Jonathan

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #82. Twins

Photo by Universal Pictures - © 1988

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !





#82. Jumeaux d'Ivan Reitman (1988)


S'il était une certitude qu'Arnold Schwarzenegger avait un vrai don pour la comédie (au-delà de son accent autrichien à tuer au couteau, qui pouvait paraître involontairement risible à ses débuts), perceptible même dans les actionners ou il jouait plus de ses imposants - et le mot est faible - muscles qu'autre chose, il aura fallu attendre la fin des années 80 et sa rencontre avec le cinéaste Ivan Reitman, pour que celui-ci se voit concrétiser à l'écran avec une péloche dont la simplicité est le plus neau des charmes : Twins aka Jumeaux, ou il est rien de moins que le jumeau du génial Danny DeVito, son opposé à tous les niveaux.
Et c'est justement là tout le sel de cette dynamique des contraires : jouer sur leur contrastes évidents (la montagne de muscles aux répliques peu assurées face à un petit homme grande gueule au débit mitraillettes) sorte de version testostéronée et volubile de Laurel et Hardy, pour mieux les rassembler et les rendre invincible quand ils partagent l'écran.

Photo by Universal Pictures - © 1988

On y suit donc l'histoire de Julius Benedict, brillant cerveau au corps de Dieu grec, qui quitte son " poste " d'assistant non rémunéré d'un scientifique sur une île paradisiaque, le jour où il apprend, à l'âge de trente-cinq ans, qu'il à un frère jumeau qu'il n'a jamais connu : Vincent, un escroc professionnel dont le passe-temps est de voler des voitures de luxe à l'aéroport pour les revendre par la suite, et éponger des dettes avec une famille de mafieux.
Quand Julius débarque, il ne croît pas un mot de cette histoire dingue de parenté (et on le comprend), mais la force du destin aidant, quand le bonhomme vole la voiture qu'il ne faut pas et tombe sur un potentiel beau paquet de billets verts (des objets de contrebande industrielle valant des millions), il va bien être heureux d'avoir un Mister Univers pour frangin, aussi bien pour lutter contre des frangins mafieux pas futé, un tueur professionnel voulant récupérer son fric mais surtout une gifle venant du passé et de ses origines... scientifiques.
Car oui, si Julius et Vincent sont jumeaux, c'est parce qu'ils sont le fruit d'une expérience génétique visant à créer le bébé parfait : le sperme de six pères différents (combinant le nec plus ultra du sportif, du scientifique, du philosphe etc) a été combiné en une sorte de milk-shake natal et administré à leur mère, elle même aussi parfaite que possible.
Le hic c'est que l'expérience a partiellement raté et produit non pas qu'un bébé parfait, mais des jumeaux avec un bon bébé et, aussi cruel que cela puisse paraître - et même à dire -, un " moins bon " : l'un a eu tous les bons côtés et attributs, et l'autre les restes...


Photo by Universal Pictures - © 1988


C'est sur ce thème rocambolesque et totalement improbable que ce bâti tout l'humour enfatin et un poil potache de Twins, entre le grand naïf qui ne connaît rien au monde qui l'entoure, et le petit cynique qui lui le connaît, et fait tout pour en tirer ses profits égoïstes.
Mais leur retrouvaille va joliment les changer - ils se ressemblent plus qu'ils ne le pensent, et s'influencent mutuellement -, et ce qui aurait pu apparaître comme une comédie maladroite et gênante, comme un vrai produit de son époque drôle et touchant, qui doit énormément en l'alchimie de son duo vedette.
Le genre de divertissement dont on a parfaitement conscience de la " manipulation " humoristique, mais dont la douceur et la tendresse d'exécution fait mouche, et masque ses grosses ficelles à tel point que l'on se laisse très vite prendre à son jeu sans trop de réserves, quitte a vraiment plus que sourire parfois (notamment la scène d'amour hilarante entre Schwarzy et une Kelly Preston littéralement à tomber).
Jamais plombé par sa morale facile (s'accepter comme on est, privilégier la famille avant tout,...), ses bons (gros) sentiments et ses romances croqués à la va-vite, Jumeaux est une péloche sympathique et savoureusement vintage, qui a tellement conscience de ses fragilités/facilités, qu'elle assume pleinement d'ailleurs, qu'on ne peut absolument pas lui en tenir rigueur. 


Photo by Universal Pictures - © 1988


La force évidente de ses comédies VHS : on a grandit avec, et même si l'on décèle sans trop chercher ses failles, on les aimera toujours avec un amour sans bornes.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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