[CRITIQUE] : Une affaire turque
Réalisateur : Hüseyin Aydin Gürsoy
Acteurs : Lionel Erdogan, Charles Berling, Metehan Aygün, Lubna Azabal,...
Budget : -
Distributeur : Paname Distribution
Genre : Thriller.
Nationalité : Français.
Durée : 1h32min
Synopsis :
Mathieu s’est éloigné de sa communauté turque pour grimper l’échelle sociale. Avocat déterminé, il travaille dur pour devenir associé dans un influent cabinet d’affaires parisien. L’irruption dans sa vie d’un jeune turc en situation précaire ayant besoin d’aide va le précipiter dans une affaire de corruption mettant en péril tout ce qu’il a bâti.
Si le septième art est une jungle impitoyable où la moindre faute de parcours est souvent payée cash (sauf quand on a des totems d'immunités, a l'instar des triplés maudits du Multiverse of Madness de la comédie française Christian Clavier/Didier Bourdon/Gérard Darmon), gageons qu'il y a tout de même des comédiens et des comédiennes qui ne mettent pas toujours toutes les chances de leurs côtés - consciemment où non -, pour essayer de percer.
Avec une carrière des plus décentes sur le petit écran (Marseille, Engrenages,...) et au théâtre, Lionel Erdogan fait décemment parti de cette particulièrement riche liste, lui dont la dernière grosse apparition au cinéma se résume à incarner le lead masculin du gros étron L'heureuse Élue signé Frank Bellocq (le catastrophique Happy Nous Year, déjà avec Camille Lellouche), geste cinématographique (rien que l'écrire fait frôler l'infarctus), sommet d'embarras aussi humoristiquement paresseux que son écriture était des plus caricaturale et tout en quiproquos ampoulés.
Typiquement le type de proposition où il ne pouvait décemment rien prouver ni proposer (il y campe le rejeton d'une famille blindée, qui tente de soutirer encore plus de pognons à ses riches parents en engageant une chauffeuse Uber gaffeuse et sans filtre, pour se faire passer pour sa future femme), si ce n'est la dégradation d'une ascension encore fermement bloquée dans les starting-blocks.
Quelle surprise, assez folle, de leur voir passer du tout au tout avec Une affaire turque, estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste Hüseyin Aydin Gürsoy, solide film de genre co-écrit avec la plume de Ludovic du Clary (Paternel).
Acteurs : Lionel Erdogan, Charles Berling, Metehan Aygün, Lubna Azabal,...
Budget : -
Distributeur : Paname Distribution
Genre : Thriller.
Nationalité : Français.
Durée : 1h32min
Synopsis :
Mathieu s’est éloigné de sa communauté turque pour grimper l’échelle sociale. Avocat déterminé, il travaille dur pour devenir associé dans un influent cabinet d’affaires parisien. L’irruption dans sa vie d’un jeune turc en situation précaire ayant besoin d’aide va le précipiter dans une affaire de corruption mettant en péril tout ce qu’il a bâti.
Si le septième art est une jungle impitoyable où la moindre faute de parcours est souvent payée cash (sauf quand on a des totems d'immunités, a l'instar des triplés maudits du Multiverse of Madness de la comédie française Christian Clavier/Didier Bourdon/Gérard Darmon), gageons qu'il y a tout de même des comédiens et des comédiennes qui ne mettent pas toujours toutes les chances de leurs côtés - consciemment où non -, pour essayer de percer.
Avec une carrière des plus décentes sur le petit écran (Marseille, Engrenages,...) et au théâtre, Lionel Erdogan fait décemment parti de cette particulièrement riche liste, lui dont la dernière grosse apparition au cinéma se résume à incarner le lead masculin du gros étron L'heureuse Élue signé Frank Bellocq (le catastrophique Happy Nous Year, déjà avec Camille Lellouche), geste cinématographique (rien que l'écrire fait frôler l'infarctus), sommet d'embarras aussi humoristiquement paresseux que son écriture était des plus caricaturale et tout en quiproquos ampoulés.
Typiquement le type de proposition où il ne pouvait décemment rien prouver ni proposer (il y campe le rejeton d'une famille blindée, qui tente de soutirer encore plus de pognons à ses riches parents en engageant une chauffeuse Uber gaffeuse et sans filtre, pour se faire passer pour sa future femme), si ce n'est la dégradation d'une ascension encore fermement bloquée dans les starting-blocks.
Quelle surprise, assez folle, de leur voir passer du tout au tout avec Une affaire turque, estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste Hüseyin Aydin Gürsoy, solide film de genre co-écrit avec la plume de Ludovic du Clary (Paternel).
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Un galop d'essai pas exempt de facilités certes mais proposant une immersion particulièrement prenante dans le quotidien d'une identité troublée qui ne sait pas où est réellement sa place, celle d'un avocat d'affaires tellement déterminé à grimper l’échelle sociale et à devenir associé dans un influent cabinet d’affaires parisien, qu'il n'a pas hésité à renier en grande partie, ses liens avec les siens et sa communauté turque - voire même à changer de prénom, passant de Mustafa à Mathieu.
Un transfuge de classe dont le lourd tribu des mensonges comme des sacrifices engagés, vont se rappeler à lui lorsqu'il va mettre les pieds dans une affaire de corruption à l'échelle même des hautes sphères qu'il rêve d'atteindre, en aidant un jeune chauffeur de taxi turc en situation précaire qui ne va pas jouer le " jeu " des plus forts...
Swinguant plutôt habilement sur le groove d'un thriller social sauce descente aux enfers joliment tenu malgré un rythme un poil trop boiteux pour son bien, qui traite sans s'embourber de thématiques plutôt complexes (corruptions institutionnelles, racisme/violence décomplexée des élites face à une justice sociale fantomatique, discrimination et stigmatisation religieux/culturelle voire même, plus largement, un questionnement des contradictions derrière la notion d'intégration,...), tout en offrant une immersion résolument inédite au coeur de la communauté franco-turque parisienne; Une affaire turque gentiment tendu et pessimiste, ne serait sans doute pas aussi percutant sans la prestation nuancée et charismatique de Lionel Erdogan, qui capture à merveille l'inconfort constant d'un homme trop conscient de ce qu'il a à perdre, et irrémédiablement coincé entre deux univers/cultures opposées.
Une chouette séance donc.
Jonathan Chevrier
Un transfuge de classe dont le lourd tribu des mensonges comme des sacrifices engagés, vont se rappeler à lui lorsqu'il va mettre les pieds dans une affaire de corruption à l'échelle même des hautes sphères qu'il rêve d'atteindre, en aidant un jeune chauffeur de taxi turc en situation précaire qui ne va pas jouer le " jeu " des plus forts...
Swinguant plutôt habilement sur le groove d'un thriller social sauce descente aux enfers joliment tenu malgré un rythme un poil trop boiteux pour son bien, qui traite sans s'embourber de thématiques plutôt complexes (corruptions institutionnelles, racisme/violence décomplexée des élites face à une justice sociale fantomatique, discrimination et stigmatisation religieux/culturelle voire même, plus largement, un questionnement des contradictions derrière la notion d'intégration,...), tout en offrant une immersion résolument inédite au coeur de la communauté franco-turque parisienne; Une affaire turque gentiment tendu et pessimiste, ne serait sans doute pas aussi percutant sans la prestation nuancée et charismatique de Lionel Erdogan, qui capture à merveille l'inconfort constant d'un homme trop conscient de ce qu'il a à perdre, et irrémédiablement coincé entre deux univers/cultures opposées.
Une chouette séance donc.
Jonathan Chevrier


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