[CRITIQUE] : Tombé du ciel
Réalisateur : Mohamed Hamidi
Avec : Ilyes Djadel, Josiane Balasko, Fred Testot, Jamel Debbouze,…
Budget : -
Distributeur : SND
Genre : Comédie, Famille.
Nationalité : Français.
Durée : 1h32min
Synopsis :
Ilyes mène une vie joyeuse dans la banlieue de Roubaix. Seul problème : le bac. Après avoir échoué deux fois, c’est sa dernière chance de l’avoir et de rendre enfin fier ses parents. Mais un incendie survient pendant le bac blanc, et on l’accuse d’en être à l’origine… Exclu de son lycée, il doit quitter son quartier et aller dans le seul établissement qui l’accepte : le pensionnat catholique de Saint-Albert-le-Grand, en Bourgogne. Entre choc des cultures et quête de rédemption, Ilyes va devoir surmonter ses préjugés… Et ceux des autres.
On reproche souvent à la comédie française populaire de manquer de sincérité et cela n’est pas nécessairement faux quand on reste en surface de nombreux titres. Difficile en effet de ne pas sentir la facilité du côté codifié, qui rassure les producteurs mais aussi une certaine audience qui sait ce qu’elle va voir quand elle se rend au cinéma pour voir un de ces films avec l’espoir assez simple (et non négligeable) de passer un bon moment en riant. En ce sens, on pourra regretter par moments le côté attendu de Tombé du ciel car on ne peut à aucun moment lui renier la sincérité de sa vedette titre.
Comme il nous l’a confié en interview, Ilyes Djadel, acteur principal et coscénariste, est parti de sa propre expérience pour faire cette comédie sur un jeune de cité devant faire ses études dans une institution catholique. Il est même satisfaisant de voir la banlieue représentée comme un lieu d’unité et de soutien, à mille lieues des à priori renforcés par certains médias. Le fait d’y faire résonner les inquiétudes d’intégration de notre héros dans un milieu catholique renvoie invariablement à l’actualité, comme appuyé par certaines saillies humoristiques.
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En cela, on sent le cœur d’une société qui cherche l’union malgré les impératifs moraux et financiers des adeptes de la division, ce qui ajoute une couche non négligeable à un long-métrage qui ne manque pas d’intentions. Il devient alors un peu dommageable que le film se limite dans le reste à une narration des plus attendues, comme si elle devait se remettre dans une mécanique de comédie plus prévisible alors même que ses instants plus sincères, proches du regard subi par notre protagoniste principal, s’avèrent nourris par la communion, loin justement des clichés habituels que l’on peut subir aussi bien dans la fiction que sur le plus petit écran.
C’est pour cela que nous avons malgré tout passé un bon moment devant Tombé du ciel, ne révolutionnant nullement une formule qui alourdit malheureusement sa progression narrative mais qui a la sympathie et la sincérité d’admettre ses contours et son envie de bien commun. Rappeler l’importance du rire ensemble dans une période où le rejet est constant pourra sembler naïf à certains (et on le comprendra), mais intégrer cela honnêtement dans un moule comique attendu, quitte à en subir ses aspérités, mérite malgré tout d’être reconnu, surtout quand on entreprend de démonter des clichés médiatiques destructeurs. Cela ne plaira évidemment pas à tout le monde mais l’intention se doit d’être soulignée.
Liam Debruel


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