Andrea Berloff

[CRITIQUE] : Les Baronnes


Réalisateur : Andrea Berloff
Acteurs : Melissa McCarthy, Tiffany Haddish, Elisabeth Moss, Domhnall Gleeson,...
Distributeur : Warner Bros France
Budget : -
Genre : Drame, Policier, Thriller
Nationalité : Américain
Durée : 1h42min

Synopsis :
New York, 1978. Entre ses prêteurs sur gages, ses sex-shops et ses bars clandestins tenus par la pègre irlandaise, Hell's Kitchen a toujours été un quartier difficile. Et mal famé. Mais pour Kathy, Ruby et Claire, épouses de mafieux, la situation est sur le point de basculer. Car lorsque leurs maris sont envoyés en prison par le FBI, elles reprennent en main les affaires familiales, en poursuivant leurs trafics et en éliminant la concurrence … au sens littéral.
Désormais, ce sont elles qui tiennent le quartier.



Critique :


Quelques semaines après Les Faussaires de Manhattan, où nous l’avons vu sous les traits d’une autrice arnaqueuse, Melissa McCarthy nous revient sur grand écran avec deux acolytes, Tiffany Haddish et Elisabeth Moss dans Les Baronnes de Andrea Berloff. Célèbre scénariste à Hollywood (Blood Father, World Trade Center d'Oliver Stone, couronné d’un Oscar pour NWA : Straight Outta Compton), elle s’essaye enfin à la réalisation. Adapté du comics écrit par Ollie Masters et Ming Doyle, Les Baronnes nous plonge dans le quartier de Hell’s Kitchen (qui vous dit sûrement quelque chose si vous êtes fan de la série Netflix Daredevil), dans le New York des années 70’s, quand la mafia irlandaise était à son apogée.


Andrea Berloff s’intéresse à trois femmes que tout oppose, mais réunies par un même événement ; l’emprisonnement de leur mari, membre de la mafia irlandaise. Kathy (Melissa McCarthy) est une bonne épouse et mère de deux enfants, respectée par la Famille car elle en fait partie par le sang. Claire (Elisabeth Moss) ne regrette pas son mari en prison, profitant de ce moment de liberté loin de cet homme violent. Ruby (Tiffany Haddish) se trouve dans un moment difficile. Seule femme noire, son mari était aussi le chef de la bande, ce qui la protégeait un minimum. Femmes au foyer, elles n’ont été traité qu’en tant que telle pendant longtemps. Elles n’ont pas fait d’étude, se retrouvent sans personne pour subvenir à leur besoin. Little Jackie, le nouveau chef leur donne peu d’argent car la mafia se trouve dans un moment difficile : ils se font moins respectés qu’avant, les habitants les payent moins, ou plus du tout. Kathy et ses amies décident de prendre la relève, considérant que les hommes ne font plus leur boulot correctement.


Avoir trois personnages aussi différents permet au scénario d’étoffer son propos sur la façon qu’était traitée les femmes. Le sexisme les entoure, parfois presque invisible, mais présent à chaque plan. Pourtant, elles prennent les rênes non pas par besoin de pouvoir,  mais par par survie .Kathy, qui a deux enfants à nourrir. Clair, qui veut dépasser son statut de victime. Ruby, qui doit survivre dans un milieu exclusivement blanc. Leur motivation est louable et la violence qui arrive par la suite survient quand elles doivent se protéger. A l’aide d’une bande originale catchy (de Heart à Fleetwood Mac), voir ces femmes prendre les armes et leur vie en main a quelque chose de jouissif (les fameux plans au ralenti avec Barracuda en fond fonctionnent parfaitement).


Malheureusement, Les Baronnes ne creuse jamais plus loin que ce récit d’émancipation un peu cliché. La morale du film est sans aucune nuance et très manichéenne, alors que le but n’était pas de faire passer les femmes pour les “gentilles” et les hommes “les méchants”, mais bien de démontrer que la violence appelle à la violence. Kathy, le personnage le plus creusé se trouve dans une situation ambiguë, car elle devient une des cheffes de la mafia sans vouloir pourtant en porter les conséquences. Les meurtres finissent par se succéder parce qu’ils font partis du métier, qu’on soit un homme ou une femme. Surtout, la violence faisait déjà partie de leur vie, même pour Kathy sans qu’elle le sache et elle paraît inévitable quand une femme prend les armes (métaphoriquement ou non). Le film souffre d’une baisse de rythme, car la réalisatrice se concentre uniquement sur le fait d'iconiser ses héroïnes. Il manque des scènes cruciales pour que le spectateur puisse ressentir de l’empathie, que leur histoire ait un impacte plus fort.


Malgré son côté jouissif et divertissant, Les Baronnes ne dépassent jamais son besoin d’iconisation et nous livre un film décevant, dans sa mise en scène, ses enjeux et son manque de nuance. 


Laura Enjolvy

Laura Enjolvy

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