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[CRITIQUE] : Jackass : Le meilleur pour la fin


Réalisateur : Jeff Tremaine
Acteurs :  Johnny Knoxville, Steve-O, Chris Pontius,...
Distributeur : - (Paramount Pictures France)
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h32min.

Synopsis :
Cinquième volet de la franchise Jackass.




Bien avant que les bouffonneries stupides et souvent dangereuses ne deviennent un contenu hautement familiers sur YouTube, Twitter ou encore TikTok, il y avait Jackass (et Dirty Sanchez, sa version Lidl), une bande de cascadeurs amateurs/meilleurs copains qui s'abimaient volontairement leurs corps de la manière la plus absurde qui soit, uniquement pour le simple plaisir des autres - eux-mêmes mais aussi et surtout les spectateurs.
Passé d'une émission télévisée populaire sur MTV à une lucrative franchise cinématographique où les défis physiques sont devenus encore plus ridiculeusement (et jouissivement, pour le spectateur) périlleux, l'oeuvre de Jackass semblait vivre de son bel héritage aussi bien viral (les innombrables calques sur internet) que sur grand écran (Eric Andre, que ce soit avec The Eric Andre Show où son Bad Trip, et qui assume totalement son affiliation au point de ne pas hésiter à apparaître avec eux à l'écran), et n'appelait pas forcément à un come-back, d'autant que le poids des années commencent gentiment à se faire sentir pour toute la bande.

Copyright Paramount Pictures

Mais la clique de Johnny Knoxville et Steve-O n'ont pas attendu de savoir si nous avions besoin de les voir torturer leurs corps et se tirer dessus avec des canons de plus en plus imposants : en 2022 tout d'abord, avec un Jackass Forever qui, à l'époque et passé deux ans de pandémie psychologiquement éprouvante, avait tout d'un adieu aussi déglingué qu'il était d'une nostalgie hardcore émouvante, et enfin en 2026, toujours loin des salles obscures par chez nous (shame on you Paramount Pictures, shame on you), avec Jackass : Best and last aka Le meilleur pour la fin, ultime ligne d'un héritage potache et fabuleux où la bande prouve que la flamme de sale gosse maso et pervers qui les anime, était encore prête à brûler la pellicule une dernière fois.

Alors oui, leur dernière heure - symbolique, même s'ils ont tout fait pour réellement s'en approcher physiquement - est enfin arrivée (mais la jeune garde, dont Sean « Poopies » McInerney et Rachel Wolfson, sont là pour assurer la relève), raison de plus, au-delà d'une touchante célébration des exploits passés, pour enchaîner les stupidités trash avec une gourmandise encore plus affirmée (même si Knoxville, qui a donné son corps à la science plus que de raison, joue plus ici les maîtres de cérémonie), crachant à la gueule du temps qui passe leur refus de laisser mourir l'esprit punk qui vibrait en eux, fustigeant la légende qui voudrait que l'on devienne plus sage avec l'âge.

Copyright Paramount Pictures

Et il n'y a finalement rien de plus familièrement réconfortant à voir ces lascars provoquer dangereusement des animaux sauvages - voire des robots -, beaucoup trop s'amuser avec l'électricité où titiller un peu trop leurs organes génitaux comme leurs fondements (on t'aime Steve-O) tant, même dans la douleur, ils n'ont jamais peur de s'amuser, de se faire rire les uns des autres (mais aussi leur auditoire) et de repousser leurs limites pour la gloire du Dieu connerie et d'une amitié qui défie le temps, la dépravation et la folie (certains flashbacks sont émotionnellement fort, et encore plus pour les fans de la troupe/famille Jackass).
Une célébration simple, régressive et dénuée de toute négativité, du plaisir de laisser s'exprimer la stupidité dans ce qu'elle a de plus créative et craspec (comme la pire partie de Twisters que vous verrez de votre vie).

Toute bonne chose a une fin comme on dit (oui, même les auto-flagellations les plus extrêmes ont leurs limites) et bordel, ils vont sacrément nous manquer...


Jonathan Chevrier