[CRITIQUE] : The New West
Réalisatrice : Kate Beecroft
Acteurs : Tabatha Zimiga, Porshia Zimiga, Scoot McNairy, Jennifer Ehle,...
Distributeur : Pyramide Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h37min.
Synopsis :
Tabatha vit dans son ranch au cœur des Badlands, les grandes plaines du Dakota du sud. Malgré des difficultés financières, elle accueille des adolescents rebelles et leur transmet sa passion pour les chevaux, qu’elle dresse avec eux, leur enseignant la magie et la grâce du rodéo. Ensemble, ils réinventent l’Ouest américain. Un jour, un éleveur d’un comté voisin propose à Tabatha de lui racheter son ranch...
Au sein d'un printemps cinéma tout aussi dense que gentiment éclectique (tout du moins, pour quiconque se donne la peine de le voir), quand bien même il ne se passe pas une semaine sans qu'une grosse production Hollywoodienne ne vienne truster l'attention de la majorité des spectateurs et des cinéphiles (une routine annuelle qui ne prendra fin qu'au crépuscule de l'été), le sensible et authentique The New West, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste Kate Beecroft - également derrière le scénario -, peut gentiment s'inscrire au rayon des belles petites surprises stimulantes et enthousiasmantes.
Un baptême du feu primé à Sundance (le Prix du public, ça péte sur le CV), qui s'inscrit à mi-chemin entre le docu-fiction (et dans gymnastique méchamment ambiguë) et le vrai/faux drame biographique inspiré de la vie réelle de ses personnages; une sorte de cinéma vérité embaumé par le doux parfum de la fiction en somme, structuré autour du portrait complexe et joliment introspectif d'une figure à part solaire et passionnante, proprement indissociable des paysages rocheux et rugueux du Dakota du Sud dont elle ne peut se détacher.
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| Copyright Pyramide Distribution |
Soit Tabatha Zimiga (dans son propre rôle, captivante et badass as hell), une jeune femme fraîchement veuve et qui a toujours vécu dans la misère - où pas loin - mais qui n'a jamais négocié sa liberté comme son indépendance et son identité; une dresseuse/marchande de chevaux réputée dont le look atypique comme la personnalité marquée en font une femme locale importante (d'autant qu'au-delà de s'occuper de ses propres enfants, elle sert de mère de substitution pour plusieurs gosses dont son ranch sert de foyer), elle dont le business se base sur une mécanique on ne peut plus honorable (dresser puis vendre des chevaux destinés à l'abattoir, à travers des présentations physiquement impressionnantes destinées aux ventes aux enchères comme à TikTok), mais qui ne lui rapporte plus assez d'argent pour combler ses dettes et sauver son ranch...
Si elle n'est pas forcément original pour un sou sur le papier, à l'écran en revanche, la mayonnaise prend une tournure sensiblement plus goûteuse malgré quelques aspérités, notamment dans la manière qu'a Beecroft et sa caméra continuellement en mouvement, d'épouser sans réserve les pas de ce personnage résilient et décentralisé (sans pour autant être pleinement à la marge, symbole d'une Amérique contemporaine divisée par sa lutte des classes et ses inégalités), pour mieux composer une immersion vivante et vibrante dans les existences de ces cavalières fantastiques de l'Ouest américain (rarement abordé sous un prisme féminin), qui n'a jamais besoin de forcer son authenticité brute (renforcée par une flopée d'acteurs non-professionnels, auxquels viennent se greffer les géniaux Jennifer Ehle et Scoot McNairy), ancrée qu'elle est dans une réalité aride et précaire mais étonnamment poétique.
Alors certes, si la filiation avec le cinéma de Chloe Zhao est aussi évidente que naturelle (même s'il s'avère bien plus décousu que pouvait l'être Les chansons que mes frères m'ont apprises où même The Rider), The New West réussit à creuser sa propre voie, à capturer la beauté comme la dureté de la vie dans les Badlands, dans une modeste et bouleversante tranche de vie qui vaut chèrement son pesant de pop-corn.
Jonathan Chevrier










