[SƎANCES FANTASTIQUES] : #112. The Poughkeepsie Tapes

Copyright Brothers/Dowdle Productions / Metro-Goldwyn-Mayer
Parce que les (géniales) sections #TouchePasAMes80s et #TouchePasNonPlusAMes90s, sont un peu trop restreintes pour laisser exploser notre amour du cinéma de genre, la Fucking Team se lance dans une nouvelle aventure : #SectionsFantastiques, ou l'on pourra autant traiter des chefs-d'œuvres de la Hammer que des pépites du cinéma bis transalpin, en passant par les slashers des 70's/80's ; mais surtout montrer un brin la richesse d'un cinéma fantastique aussi abondant qu'il est passionnant à décortiquer. Bref, veillez à ce que les lumières soient éteintes, qu'un monstre soit bien caché sous vos fauteuils/lits et laissez-vous embarquer par la lecture nos billets !
Sorti en 2007 mais longtemps resté inédit avant sa diffusion en 2014, The Poughkeepsie Tapes est un faux documentaire réalisé par John Erick Dowdle. Le film se présente comme un assemblage d’archives policières et de cassettes vidéo retrouvées après l’arrestation d’un tueur en série fictif ayant sévi à Poughkeepsie. Cette forme pseudo-documentaire constitue à la fois sa plus grande force et sa principale limite.
Sur le plan formel, le dispositif est redoutablement efficace. L’absence de musique, la sécheresse des entretiens, le grain sale des images VHS et la banalité des décors contribuent à une sensation de réalisme troublante.
Sur le plan thématique, le film interroge la fascination morbide pour les tueurs en série et la médiatisation du crime. En adoptant le point de vue d’une enquête rétrospective, il met en lumière l’impuissance des institutions face à un individu méthodique et manipulateur. Pourtant, cette réflexion reste embryonnaire. Le film suggère plus qu’il ne développe. Il effleure la question de la reconstruction des survivants ou du traumatisme collectif, mais préfère revenir à l’horreur brute des images retrouvées. Cette insistance sur la violence psychologique, si elle est efficace, peut aussi paraître complaisante. Certains spectateurs y verront une immersion courageuse dans l’inhumain ; d’autres, une exploitation un peu gratuite de la souffrance.
La réception critique divisée reflète bien cette ambiguïté. Œuvre culte pour une partie du public amateur d’horreur extrême, le film est aussi souvent critiqué pour son nihilisme et son absence de véritable arc narratif. Le choix de ne proposer ni catharsis ni résolution claire renforce son caractère dérangeant, mais peut laisser un sentiment de frustration. En refusant toute consolation morale, il s’inscrit dans une veine pessimiste qui peut être perçue comme audacieuse ou vaine.
Sur le plan formel, le dispositif est redoutablement efficace. L’absence de musique, la sécheresse des entretiens, le grain sale des images VHS et la banalité des décors contribuent à une sensation de réalisme troublante.
Le film exploite avec intelligence l’esthétique du « found footage » mais en la détournant vers une dimension plus procédurale et quasi journalistique. L’alternance entre interviews d’experts, témoignages et extraits des cassettes instaure une tension diffuse, alimentée par l’idée que le mal s’est infiltré dans le quotidien le plus ordinaire. Certaines séquences, notamment celles où le tueur manipule psychologiquement ses victimes, sont d’une froideur glaçante, moins par la violence graphique que par leur cruauté mentale.
Cependant, cette même approche documentaire finit par desservir le film. À force de vouloir simuler la véracité, la mise en scène adopte parfois un ton monotone. Le rythme souffre de longueurs, notamment dans les segments d’interviews qui répètent des informations déjà comprises par le spectateur. Là où un documentaire réel aurait pu approfondir les enjeux psychologiques ou sociaux, le film reste en surface. Le tueur, présenté comme un génie du mal insaisissable, apparaît davantage comme une figure abstraite que comme un personnage construit. Son omnipotence finit par réduire la crédibilité du récit, donnant l’impression d’un antagoniste presque surnaturel sans que le film n’assume jamais cette dimension.
Cependant, cette même approche documentaire finit par desservir le film. À force de vouloir simuler la véracité, la mise en scène adopte parfois un ton monotone. Le rythme souffre de longueurs, notamment dans les segments d’interviews qui répètent des informations déjà comprises par le spectateur. Là où un documentaire réel aurait pu approfondir les enjeux psychologiques ou sociaux, le film reste en surface. Le tueur, présenté comme un génie du mal insaisissable, apparaît davantage comme une figure abstraite que comme un personnage construit. Son omnipotence finit par réduire la crédibilité du récit, donnant l’impression d’un antagoniste presque surnaturel sans que le film n’assume jamais cette dimension.
Sur le plan thématique, le film interroge la fascination morbide pour les tueurs en série et la médiatisation du crime. En adoptant le point de vue d’une enquête rétrospective, il met en lumière l’impuissance des institutions face à un individu méthodique et manipulateur. Pourtant, cette réflexion reste embryonnaire. Le film suggère plus qu’il ne développe. Il effleure la question de la reconstruction des survivants ou du traumatisme collectif, mais préfère revenir à l’horreur brute des images retrouvées. Cette insistance sur la violence psychologique, si elle est efficace, peut aussi paraître complaisante. Certains spectateurs y verront une immersion courageuse dans l’inhumain ; d’autres, une exploitation un peu gratuite de la souffrance.
La réception critique divisée reflète bien cette ambiguïté. Œuvre culte pour une partie du public amateur d’horreur extrême, le film est aussi souvent critiqué pour son nihilisme et son absence de véritable arc narratif. Le choix de ne proposer ni catharsis ni résolution claire renforce son caractère dérangeant, mais peut laisser un sentiment de frustration. En refusant toute consolation morale, il s’inscrit dans une veine pessimiste qui peut être perçue comme audacieuse ou vaine.







