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[CRITIQUE] : Lady Nazca


Réalisateur : Damien Dorsaz
Acteurs : Devrim Lingnau, Guillaume Gallienne, Olivia Ross, Amaranta Kun,...
Distributeur : Memento
Budget : -
Genre : Aventure, Drame, Biopic, Historique.
Nationalité : Français, Allemand
Durée : 1h39min

Synopsis :
Pérou, 1936. Maria, jeune enseignante à Lima, rencontre Paul d’Harcourt, archéologue français. Ce dernier l’emmène dans le désert de Nazca où elle découvre un vestige millénaire qui va peu à peu devenir le combat de sa vie…
D’après une histoire vraie. Inspiré de la vie de l'archéologue Maria Reiche.





Dans un paysage cinématographique populaire majoritairement dominé/gangrenné par des projets simplistes (pour être poli) usant inlassablement de la même formule établie et éprouvée, le biopic estampillé moderne se sent parfois comme la proposition la plus cheap et déclinable du marché et, paradoxalement, la plus usée parce qu'elle est justement l'incarnation parfaite de la facilité, pour peu que la figure choisie ait une existence un minimum remplie (quoique).
Rares sont alors les cinéastes à essayer un tant soit peu de se démarquer de cette popote familière et redondante de l'hagiographie Wikipedia-esque, avec des histoires ambitieuses, pensées autant pour divertir que pour instruire leur auditoire.

En ce sens, on peut décemment ajouter le comédien et cinéaste naissant Damien Dorsaz à cette petite liste, lui dont le premier long-métrage grisant même si un poil décousu, Lady Nazca, vise autant à rendre hommage à une figure historique méconnue, qu'à célébrer une passion dévorante qui déborde subtilement du cadre.
Soit la mathématicienne et expatriée allemande Maria Reiche, qui a consacré la majeure partie de sa vie (plus de cinq décennies) aux géoglyphes/lignes de Nazca, d'immenses figures tracées sur le sol et visibles dans le désert poussiéreux de Nazca, au sud du Pérou - et dont la signification reste toujours aussi nébuleuse.

Copyright Octopolis - 27 Films - Daniela Talavera

Tout du long, Dorsaz joue moins la carte de la reproduction hagiographique pointue que celle de l'inspiration fictionnelle (quelques libertés prises avec son histoire pour intelligemment gonfler sa dramaturgie comme l'importance de sa célébration, notamment sa découverte des lignes ici liées au personnage de Paul D'Harcourt, et non à l'historien américain Paul Kosok), pour mieux pointer la persévérance et le dévouement extraordinaire de son sujet (bien aidé par la performance extraordinaire de Devrim Lingnau), comme soutenir sa mission infiniment louable (redonner une vraie mémoire historique à la population locale).

Si l'on ne peut pas véritablement tiquer sur la forme - quand bien même le manque de dynamisme de sa mise en scène vient sensiblement plomber son élan -, la narration elle, parfois nébuleuse dans sa structure temporel comme dans la gestion maladroite de ses émotions (et de son manque), vient fragiliser une structure au demeurant joliment poignante et didactique dans sa mise en lumière de l'une des (trop) nombreuses figures oubliées des livres d'histoires - mais pas que.
Pas le plus révolutionnaire des biopics donc, mais une séance hautement recommandable et importante.


Jonathan Chevrier