutôt insistantes -, avant de lentement mais sûrement se laisser consumer par les flèches de Cupidon...
Embaumé dans un noir et blanc absolument somptueux (avec, encore une fois, l'immense Gabriel Figueroa à la photographie, que sublime cette restauration affûtée), Enamorada est le symbole même d'un cinéma dont la rigueur comme l'exigence (esthétique, formelle et narrative, même d'une simplicité aussi affirmée) n'a d'égale que la grâce et passion dévorante qui débordent de sa pellicule, comme s'il permettait à la grandeur des fresques Hollywoodiennes de se libérer de leurs contours conventionnels (mais pas totalement se tous ses codes pour autant), pour embrasser une poésie et une sensualité exacerbées, un désir profond et ardent pour envahir chaque bordure du cadre censé retenir sa fougue.
Une aubaine pour une union conflictuelle comme celle qui unit Beatriz et José Juan, une opposition des contraires (classes sociales, personnalités, politiques,...) aux rapports de force inversés (elle est une riche héritière d'une famille conservatrice, il est un général de guerre révolutionnaire), qui se doit de supplanter l'ordre établi comme les apparences pour exister, pour affirmer sa pureté et sa sincérité.
Pétri d'audace (ses ruptures de ton en laissera plus d'un sur le carreau) et d'humanité, dominé par un tandem Félix/Armendáriz tout simplement renversant, Enamorada est une (re)découverte qui défend chèrement son pesant de pop-corn, même au coeur d'un été caniculaire bourré jusqu'à la poire en ressorties exceptionnelles et immanquables...
Jonathan Chevrier
Avec : María Félix, Pedro Armendariz, Fernando Fernández,...
Distributeur : Les Films du Camelia
Budget : -
Genre : Comédie, Drame, Romance.
Nationalité : Mexicain.
Durée : 1h38min
Date de sortie : 29 août 1947
Date de ressortie : 05 août 2026
Synopsis :
Pendant la Révolution mexicaine, les troupes du général José Juan Reyes envahissent la ville tranquille de Cholula pour s’emparer de la fortune de ses habitants et financer leur armée. Au cours des événements, Reyes fait la connaissance de Beatriz Penafiel, fille de l’homme le plus riche de la ville. Captivé par la beauté de cette femme, mais troublé par son arrogance, le général est prêt à tout pour la séduire.
Du cinéma du faiseur de rêves (et comédien, notamment chez Hustonet Peckinpah) particulièrement prolifique Emilio Fernández, figure phare de l'âge d'or de la production cinématographique mexicaine (au même titre que Luis Buñuel, Roberto Gavaldón ou encore Julio Bracho), nous en avons un souvenir plutôt frais grâce, justement, au distributeur - toujours dans les bons coups - Les Films du Camélia, qui avait accroché deux pépites de sa filmographie à travers deux fantastiques rétrospectives en 2023.
Les Bas-fonds de Mexico aka Salón México tout d'abord, via la rétro 5 Films noirs de l'âge d'or du cinéma mexicain (sorte de prémisse du film de cabaret qui se fait le cousin mélodramatico-noir du Stella Dallas de King Vidor, vissé autour des atermoiements d'une pure figure christique sacrificielle - superbe Marga López -, un mélodrame incroyablement sombre et pessimiste dans sa vision du Mexique de la fin des années 40, dont la mise en scène dynamique capturait les séquences de danse d'une manière explosivement sensuelle, le tout en s'appuyant sur la photographie solaire de Gabriel Figueroa), puis le tout aussi excellent Victimes du péché, dégainé au coeur de la superbe rétrospective Ninón Sevilla, La Vénus d’or du cinéma mexicain (tout autant mélo aux effets dramatiques démesurés - toujours à la lisière du grotesque -, que film noir et même pure comédie musicale, tout en sensualité et rythmé par la cadence effrenée de ses danses enflammées, une séance fiévreuse et haletante qui s'autorise tous les excès du genre - quitte à s'en brûler les ailes -, où les hommes ont le cœur froid et les femmes le sang chaud, au plus près du corps et du coeur d'une Sevilla solaire, lancée dans une quête perdue d'avance de vaincre la précarité profonde d'un patriarcat violent, humiliant et imperturbable).
Trois ans plus tard, la firme remet le couvert avec Enamorada, belle comédie burlesque mâtinée de mélodrame romantique flanquée en pleine Révolution mexicaine, prenant pour cadre une petite ville gentiment conservatrice, Cholula, terres jusqu'ici tranquilles que les troupes zapatistes du général José Juan Reyes (Pedro Armendáriz, tout en nuances délicates et d'une vulnérabilité touchante) vont piller sans trop d'efforts, à la différence de la quête de celui-ci pour conquérir le coeur de l'indomptable Beatriz (une éblouissante María Félix), fille de l’homme le plus riche de la ville qu'il a séquestré (y'a difficilement pire comme point de départ), qui répondra d'un mépris affirmé et pétri d'arrogance à ses avances - plutôt insistantes -, avant de lentement mais sûrement se laisser consumer par les flèches de Cupidon...
Embaumé dans un noir et blanc absolument somptueux (avec, encore une fois, l'immense Gabriel Figueroa à la photographie, que sublime cette restauration affûtée), Enamorada est le symbole même d'un cinéma dont la rigueur comme l'exigence (esthétique, formelle et narrative, même d'une simplicité aussi affirmée) n'a d'égale que la grâce et passion dévorante qui débordent de sa pellicule, comme s'il permettait à la grandeur des fresques Hollywoodiennes de se libérer de leurs contours conventionnels (mais pas totalement se tous ses codes pour autant), pour embrasser une poésie et une sensualité exacerbées, un désir profond et ardent pour envahir chaque bordure du cadre censé retenir sa fougue.
Une aubaine pour une union conflictuelle comme celle qui unit Beatriz et José Juan, une opposition des contraires (classes sociales, personnalités, politiques,...) aux rapports de force inversés (elle est une riche héritière d'une famille conservatrice, il est un général de guerre révolutionnaire), qui se doit de supplanter l'ordre établi comme les apparences pour exister, pour affirmer sa pureté et sa sincérité.
Pétri d'audace (ses ruptures de ton en laissera plus d'un sur le carreau) et d'humanité, dominé par un tandem Félix/Armendáriz tout simplement renversant, Enamorada est une (re)découverte qui défend chèrement son pesant de pop-corn, même au coeur d'un été caniculaire bourré jusqu'à la poire en ressorties exceptionnelles et immanquables...
Jonathan Chevrier

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