Adil El Arbi

[CRITIQUE] : Bad Boys For Life


Réalisateurs : Adil El Arbi et Bilall Fallah
Acteurs : Will Smith, Martin Lawrence, Vanessa Hudgens, Alexander Ludwig,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Action, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h04min.


Synopsis :
Les Bad Boys Mike Lowrey et Marcus Burnett se retrouvent pour résoudre une ultime affaire.





Critique :




Dans la catégorie des suites que l'on attendait plus voire même, n'ayons pas peur des mots, que l'on ne voulait plus voir par peur de devoir être confronté à un opus difforme reniant autant nos attentes qu'une saga originale chérie avec amour, par un souci de sacrifice Hollywoodien jusqu'au bout des ongles (le film de trop, couplé à la franchisation à outrance qui caractérise si bien la mégalopole artistique du pays de l'oncle Sam); Bad Boys For Life se posait tout en haut de la pyramide, aux côtés du Flic de Beverly Hills 4 ou d'un hypothétique Tango & Cash 2.
La faute à un développement hell comme rarement on en a connu (l'adaptation d'Uncharted lui fait cela dit salement de l'ombre depuis quelques mois), jonglant aussi bien avec les metteurs en scènes qu'avec les envies changeantes de son duo vedette, et rarement en adéquation quant à un retour ensemble dans les rôles de Mike Lowry et Marcus Burnett, deux héros iconisés avec fureur par le roi du Kaboom Michael Bay, dont l'absence derrière la caméra était, déjà, un motif suffisant pour attiser une imposante crainte.


Mais finalement, non sans un alignement des planètes un brin forcé et l'arrivée en trombe de deux jeunes cinéastes persuasifs mais surtout talentueux, Adil El Arbi et Bilall Fallah (le sympathique mais fragile Black, le plus solide et foutraque Gangsta), le film a enfin vu le jour, en grande partie aussi grâce à la plume d'un Joe Carnahan longtemps annoncé - et espéré - derrière la caméra (et dont le script a visiblement reçu quelques retouches par Chris Bremner et Peter Craig).
Et la Carnahan's touch se ressent férocement sur toutes les bordures de la pellicule - tout comme le style excessif de Bay - de ce revival tardif mais burné, une suite qui rallume une mèche pourtant bel et bien morte avec une maîtrise et une envie de bien faire admirable.
Gentiment enlacé entre le buddy movie fort en punchlines incarné par le premier opus, et la pétarade imprévisible et jouissive bousculant l'architecture urbaine de Miami du second film, Bad Boys For Life reprend la saga presque (vraiment presque) là ou on l'avait laissé, avec un doux sentiment de nostalgie laissant présager que même si le temps à fait son oeuvre, les héros n'ont pas changés d'un iota : Mike est toujours autant un grand gamin casse-cou et Marcus est toujours la victime collatérale de son statut de frondeur, avec la marotte de leur séparation imminente (hier la mutation, aujourd'hui la retraite) pointant comme une épée de Damoclès en passe de réellement frapper cette fois.



Ce qui arrivera donc ici, la naissance du premier petit-fils du second aidant sensiblement son envie de ranger son arme et sa plaque au vestiaire, laissant son partenaire de toujours avec une jeune garde certes moins casanière, mais surtout aux méthodes tranchant sensiblement avec les siennes, à une heure ou il affronte pourtant la plus grande menace de sa carrière (vie ?), un tandem mère-fils intimement lié à son passé (chut...), l'ayant méchamment pris pour cible.
Lançant de gentils coups de rétroviseurs vers le passé (toujours avec un respect sans bornes pour les deux premiers films) tout en traçant avec aplomb sa propre voie, la péloche peine sans mal à taquiner de la caméra tous les blockbusters actuels avec une gestion du rythme et de ses effets admirable, témoignant de la verve de ses jeunes cinéastes à rivaliser en terme d'impact notamment via les nombreux morceaux de bravoure, avec le bel effort de caractérisation et d'interraction entre les personnages principaux offert par le scénario, déjouant - un tantinet - les stéréotypes faciles.
Si Burnett à une évolution somme toute relative mais logique, c'est vers Lowry que l'exploitation de ce bond dans le temps est le plus palpable, tant il est à la fois obligé de se rendre compte que son attitude de tête brûlée est désormais révolue vu son âge avancé, mais aussi d'assumer un passé de coureur de jupons, qui va lui revenir en pleine tronche de la plus percutante des manières qui soit.


Se rapprochant plus ou moins habilement des Fast and Furious autant dans ses thématiques (la notion de familllllliiaaaa en tête) que dans sa résolution un chouïa facile (trop même, défiant lourdement les lois de la cohérence et du bon goût dans son souci de pardon) assumant ses excès de violence aussi bien que sa brutalité salvatrice et profondément old school, Bad Boys For Life réussit la prouesse louable de faire cohabiter un produit adroitement marketé et une oeuvre irrésistiblement jouissive et riche en émotion (une première dans la saga), pour mieux incarner une suite miraculeuse, respectueuse et généreuse dont l'explosivité n'a d'égale que le bonheur invoqué par la facilité indécente qu'ont Smith et Lawrence à retrouver leurs personnages et les rendre plus accessibles et amusants qu'auparavant.
Une suite réfléchie, humaine et mesurée dans sa démesure, qui démontre qu'avec une envie rigoureuse et respectueuse d'offrir aux fans un minimum de ce qu'ils désirent vraiment, les majors Hollywoodiennes ne sont peut-être pas des cas aussi désespérés qu'on pouvait bien le penser... peut-être.


Jonathan Chevrier 



John Chevrier

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