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[CRITIQUE] : La Bouche du Diable


Réalisateur : Jeff Wadlow
Avec : Kathryn Newton, Lana Condor, Gavin Casalegno,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h45min

Synopsis :
Des amis partent en Thaïlande pour l'aventure, mais se retrouvent piégés dans des grottes sous-marines avec un prédateur mortel. Alors que l'oxygène diminue, d'anciennes tensions refont surface dans leur lutte désespérée pour survivre.




Passé quelques chouettes séances au sein d'un mois de juillet certes plus timide que la moyenne en nouveautés (mais sensiblement riche en ressorties immanquables), il est toujours bon de faire en sorte de préserver l'équilibre de la force cinéphilique, en se farcissant une bonne boite de thon à l'huile allemande (ou espagnol, pas de jaloux) de chez Lidl, qui sent bon la rouille et la chaussette.

Alors certes, si l'on s'est déjà un poil sacrifié plus tôt ce mois-ci (coucou Marave de Nathanaël Guedj & Adrien Piquet-Gauthier ou encore Night Patrol de Ryan Prows), comment pourrait-on dire non, à défaut de pouvoir se mettre sous la dent un mockbuster involontairement comique et intentionnellement con comme la lune (c'est une expression, nous ne la connaissons pas personnellement) de chez The Asylum, à une nouvelle péloche du tâcheron Jeff Wadlow, promesse d'un mauvais moment qui rivaliserait avec le pire de tes samedis soirs (y'a quand-même bagarre avec The Voices Kids... ne compare pas trop longtemps dans ta tête, c'est dangereux).

Copyright Amazon MGM

Alors oui, c'est comme le Port-Salut, c'est écrit dessus (même pas pardon), La Bouche du Diable n'est pas vraiment le biopic ciblé sur la dentition de Lucifer (Hollywood est en ce moment même en train de nous piquer cette idée, on le sait), mais bien un shark movie mou de la nageoire (et encore plus en comparaison du tout récent Deep Water du finlandais foufou Renny Harlin) sauce survival matiné d'un remake inavoué de Lolita malgré moi (true story), où la merveilleuse final girl Kathryn Newton est confrontée aussi bien au comportement gentiment bitchy de ses " meilleurs amis ", qu'à la méchante dalle d'un requin sévissant à la lisière des îles thaïlandaises - et de ses grottes, aussi.

Évidemment, pas besoin de tortiller du fessier trente ans pour admettre que la balade renifle férocement du kloug, entre un récit qui accumule moins les mises à mort (avec des VFX dégueulasses) que les incohérences, et une mise en scène ne distillant aucune tension et dont le manque d'envie ferait - presque - passer tous les nanars de feu NRJ12, pour du Kubrick sous-exta.
Mais il y a, néanmoins, un vrai plaisir pas du tout coupable à voir une belle brochette de jeunes adultes insupportables (jusque dans leurs interprétations, un comble avec Kathryn Newton et Lana Condor en vedette), nager lentement mais sûrement vers une fin certaine et turbo-débile - un " mérite " qui saute aux yeux avant même le premier quart d'heure.
C'est maigre, rachitique même...


Jonathan Chevrier