[CRITIQUE] : Pour le plaisir
Réalisatrice : Reem Kherici
Acteurs : Alexandra Lamy, François Cluzet, Mitty Hazanavicius, Reem Kherici, Delphine Baril, Camille Aumont Carnel, Kyan Khojandi, François-Xavier Demaison,...
Distributeur : Studio TF1
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h29min.
Synopsis :
Et si on vous racontait l’invention du siècle ? Un couple, une vérité qui explose. Fanny et Tom sont mariés et heureux depuis 20 ans. Mais un jour un secret éclate : Fanny n’a jamais eu d’orgasme. Tom, ingénieur, décide alors de relever un défi audacieux : créer l’objet qui révolutionnera le plaisir féminin. Ensemble, ils se lancent dans cette quête aussi déjantée qu’émouvante qui va transformer leur couple. Jusqu’où iront-ils ? Loin, très loin.
Jadis atout charme de la Bande à Fifi avant de faire petit à petit son trou au sein du septième art hexagonal, la pétillante Reem Kherici avait joliment surpris son monde avec ses deux premiers efforts, les comédies Paris à tout prix (porté par une belle allégorie sur l'importance et les valeurs de l'amitié et de la famille, mais aussi par une juste critique des préjugés faciles et illégitimes sur les pays nord-africains) et Jour J (joli feel good movie façon vaudeville qui théorisait autant sur le mythe du mariage, que sur les clichés des rapports hommes/femmes), qui laissaient planer l'idée que nous étions, potentiellement, en présence d'une potentielle belle cinéaste en devenir.
Sauf que patatras, son troisième effort était venu mettre sacrément du plomb dans l'aile à ce joli parcours : Chien et Chat, divertissement familial laborieux aux douces effluves d'incident industriel, rip-off involontaire et mal luné de La Panthère Rose sauce L'incroyable voyage, avec un doigt (amputé) de La Belle et le Clochard, qui revendiquait tout du long un esprit ludique et cartoonesque qui ne prenait jamais réellement.
![]() |
| Copyright Marie-Camille Orlando |
Deux bonnes années bien tassées plus tard, on oublie (presque) tout et on recommence avec Pour le plaisir, non pas le biopic d'Herbert Léonard (blague de boomer pas drôle mais totalement assumée) mais bien une comédie sentimentalo-légère qui vient aborder frontalement un sujet rarement traité par une production hexagonale un poil frileuse pour tout ce qui se passe en-dessous de la ceinture : le plaisir féminin, au détour du vacillement coton d'un couple marié depuis vingt ans, dont la femme n’a jamais connu l’orgasme.
Entre 7 ans de mariage et Le Pari (tout en étant inspiré, de loin, sur l'histoire vraie du couple derrière l'invention du Womanizer), Kherici déroule une exploration ludique et décomplexée d'un sujet - stupidement - tabou à travers une narration mettant logiquement l'emphase sur l'intimité de ses personnages, sans jamais se perdre dans les méandres d'une lourdeur potacho-facile (l'humour est complice juste ce qu'il faut).
Si, certes, l'inventivité de la mise en scène n'atteint même pas le stade des préliminaires, et que les élans comiques ne décochent pas plus que de simples sourires, difficile de totalement bouder son plaisir devant cette modeste comédie dominée par l'enthousiasme d'une distribution totalement vouée à sa cause - dont une Alexandra Lamy plus solaire que jamais.
Jonathan Chevrier


.jpg)






