[CRITIQUE] : Le Routard


Réalisateur : Philippe Mechelen
Avec : Hakim Jemili, Christian Clavier, Michel Blanc, Manon Azem, Medi Sadoun, Fred Testo,...
Budget : -
Distributeur : StudioCanal
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h25min.

Synopsis :
Yann n’a qu’un seul rêve dans la vie : voyager. Alors, quand il entend dire que le fameux guide du Routard recrute des gens pour faire le tour du monde, il se présente immédiatement à l’entretien et se fait embaucher. Sa première mission : Marrakech, 40 adresses à vérifier en 5 jours. Mais Yann a oublié de mentionner un petit détail lors de son entretien : il n’a jamais voyagé de sa vie. Ce qui lui semblait être au premier abord le "meilleur job du monde" va se révéler beaucoup moins idyllique que prévu...




Dans l'arsenal promotionnel maladroit d'une comédie française à la propension proprement maladive de vouloir constamment mal se vendre sur son propre territoire (impossible de défendre un sabotage aussi volontaire qu'appliqué au fil du temps), les affiches génériques et peu engageantes sont presque comme le Magnum 44 automatique de ce bon vieux Dirty Harry : une arme absolue qui fait mal et mouche à tous les coups.

Celle du film Le Routard de Philippe Mechelen (le risible - pour toutes les mauvaises raison du monde - Le Doudou) ne déroge absolument pas à cette règle, cas d'école parmis les cas d'école à tel point que l'on pourrait presque y voir tout le script dégouliner sur ses quatre recoins numérisés : un doux rêveur niais juste ce qu'il faut, va enfin vivre de sa passion - voyager -, se rendre au Maroc au compte du Routard et enchaîner autant les galères que les rencontres, avant de réaliser que tout le monde il est beau, même si tout n'est pas facile-facile hors de sa zone de confort... rideau et remballer les pop-corns.

Copyright StudioCanal

Il y a même, sur le papier glacé, une furieuse impression, à l'image du Natacha (presque) hôtesse de l'air (qui adapte la bande dessinée éponyme de François Walthéry et Gos, certes), de vouloir raviver la flamme éteinte depuis les années 90, de la comédie d'aventure facile et bien de chez nous de l'époque : si le film de Noémie Saglio convoque le cinéma de Philippe de Broca, celui-ci rappellerait presque, de loin, les comédies globe-trotteuses de feu Coluche, presque prétexte au bonhomme à s'offrir des vacances sans trop se fatiguer.

Estampillé dernier long-métrage de feu le regretté Michel Blanc (avec La Cache de Lionel Baier, en salles depuis quelques semaines), porté par un sympathique Hakim Jemili qui, de plus en plus, muscle son jeu comme Robert Pires sur grand écran (la référence de boomer qui ne s'assume pas), Le Routard déroule sans trop encombre sa mécanique familière de road/feel good movie matinée de comédie socialo-moraliste - avec les clichetons qui vont avec -, mais il a en lui un petit cœur attachant qui bat et qui fait sensiblement pencher la balance entre la séance inoubliable à laquelle il était promis, et la petite balade naïvement idéaliste et sincère qu'elle arrive à atteindre au forceps.

Copyright StudioCanal

Tout n'est évidemment pas parfait dans cette ode bordélique à la débrouille qui offre une peinture authentique de la belle Marrakech, et elle serait infiniment moins chouette à mirer sans l'abattage mignon d'une distribution totalement vouée à sa cause (Blanc, Christian Clavier, Manon Azem, Medi Sadoun où encore Fred Testo) mais, à défaut de bousculer un tant soit peu la recette, elle fait gentiment le café.

Et franchement, peut-être que c'est le début du printemps et le retour du soleil qui nous rend joyeux, mais c'est déjà pas si mal.


Jonathan Chevrier





Post Comment