À l'abordage

[CRITIQUE] : À l’abordage


Réalisateur : Guillaume Brac
Acteurs : Éric Nantchouang, Salif Cissé, Édouard Sulpice,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h35min

Synopsis :
Paris, un soir au mois d'août. Un garçon rencontre une fille. Ils ont le même âge, mais n'appartiennent pas au même monde. Félix travaille, Alma part en vacances le lendemain. Qu'à cela ne tienne. Félix décide de rejoindre Alma à l'autre bout de la France. Par surprise. Il embarque son ami Chérif, parce qu'à deux c'est plus drôle. Et comme ils n'ont pas de voiture, ils font le voyage avec Edouard. Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Peut-il en être autrement quand on prend ses rêves pour la réalité ?


Critique :




Doux et rafraîchissant comme un petit vent frais au coeur d'une journée ensoleillée, aussi tendre et mélancolique qu'un été qui s'achève, et qui s'écrase peu à peu face à la dureté d'une rentrée qui pointe le bout de son nez, À l'Abordage de Guillaume Brac fait un bien fou au coeur d'un Champs-Elysées Films Festival qui démarre résolument sur les chapeaux de roues cette année.
Sorte de rencontre totalement improbable entre Le ciel, les oiseaux et ta mère de Djamel Bensalah, et le cinéma béni d'Éric Rohmer, le film croque le portrait aussi sage et plein d'esprit qu'optimiste d'une tendre déception, de celle qui forge des jeunes adultes, expériences essentielles pour définitivement grandir et appréhender les rebondissements imprévisibles de la vie.
On y suit les vagabondages romantico-initiatique et surtout comique, de Félix, un étudiant parisien qui poursuit sa formation en tant que soignant pour personnes âgées.


Courtesy Berlin Film Festival

Dans l'ouverture vibrante et exaltante du film, il promène sa carcasse dans une soirée dansante en plein air au bord de la Seine, où il rencontrera la jolie Alma, avec laquelle il passe une nuit de bonheur dans un parc à proximité.
Mais si elle se précipite pour prendre son train le matin, Félix lui, élabore un plan complètement barré pour aller lui rendre visite, sans y être invité, dans le village pittoresque du sud de la France, où elle est en vacances avec sa famille.
Il enrôlera alors un premier compagnon, son meilleur ami Chérif qui, malgré quelques réticences, abandonnera finalement à contrecœur son emploi dans un supermarché à temps partiel, pour rejoindre Felix le temps du voyage.
Faible en cash (ils ont même empruntés des tentes et du matériel de camping), ils se sont inscrits pour un covoiturage, au grand dam de leur chauffeur, Édouard, vrai fils à sa maman hyper protectrice, qui s'attendait à partager la route avec deux filles.
Et évidemment, et ce pour notre plus grand bonheur, cette équipe de bras cassés hétéroclite se chamailleront tout le long du chemin, jusqu'à ce que la voiture tombe en panne, bloquant les trois lascars dans un camping fatigué, à la périphérie de la ville ou séjourne Alma...
Comme les précédents films de Brac, À l'abordage s'inscrit pleinement dans la tradition de la dramédie purement rohmerienne, à la différence qu'ici, il réalise une gymnastique plus qu'habile entre modernité assumé et un regard nostalgique sur les teen movies made in 80's/90's; le tout avec une tendresse incroyable pour ses personnages (même s'ils ne sont pas toujours sympathiques).



Courtesy Berlin Film Festival

Sorte de satire tendre et ironique, singeant la bêtise de la surenchère masculine (véhiculée par un trio incroyablement non-macho), sublimé par la photographie aérienne et exubérante d'Alan Guichaoua (qui est un plaisir des yeux), et une note contemporaine et piquante qui booste sensiblement les contours d'une histoire au demeurant simpliste (ce qui n'est pas un défaut, loin de là), À l'abordage, au rythme savoureusement sinueux et au ton gentiment improvisé, est aussi et surtout une merveilleuse vitrine pour les talents de sa distribution diversifiée et fraîche (Éric Nantchouang et Salif Cissé en tête), dont les propres histoires et expériences ont nourris l'écriture de Brac et de sa co-scénariste Catherine Paillé.
Une approche enthousiasmante, pour un film qui l'est tout autant.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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