[CRITIQUE] : L'Enfant Bélier
Réalisatrice : Marta Bergman
Acteurs : Salim Kechiouche, Zbeida Belhajamor, Clara Toros,...
Distributeur : Destiny Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Belge, Canadien.
Durée : 1h44min
Synopsis :
Sara et Adam sont arrivés illégalement en Belgique avec leur petite fille de 2 ans, espérant rejoindre l’Angleterre. Entassés à l’arrière d’un véhicule, la peur semble prendre le pas sur l’espoir. Redouane est policier depuis 20 ans. Avec son équipe, toutes les nuits, il fait la chasse aux passeurs. Ce soir-là, alors que la voiture de police essaie d’arrêter la camionnette soupçonnée de transporter des migrants, tout bascule…
Le cinéma hexagonal a toujours su plus où moins habilement (la nuance est importante) s'inspirer de l'actualité et de sujets sociétaux sensibles et/où bouillants, pour nourrir des oeuvres ayant - principalement - pour but de jouer la carte du didactisme, quant elles ne sont pas il est vrai, pipées dès le départ par une vision totalement hors sujet.
Sensiblement au coeur des débats en Europe du Nord, et pas uniquement du côté de la droite (tout court, extrême compris), les questions de la migration et de l'intégration ne sont pas étrangère dans notre actualité quotidienne mais aussi et surtout, dans nos salles obscures.
De la romance intime Ils sont vivants de Jérémie Elkaïm, le drame socialo-maladroit Les Engagés d'Emilie Frèche (mais moins maladroit que Quelques jours pas plus de Julie Navarro), le drame à hauteur de jeunes débrouillards Nouveau Départ de Vincent Capello où encore le survival tendu Les Survivants de Guillaume Renusson, voire même le thriller sous tension avec à la fois Le Prix du Passage de Thierry Binisti, et La Tête froide de Stéphane Marchetti.
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| Copyright Destiny Films |
Place à une vision issue du cinéma belge cette fois, avec le nouveau long-métrage de la cinéaste belge Marta Bergman, L'Enfant Bélier, film hybride qui tend à une certaine véracité (même excessivement romancée) en s'appuyant non seulement librement sur des faits réels (la mort accidentelle d'une fillette kurde de deux ans, tuée par balle par un policier), dans un désir louable de donner un visage et des âmes à ses hommes et ses femmes qui sont des deux côtés du miroir - les exilés en attente de passage et les forces de l'ordre là pour les arrêter -, mais aussi de décortiquer les mécanismes déshumanisés de la réglementation des flux.
En résulte une oeuvre à la fois intéressante, (volontairement) inconfortable et complaisante, qui tape un petit peu sur tout le monde sans jamais réellement faire preuve de nuances à travers une écriture méchamment stéréotypée (passeurs sans scrupules; intolérance, oppression et racisme systémique, hypocrisie politique; manipulation policière pour dissimuler un meurtre;...), mais qui a le bon ton de chercher à creuser un brin la dimension psychologique et humaine au coeur de la tragédie (quitte à, maladroitement, placer au même niveau le policier responsable de la mort d'une fillette - dont les circonstances restent ambiguës -, et la famille de la victime), pour mieux pointer les failles comme l'inhumanité derrière les politiques anti-migratoires.
Mi-figue, mi-raisin donc.
Jonathan Chevrier


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