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[FUCKING SERIES] : The Hawk saison 1 : Will Gilmore et son Ferrell (mojo) perdu



(Critique - avec spoilers - de la saison 1)



Et si ce bon vieux Will Ferrell avait définitivement perdu son mojo ?
La question fait mal, évidemment, mais le constat est que le bonhomme enchaîne les déconvenues depuis une bonne décennie maintenant, période où un humour US méchamment à l'agonie à lentement mais sûrement fait migrer ses meilleurs représentants et leurs potacheries du côté des plateformes de streaming, les banissant de salles obscures où les rires gras et complices semblent désormais bannis.

Jadis roi du box-office sur ses terres, quasi-has been ou presque dans le reste du monde (dont la France, le fruit d'une distribution totalement flinguée de ses comédies), même si il est l'objet d'un culte assez important, le grand Will, au même titre qu'un Adam Sandler qui a opéré bien plus intelligemment (économiquement comme artistiquement) sa transition du côté de lanfirme au Toudoum Netflix, est donc désormais condamné à laisser s'exprimer sa folie " white trash " (un cocktail de débilité mal torchée, de suffisance virile toujours mal placée de potacherie à la limite de la poésie) dans un cadre plus étriqué, où il n'est plus que l'ombre de lui-même, ressassant sa gloire passée en recyclant éternellement les mêmes rôles dans des déclinaisons de plus en plus fragiles, même si son investissement reste (mais encore pour combien de temps ?) toujours aussi intact.

Copyright Colleen E Hayes/Netflix

Si, sur le papier, la série The Hawk avait tout d'un retour aux sources salvateur - une parodie sportive comme à la belle époque -, même si elle ressemblait dans le même mouvement, à un léger rip-off opportuniste et maladroit du Happy Gilmore 2 du Sandman (dégainée pile poil un an après sa suite, produite et distribuée par... Netflix, pas de hasard), elle ne se fait in fine que le symbole d'une magie perdue, celle d'un doux dingue qui sait cruellement que le pic de sa carrière est derrière lui, mais qui tente de s'offrir quelques derniers runs nostalgiques avant l'éternel repos du guerrière benêt qu'il est.

En ex-gloire du golf qui tente un ultime tour de piste pour s'offrir un chimérique Grand Chelem, tout en se rapprochant d'un rejeton à qui il a transmit son amour du swing, Ferrell ressort sa sempiternelle panoplie d'enfant attardé et narcissico-deconnecté avec un plaisir non feint, dynamisant à coups de dialogues scato-potaches et de numéros mémorables aux côtés de deux collaborateurs de longue date (les mésestimés Molly Shannon - toujours aussi volcanique - et Luke Wilson), le rythme un brin laborieux d'une série dont la narration se contredit (souvent) elle-même, quand elle ne se perd pas dans des rebondissements et autres sous-intrigues dispensables - jusqu'à un dénouement passablement frustrant.

Copyright Colleen E Hayes/Netflix

Un écrin perfectible qui n'a rien à dire ou presque sur son sport comme sur ses personnages (à la différence de Happy Gilmore qui, même dans ses grosses facilités, cherchait quand-même à mettre un peu de ciment dans ses fondations), et qui ne permet pas à un Will Ferrell à l'énergie pourtant encore débordante, de n'être plus que l'ébauche, le fantôme de ses grands rôles passés, de Ron Burgundy à Ricky Bobby en passant par Jackie Moon.
Alors non, le bonhomme n'a pas encore totalement perdu son mojo, mais personne ne semble réellement capable de le laisser nous prouver le contraire...


Jonathan Chevrier