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[CRITIQUE] : Le Rêve Américain


Réalisateur : Anthony Marciano
Acteurs :  Jean-Pascal Zadi, Raphaël Quenard, Olga Mouak, Tracy Gotoas,...
Distributeur : Gaumont Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 2h01min.

Synopsis :
Personne n'aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu'il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d'anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA.
Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain.





Quand bien même ils avaient déjà croisés leurs routes par le passé (coucou Coupez de Michel Hazanavicius et Fumer fait tousser de Quentin Dupieux), s'il y avait une évidence qui se dégageait de tendre et grinçante comédie dramatico-sociale de Christine Paillard et Chad Chenouga, Pourquoi tu souris ?, qui se laissait aller à une prise en grippe rafraîchissante du politiquement correct, dans son exploration des maux d'une société française à la solidarité vascillante, c'est bien l'alchimie naturelle qui se dégageait d'un duo Jean-Pascal Zadi/Raphaël Quenard à l'énergie aussi dissemblable que joliment complémentaire (d'autant que le second y apparaissait nettement moins excessif qu'à l'accoutumée).

Copyright Mika Cotellon - 2026 - ADNP - GAUMONT - FRANCE 2 CINEMA - MJ SPORTS MANAGEMENT

S'ils n'ont eu de cesse de se retrouver par la suite (L'amour Ouf de Gilles Lellouche et I Love Peru, premier long-métrage de Quenard, co-réalisé avec Hugo David), c'est une seconde fois en tant que premiers rôles qu'ils font renaître cette petite étincelle de magie au détour du quatrième long-métrage d'un Anthony Marciano qu'on avait laissé sur la (très) chouette comédie romantico-nostalgique Play : Le rêve américain, séance gentiment feel good qui s'inspire fidèlement de la vraie vie du tandem Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, agents reconnus de la NBA et sacrés dénicheurs de talents bien de chez nous - Rudy Gobert, Nicolas Batum ou le phénomène Victor Wembanyama.

Moins un drame sportif dans la plus stricte définition du genre, qu'un buddy movie complice et entraînant, le film retrace donc leur parcours du combattant comme leur amitié immédiate, de leur rencontre au début des années 2000 sur un terrain de basket, à leur débarquement en terres ricaines sans argent ni réseau (et un anglais aux fraises), pour conquérir une NBA en apparence impénétrable, au plus près de leurs galères comme celles de joueurs tentant de bouffer comme eux, l'american dream par la racine.
Du velours donc, pour une narration qui ne dérive jamais de la voie cotonneuse du récit initiatique familier, quand bien même elle offre une immersion particulièrement captivante sur les arcanes du métier d'agents, comme sur certaines vérités derrière la vie de basketteur de haut niveau.

Copyright Mika Cotellon - 2026 - ADNP - GAUMONT - FRANCE 2 CINEMA - MJ SPORTS MANAGEMENT

Mis en scène avec sobriété (mais avec une patine sensiblement Hollywoodienne), petite bulle de légèreté sincère et authentique jamais trop glucosée même si elle a toujours le cœur au bon endroit, Le rêve américain, qui s'appuie intelligemment sur l'alchimie de son duo vedette (qui portent le film sur leurs larges épaules, parfaits en doux rêveurs suffisamment lucides pour se donner les moyens de leurs - grandes - ambitions) pour tromper ses contours résolument classiques, se fait moins une success story facile qu'une ode à la débrouille et à l'amitié tout aussi enthousiasmante que désenchantée.

Ça ne casse pas trois pattes à un canard unijambiste donc, mais ça vaut chèrement son pesant de pop-corn.


Jonathan Chevrier