[CRITIQUE] : L'Affaire Zanetti
Réalisateur : Leonardo Di Costanzo
Acteurs : Roschdy Zem, Barbara Ronchi, Hippolyte Girardot, Valeria Golino,...
Distributeur : Nour Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Italien, Suisse.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
Elisa Zanetti a été condamnée pour un crime dont elle dit ne presque rien se rappeler. Dix ans plus tard, le professeur Alaoui, criminologue de renom, rouvre son dossier. Un face-à-face tendu s'engage entre les deux. Peu à peu, les souvenirs enfouis refont surface, et avec eux, une vérité bien plus complexe qu'il n'y paraît. Jusqu'où peut-on aller pour entrer dans l'esprit d'une criminelle ?
D'après une histoire vraie.
Preuve de son imprévisibilité assez marquée, après avoir incarné rien de moins que Yves Montand devant la caméra de Diane Kurys - Moi qui t'aimais -, et un bidasse à Kaboul pour Martin Bourboulon - 13 jours, 13 nuits -, Roschdy Zem nous revient de l'autre côté des Alpes avec le nouveau long-métrage d'un Leonardo Di Costanzo dont le cinéma n'est pas toujours invité par chez nous, L'Affaire Zanetti, drame judiciaire à la lisière du polar du dimanche soir et estampillé "tiré d'une histoire vraie " (un fait divers qui a capté l'intention du cinéaste, survenu en Italie en 2009 : l’histoire de Stefania Albertani, condamnée pour le meurtre de sa sœur, en se basant sur le roman Io Volevo Ucciderla du tandem de criminologues Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali, qui se sont entretenus en prison avec l'accusée), visant à scruter en profondeur l'anatomie d'un crime loin d'être parfait mais loin d'être fondamentalement original au coeur d'une actualité particulièrement inquiétante.
![]() |
| Copyright Nour Films |
Pas si éloigné de son précédent effort, Ariaferma (exempté des salles dans l'hexagone), dans sa manière d'user de deux façons différentes d'un cadre carcéral anxiogène, le film tente d'une manière fondamentalement louable de décortiquer l'irrationnel, de déceler la vérité glacante et insondable derrière un crime abominable, au plus près d'une figure criminelle évasive (qui argue ne pas se souvenir des faits), tantôt prompt à se livrer, tantôt refermé sur elle-même.
Un portrait qui se voudrait moins sociologique et politique qu'intime et psychologique, qui chercherait à rationaliser la sauvagerie incompréhensible d'une violence soudaine, brute et sans réelle motivation (comme la part d'ombre qui se cache en chacun de nous), à travers la relation entre la meurtrière et le criminologue/psychanaliste de fortune qui va la voir en taule - enfin, un institut expérimental de Moncaldo, en Suisse -, et la confronte à ses traumatismes refoulés.
De bonnes intentions qui tiennent d'un point de vue narratif (malgré un va-et-vient dans le temps pas toujours habile), à travers une enquête ontologique et volubile qui met intelligemment son accent sur la psychologie, mais moins d'un point de vue formelle, Di Costanzo emballant son exposé plus mollement qu'un téléfilm pour la Raï, expurgeant de toute tension et de toute ambiguïté les confrontations d'un duo Ronchi/Zem pourtant affûté, tout en peinant dans le même mouvement, à conserver un rythme soutenu tout du long.
Une expérience mitigée donc, et le mot est faible.
Jonathan Chevrier


.jpg)






