[CRITIQUE] : Un champ de fraises pour l’éternité
Réalisateur : Alain Raoust
Acteurs : Philippe Rebbot, Kim Higelin, Grégory Montel, Quentin Dolmaire, Florence Loiret Caille, Oussama Kheddam,...
Distributeur : New Story
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h43min.
Synopsis :
Radio Pomski livre sa dernière bataille. Cultissime radio locale, lovée dans un camping, elle ressemble à celles et ceux qui y résident à l’année et que la vie a cabossés. Alors que la menace d’une expulsion se resserre, l’antenne devient le cœur battant d’une communauté où se mêlent destins ordinaires et extraordinaires, tentatives de bonheur, et certitude fragile, qu’ensemble, tout n’est pas encore perdu. À sa manière, chacun essaie de sauver bien plus qu’un lieu : une certaine idée de l’amour et de l’amitié.
Comme le disait si bien Baloo dans Le Livre de la Jungle (on a tous les mêmes références, ne nous juges pas), " il en faut peu pour être heureux " et pour les cinéphiles que nous sommes, gageons qu'il en faut peu, très peu pour nous attirer dans une salle obscure - pour y être heureux par contre, la limonade nécessite un peu plus de complexité et de qualité, certes.
Par exemple, rien qu'apercevoir Philippe Rebbot au sein d'une distribution, l'une des figures les plus savoureusement attachante et lunaire du septième art hexagonale (avec le tout aussi génial Philippe Katherine), dont l'authenticité face caméra est est continuellement impossible à remettre en doute, suffit souvent pour nous convaincre de la découverte du dit film en question, quand bien même celui-ci nous attirera - hypothétiquement - pas plus que cela de prime abord.
Pure coïncidence (où habile stratagème de l'auteur de ses mots, un peu trop conscient de la suite qu'allait prendre cette introduction définitivement trop longue pour son bien), il joue l'un des personnages titres d'Un champ de fraises pour l’éternité, nouveau long-métrage d'un Alain Raoust toujours prompt à célébrer poetiquement la marginalité.
Si l'on avait laissé sur une jolie séance (Rêves de jeunesse, récit d'apprentissage gentiment singulier et estivale sur une jeunesse désenchantée, flanqué au coeur d'une déchetterie et porté par une Salomé Richard solaire), son nouvel effort se fait un chouïa moins heureux dans son écriture (plus redondante et maladroite dans sa structure comme dans son discours), mais s'inscrit néanmoins sensiblement dans la même veine d'un cinéma à la fois léger et enchanteur, engagé et solaire.
L'intrigue s'attache aux aternoiements d'une poignée de figures plus où moins fortement liées à la radio locale d'un petit camping déserté, Radio Pomski, appelé à expulser tous ses habitants en vue de se transformer en une base nautique.
La libre antenne se transforme alors en porte-voix de toute une communauté de marginalisés haut en couleur et soudés, bien décidés à moins sauver le lieu que l'essence même qui le définit, et les liens humains profonds qu'il a permis de créer.
Chronique chorale fragile mais au coeur gros comme ça, célébrant à sa manière l'importance du collectif au sein d'un monde contemporain profondément indivualiste, le film touche par son élan prosaïque et tranquille, par sa manière délicate et poétique de ramener l'humain au centre des débats, de brosser le portrait de ses figures atypiques avec une tendresse rare, peintures imparfaites de délaissés qui joignent les deux bouts comme ils le peuvent, tentent de préserver la fleur optimisme du bonheur, de l'amitié et de l'amour, dans une existence marquée par les désillusions.
Rien de bien révolutionnaire donc sous le soleil d'Un champ de fraises pour l’éternité, mais une douceur et une simplicité qui font mouche, une envie positive de toujours espérer la venue d'une éclaircie après la pluie, de prôner l'idée saine de ne jamais se définir par la somme de nos échecs et de nos cicatrices, le tout auprès d'une jolie galerie de talents totalement acquis à sa cause (Philippe Rebbot donc, mais aussi Kim Higelin, Grégory Montel, Florence Loiret Caille et Oussama Kheddam, déjà du chouette La petite graine plus tot cette année).
Une séance modeste, sincère et douce-amère.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Philippe Rebbot, Kim Higelin, Grégory Montel, Quentin Dolmaire, Florence Loiret Caille, Oussama Kheddam,...
Distributeur : New Story
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h43min.
Synopsis :
Radio Pomski livre sa dernière bataille. Cultissime radio locale, lovée dans un camping, elle ressemble à celles et ceux qui y résident à l’année et que la vie a cabossés. Alors que la menace d’une expulsion se resserre, l’antenne devient le cœur battant d’une communauté où se mêlent destins ordinaires et extraordinaires, tentatives de bonheur, et certitude fragile, qu’ensemble, tout n’est pas encore perdu. À sa manière, chacun essaie de sauver bien plus qu’un lieu : une certaine idée de l’amour et de l’amitié.
Comme le disait si bien Baloo dans Le Livre de la Jungle (on a tous les mêmes références, ne nous juges pas), " il en faut peu pour être heureux " et pour les cinéphiles que nous sommes, gageons qu'il en faut peu, très peu pour nous attirer dans une salle obscure - pour y être heureux par contre, la limonade nécessite un peu plus de complexité et de qualité, certes.
Par exemple, rien qu'apercevoir Philippe Rebbot au sein d'une distribution, l'une des figures les plus savoureusement attachante et lunaire du septième art hexagonale (avec le tout aussi génial Philippe Katherine), dont l'authenticité face caméra est est continuellement impossible à remettre en doute, suffit souvent pour nous convaincre de la découverte du dit film en question, quand bien même celui-ci nous attirera - hypothétiquement - pas plus que cela de prime abord.
Pure coïncidence (où habile stratagème de l'auteur de ses mots, un peu trop conscient de la suite qu'allait prendre cette introduction définitivement trop longue pour son bien), il joue l'un des personnages titres d'Un champ de fraises pour l’éternité, nouveau long-métrage d'un Alain Raoust toujours prompt à célébrer poetiquement la marginalité.
Si l'on avait laissé sur une jolie séance (Rêves de jeunesse, récit d'apprentissage gentiment singulier et estivale sur une jeunesse désenchantée, flanqué au coeur d'une déchetterie et porté par une Salomé Richard solaire), son nouvel effort se fait un chouïa moins heureux dans son écriture (plus redondante et maladroite dans sa structure comme dans son discours), mais s'inscrit néanmoins sensiblement dans la même veine d'un cinéma à la fois léger et enchanteur, engagé et solaire.
L'intrigue s'attache aux aternoiements d'une poignée de figures plus où moins fortement liées à la radio locale d'un petit camping déserté, Radio Pomski, appelé à expulser tous ses habitants en vue de se transformer en une base nautique.
La libre antenne se transforme alors en porte-voix de toute une communauté de marginalisés haut en couleur et soudés, bien décidés à moins sauver le lieu que l'essence même qui le définit, et les liens humains profonds qu'il a permis de créer.
Chronique chorale fragile mais au coeur gros comme ça, célébrant à sa manière l'importance du collectif au sein d'un monde contemporain profondément indivualiste, le film touche par son élan prosaïque et tranquille, par sa manière délicate et poétique de ramener l'humain au centre des débats, de brosser le portrait de ses figures atypiques avec une tendresse rare, peintures imparfaites de délaissés qui joignent les deux bouts comme ils le peuvent, tentent de préserver la fleur optimisme du bonheur, de l'amitié et de l'amour, dans une existence marquée par les désillusions.
Rien de bien révolutionnaire donc sous le soleil d'Un champ de fraises pour l’éternité, mais une douceur et une simplicité qui font mouche, une envie positive de toujours espérer la venue d'une éclaircie après la pluie, de prôner l'idée saine de ne jamais se définir par la somme de nos échecs et de nos cicatrices, le tout auprès d'une jolie galerie de talents totalement acquis à sa cause (Philippe Rebbot donc, mais aussi Kim Higelin, Grégory Montel, Florence Loiret Caille et Oussama Kheddam, déjà du chouette La petite graine plus tot cette année).
Une séance modeste, sincère et douce-amère.
Jonathan Chevrier

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