Breaking News

[CRITIQUE] : Desert Warrior


Réalisateur : Rupert Wyatt
Avec : Anthony Mackie, Aiysha Hart, Ben Kingsley, Sharlto Copley, Sami Bouajila,...
Distributeur : HBO Max France
Budget : -
Genre : Action, Historique.
Nationalité : Américain, Saoudien.
Durée : 1h54min.

Synopsis :
Dans l’Arabie du VIIᵉ siècle, la princesse Hind refuse le destin qui lui est imposé et s’oppose à l’empereur tyrannique Kisra, déterminé à faire d’elle sa concubine. En fuite à travers le désert aux côtés de son père, elle devient la cible d’une armée implacable et n’a d’autre choix que de s’allier à un bandit légendaire, hanté par un lourd passé. De princesse pourchassée à redoutable guerrière, Hind parvient à unir des tribus rivales pour livrer la bataille décisive de Dhi Qar, un affrontement historique qui marquera à jamais le destin de la région.




Serait-ce la folie d'un été caniculaire où chaleur nous a fait méchamment squatter les salles obscures munies d'une climatisation (le Saint Graal absolu, plus important encore que celui cherché par Indiana Jones et son 007 de papounet), mais il y a un plaisir, infiniment pervers et qui ne peut que s'apparenter à de l'auto-flagellation consentie (oui, on aime se faire du mal... et si toi aussi tu aimes ça, tape 3615 FCTeam sur ton minitel), à se perdre dans la vision de VRAIS mauvais films, un art froutement difficile qui demande non pas une paresse, mais bien une véritable propension à, parfois au-delà de toute volonté, empiler les mauvais choix dans une sorte de partie bigger than life de Tetris où personne ne gagne réellement, même avec le plus parfait des alignements.

Et dans cet art de mal faire, la co-production américano-saoudienne Desert Warrior d'un Rupert Wyatt qui jusqu'ici avait une carrière plus qu'honorable (La Planète des singes : Les Origines, The Gambler et Captive State sont d'excellents divertissements), semblait tutoyer des cimes que même le nanardesque War of The Worlds de Rich Lee avec un Ice Cube moins expressif qu'un recoin de porte, ne s'était pas hasarder à atteindre.

Copyright Vertical

Dégueulé sans tambours ni trompettes par chez nous du côté d'une HBO Max qui n'allait pas se fouler l'antenne pour le promouvoir (c'est déjà pas la folie pour son gros hit DC, Lanterns...), plombé par une post-production en roue libre (le film a été tourné en... 2021) et porté par un casting de mercenaires habitués des gaudrioles dégainées directement en VOD (Aiysha Hart, Sami Bouajila mais surtout Anthony Mackie, Sharlto Copley et Ben Kingsley, pas à un mauvais choix près dans leur filmographies), le film, sensiblement l'un des plus gros flops de récente mémoire (150M$ de budget, pas un petit investissement pour jouer les Cheval de Troie du gouvernement saoudien pour s'ouvrir au cinéma mondial : 759 228 $ au box-office mondial, pas même de quoi rembourser le budget cantine...), est décemment à la hauteur des attentes... les pires, évidemment.

Pur blockbuster impersonnel et mal rythmé dont les velléités d'incarner un imposant drame historique sous un prisme occidental (sur la bataille décisive de Dhi Qar, point culminant d'une intrigue tournant d'une princesse s'opposant à son mariage imposé avec l’empereur tyrannique Kisra, avec l'aide de son paternel et d'un bandit légendaire), doublé d'un vrai grand film d'aventure à l'ancienne, se heurtent à un révisionnisme purement Hollywoodien saupoudré d'une écriture creuse (une célébration banale du courage, de l'honneur et de la droiture face à la brutalité et à la tyrannie) et caricaturale as hell (tous les personnages incarnent des archétypes taillés à la serpe); Desert Warrior, dont on ne sauve que la musique de Dan Levy et la photographie de Guillermo Garza (seules lueurs d'ambition dans le néant), est tellement générique et sans âme qu'il en devient oppressant (il redéfinit même la notion de montage bâclé), lui dont le souffle épique s'est perdu comme un pet dans les vents chaotiques d'une tempête de sable.

Le plus drôle dans tout ça ?
Hollywood nous a déjà proposé bien pire...


Jonathan Chevrier